Et si l'audience du président Laurent Gbagbo à la CPI posait des difficultés à la diplomatie Française?

Mercredi 2 Mars 2016 - 03:55


De l’indépendance de la Côte d’Ivoire à aujourd’hui, jamais il n’y a eu autant de secrets d’état révélés au grand jour entre la France et mon pays que je ne l’assiste actuellement.

Nous constatons avec satisfaction que depuis l'ouverture de l'audience de Laurent Gbagbo à la CPI , tous les dossiers diplomatiques ennuyeux et encombrants entre la Côte d’Ivoire et la France, que je qualifierai  de diplomatie d’une autre époque sont portés sur la place publique. Est- ce  la fin de la Françafrique?.

Nous venons d’apprendre par la presse française que Trois anciens ministres de Jacques Chirac ont agi délibérément pour soustraire à la justice des mercenaires biélorusses soupçonnés d’être responsables de la mort de neuf soldats français et d’un humanitaire américain, en novembre 2004, dans le bombardement d’un camp de l’armée française à Bouaké, en Côte d’Ivoire.

 

La même source informe que dans une ordonnance rendue le 2 février, dont des extraits ont été cités le 23 février par Le Canard enchaîné et le site Médiapart, la magistrate demande le renvoi devant la Cour de justice de la République (CJR) de Dominique de Villepin (à l’époque ministre de l’intérieur), de Michèle Alliot-Marie (défense) et de Michel Barnier (affaires étrangères), tous trois accusés d’avoir entravé l’action de la justice française.

Aujourd’hui, la justice française remet le couvert pour élucider cette affaire qui comme tant d’autres ont abouti à cette vie de chiens de faïence entre ivoiriens. Une politique de pestiférassions du président Laurent Gbagbo, qui pourtant avait été élu démocratiquement en 2000 lors d’une élection dont il  n’était pas l’organisateur.

Laurent Gbagbo détenu à la CPI en compagnie de son ex-ministre de la jeunesse Charles Blé Goudé. Les voix qui s’élèvent de ça et là pour crier au complot ourdi contre la Côte d’Ivoire. Les soutiens au président sortant qui ne fléchissent pas. La foi en sa libération de millions d’africains qui ne s’altèrent pas au fil des ans. Tout ceci, est une interpellation forte de la justice française par de l’Afrique à fouiner d’avantage dans le dossier ivoirien afin d’éclairer la lanterne de la CPI.

Et nombreux ont été les ivoiriens qui se sont, en son temps, réjouis qu’un mandat d’amener visant le président monsieur Guillaume Soro, a été émis par la juge d’instruction du Tribunal de grande instance de Paris, dans le cadre de l’affaire qui l’oppose à Michel Gbagbo.

Et ils le sont encore, même si aujourd’hui, nous apprenons que ledit mandat a été levé. Car, voyez-vous, la justice française commence à taper du poing sur la table. Alors les ivoiriens, à l’unissons crient à poumons ouverts, que la justice française prenne à bras le corps toutes les affaires lugubres montées de toute pièces depuis Paris à incidences fétides et macabres en Côte d’ Ivoire.

Pour ma part, je me félicite de l'indépendance de la justice Française qui s'est totalement démarquée des politiciens et qui, un jour pourrait apporter un changement notable entre les relations diplomatiques des deux pays. Les ivoiriens remercient tous ceux qui un jour se sont décidés ou bien qui un jour se décideront à voir de plus près le dossier de leur pays. A ces inconditionnels jadis engagés, voilà que j’ajoute désormais des acteurs politiques français de premiers plans et pour d’autres candidats déclarés à la présidentielle de 2017. Jean-Luc Mélenchon considère que « la détention de M. Gbagbo est un scandale insupportable », allant jusqu’à promettre que : « Quand je serais élu, Gbagbo sortira de prison puisque j’irai le chercher. ».

L’imposition au forcing de Alassane Dramane Ouattara aux ivoiriens. Le bombardement de la résidence  présidentielle en Côte d’Ivoire, les tueries de 2004 à Abidjan, le génocide du peuple Wê à l’ouest du pays plus de 3000 morts. Les centaines de prisonniers politiques dans les geôles de Ouattara. La gestion de communautariste et népotiste du pouvoir maquillé désormais sous la triste célèbre politique de rattrapage ethnique du pouvoir en place. Le déni de la Côte d’ivoire comme un pays avec ses limites géographiques donc ses frontières. Le marchandage de la carte d’identité nationale ivoirienne ainsi que de nombreux documents administratifs à des fins électoralistes. Pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, les ivoiriens invitent la diplomatie et la justice françaises à jeter un regard sur le régime en place. Car à voir de près, tout porte à croire que l’actuellement chef de l’état, s’évertue à semer une haine entre les filles et les fils du pays. Alassane voudrait qu’après lui, que le pays sombre dans une guerre ethnico-religieuse.

Son mépris pour la Côte d’Ivoire et de son peuple, et son piétinement de la justice et des lois, sont tellement si violents et iniques, qu’il vient  d’octroyer la nationalité à l’ancien président burkinabé. En effet, Blaise Compaoré obtenu la nationalité ivoirienne malgré le mandat d’arrêt émis à son encontre Ouagadougou le 21 décembre. De ce fait, Ouattara n’extradera pas celui qui a fourni à lui et à sa rébellion, hommes, armes et camps d’entrainement. La Côte d’Ivoire n’extradant pas ses ressortissants. Le décret de naturalisation de Blaise Compaoré a été publié à Abidjan au Journal officiel du 18 janvier 2016.

Nous restons convaincus que plus les relations France- Afrique sont basées sur des rapports de sincérité et de réciprocité mutuelle,plus nos deux pays se porteront mieux. C’est pour cela que les africains peuvent croire en la justice Française qui, seule, pourrait  remettre en question les relations   néo-impérialistes portées par la France vis à vis de ses colonies.

JOEL ETTIEN

Président de la Diaspora Ivoirienne Politique

Directeur de Publication de " jtvnews.co
 




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