Etablissement de la Carte d’Identité à l’ONI : Il faut 5000 tonnes de colère !

Mercredi 8 Avril 2015 - 08:27


En 2009, en vue des élections qui approchaient, les Ivoiriens ont été appelés à se faire enrôler dans le but d’acquérir de nouvelles cartes nationales d’identité, après une dizaine d’années sans en avoir. Et ils ont accouru pour espérer avoir massivement ce document. Mais, à l’heure de la distribution, beaucoup sont ceux qui n’ont pu retirer leur carte pour diverses raisons. Quatre ans plus tard, le gouvernement a décidé de relancer le processus afin que ceux qui remplissent les conditions et les omis de la dernière opération puissent se faire établir leur carte d’identité. L’Office National d’Identification (ONI) a été chargé, depuis juillet dernier, de conduire l’opération. Selon le porte-parole du Gouvernement, Koné Bruno, la mesure concerne les personnes qui n’ont pu se faire enrôler lors de l’opération d’identification, les nouveaux majeurs, et celles qui ont égaré leur carte nationale d’identité. Mais ce n’est pas tout ! Devant le peu d’engouement que suscite l’opération entourée d’une communication des plus médiocres, le gouvernement a trouvé le remède magique. Il a décrété qu’à compter du 1er mars, la carte nationale d’identité sera la seule pièce de référence pour l’établissement de tout acte civil et administratif. Ce qui veut dire que désormais, sans la présentation de la CNI, aucun document administratif, financier ou civil ne sera délivré. Les attestations ne seront uniquement autorisées que pour les mineurs. Si avec ça les Ivoiriens ne se bousculent pas dans les centres d’enrôlement…


Une lenteur des puis émergentes


Ceux qui dans les débuts pensaient que la reprise de l’opération de délivrance de la carte allait leur être salvatrice, ont très vite déchanté. Figurez-vous que certaines personnes ayant déposé leurs dossiers depuis le mois de juillet 2014, n’ont toujours pas récupéré leur carte. «Repassez, ce n’est pas encore prêt!» Leur répondon à chaque fois. Il faut combien de temps pour établir cette pièce ? Personne ne peut, à l’ONI, répondre avec certitude à cette question. On préfère dire qu’il y a 40 mille CNI déjà disponibles et on invite les populations à venir les récupérer. Pourtant, lorsque vous remplissez toutes les formalités, on vous prie de repasser dans un délai d’un mois pour récupérer votre carte d’identité. Mais chaque fois que le demandeur repasse après ce délai, c’est la même chanson: «Repassez, et repassez». Certains comme Mme Kobenan sont à bout de souffle, puisqu’il faut payer le transport chaque fois pour se rendre au Plateau et repartir chez soi, bredouille. Le 28/1 donc, n’ayant pas vu son nom sur la liste de ceux dont les cartes étaient disponibles, elle est entrée dans l’un des bureaux de réception, pour se plaindre. Avec les cris qu’elle a poussés, l’un des agents s’est volontairement proposé de l’aider. Et là, miracle ! La pièce est retrouvée. C’est que depuis, sa CNI était disponible mais apparemment, il lui manquait un réflexe. Motiver un agent de l’ONI à lui donner le document. Le jeune Pacôme Amani, lui, a déposé les documents afférents pour acquérir sa nouvelle CNI depuis le mois d’octobre 2014. Après plusieurs va et vient sous le prétexte que  sa pièce n’est pas encore établie, on lui annonce que son extrait de naissance et le certificat de nationalité qu’il a déposés ont été égarés. Il faut donc qu’il refasse de nouvelles copies, pour avoir sa carte. Bravo ! Nombreuses sont ces personnes qui, à longueur de journée, font la navette entre leur domicile ou leur lieu de travail et l’ONI, pour le retrait du duplicata de leur carte ou pour la carte nationale d’identité, sans succès. C’est que les agents de l’ONI ont plus d’une explication sous leur cachet : soit c’est une histoire de panne des machines, soit les  documents requis ne sont pas prêts. Certains, découragés, préfèrent se contenter de leur passeport ou de l’attestation d’identité pour ne pas souffrir en vain, à l’ONI. Ce qui ne pourrait quasiment plus prospérer, puisque la carte nationale d’identité est désormais exigée pour toutes les opérations administratives et bancaires. Pour cinq mille francs Cfa de droit de timbre, «la nouvelle carte nationale d’identité est fabriquée en conformité avec un certain nombre d’exigences, de normes internationales qui permettent de la sécuriser et de renforcer les contrôles sur cette carte qui comporte une puce», selon le ministre de la  Poste et des TIC, l’inénarrable Koné Bruno, portevoix du Gouvernement. Mais le coût, jugé exorbitant par les populations, a été revu à la baisse, officiellement. Sauf que sur le terrain, on semble ne pas être au courant de cette mesure et on continue de réclamer les 5000 FCFA.   Maintenant que c’est une obligation d’avoir la carte, le gouvernement rassure que ce seront 107 équipes fixes et 64 mobiles qui seront mobilisées sur toute l’étendue du territoire national. Dans cent ans, bien entendu !


 MIREILLE APPINI


L’Eléphant déchaîné N°337 du mardi 31 mars au jeudi 2 avril 2015
 




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