Et si Dieu avait choisi Gbagbo pour se glorifier en Côte d’ivoire ?

Mardi 8 Juillet 2014 - 10:57


L’analyse des attitudes quelquefois surprenantes de certains de ses partisans, montre que la page Laurent Gbagbo semble tournée, même si par simple pudeur, on n’ose pas l’affirmer sur la place publique. On lui reproche ce qu’on croit être une naïveté, son refus d’être au nombre des souverains de façade à la solde de l’Elysée, qui gouvernent la quasi-totalité des pays africains. Dans cette contribution, je voudrais analyser ce choix judicieux, et apporter la preuve que Dieu, l’allié des justes, ne l’a jamais abandonné comme le prétendent certains hommes qui se réclament de Dieu. Un choix judicieux On peut supposer que les Félix Moubié du Cameroun, les Lumumba de la RDC et autres, ces précurseurs de la lutte pour la libération totale de l’Afrique, ignoraient les pratiques des puissances impérialistes. Ils peuvent donc être considérés comme les sacrifiés de cette lutte qui porte d’ailleurs l’espoir de tout un continent, mais qui hélas se heurte dans le temps au sadisme de ceux qui n’ont d’yeux que pour leurs intérêts égoïstes. L’historien Laurent Gbagbo qui est imprégné des réalités de cette lutte, est le mieux placé pour comprendre qu’on ne s’attaque pas impunément aux intérêts des puissances tutélaires. En choisissant de rompre avec le passé et de proposer à la France de nouveaux accords de coopération privilégiant les intérêts de la Côte d’Ivoire, il savait qu’il prenait de hauts risques qui pourraient même lui coûter la vie. Il ne pou- vait pas être surpris par les menaces de l’Elysée soutenu par toute la communauté internationale au nom de la solidarité que toutes les puissances tutélaires ont en partage. Avant même la mise à exécution de ces honteuses menaces, le chef de l’Etat ivoirien, aurait pu entretenir l’illusion en comptant sur l’appui des puissances militaires étrangères  pour combattre une autre. Refusant de pactiser avec le diable par le biais de ces alliés plutôt gênants, il décida d’opérer le choix le plus judicieux, Dieu et le Peuple de Côte d’Ivoire. Car il est de notoriété que le Peuple ivoirien a été la composante fondamentale de son pouvoir. Face à toutes les manœuvres de déstabilisation de Chirac, ce peuple était toujours resté débout pour lui opposer une résistance farouche. La résistance à la rébellion armée commanditée et organisée par l’Elysée, n’a été efficace que parce qu’elle a été menée par un peuple déterminé et résolument en phase avec son élu. Ici, il s’agit de la gratitude envers un homme charismatique. Le Peuple qui avait investi Laurent Gbagbo de la mission de libération de la Côte d’Ivoire, tenait à lui exprimer sa gratitude pour son intégrité qui lui a valu de conduire cette lutte au péril de sa vie, pour la restauration effective de la souveraineté nationale. Alors qu’il aurait bien pu se complaire dans le rôle de souverain de façade et jouir des avantages qui y sont attachés. Garant du pouvoir d’Etat, le Peuple ivoirien aura fait tout ce qui était humainement possible pour l’aboutissement d’une lutte noble, avant de se rendre à l’évidence devant le terrorisme d’Etat pratiqué par Nicolas Sarkozy. Dieu, l’autre allié, n’a jamais quitté Laurent Gbagbo. Depuis son accession au pouvoir jusqu’à son transfèrement à la CPI en passant par le tréfonds de la geôle de Korhogo, Dieu s’est toujours manifesté dans sa vie. Sinon comment comprendre la résistance d’une armée tribale influencée par des hommes politiques d’obédiences différentes, devant des armes lourdes choisies parmi les plus sophistiquées. Les circonstances de sa capture montrent bien que la survie de l’ancien chef de l’Etat ivoirien relève d’un véritable miracle de Dieu. Or, l’Eternel des Armées n’a pas encore dit son dernier mot. Après la chute de Laurent Gbagbo, les commentaires vont bon train. Les plus pessimistes annoncent que Dieu l’a abandonné et se rendent ridicules en tentant d’expliquer leurs allégations. Quant aux hommes qui se réclament de Dieu, ils affirment que pour avoir préféré une prophétie à l’Eternel des Armées, il a reçu son châtiment. Tous ces commentaires sont de nature à intoxiquer les Ivoiriens, et à semer le découragement dans les milieux favorables à l’illustre prisonnier pour le priver de certains soutiens dans la nouvelle lutte, sa libération de la captivité actuelle.
La Justice de Dieu Des rumeurs persistantes annoncent que la prophétie relative à la victoire de Laurent Gbagbo dans la crise ivoirienne vient du diable et qu’elle ne peut s’accomplir. Du coup de nombreux suiveurs intéressés l’ont abandonné et mangent aujourd’hui à tous les râteliers, refusant l’aventure avec celui qui est présenté comme un impie qui subit la sentence de Dieu à la Haye, loin de son pays. Et pourtant, même croupissant dans les geôles du Nord, cet étrange prisonnier de Ouatarra ne s’était ja- mais séparé de sa bible. Laurent Gbagbo aurait-il perdu la raison au point d’être dévoué à Dieu qui l’a mis dans une situation de désespoir absolu ? A cette question, les réponses fusent de tous les horizons et convergent vers une seule réalité, Dieu ne l’a point abandonné, mais il le soumet  à des épreuves difficiles avant son couronnement qui ne souffre d’aucun doute. D’ailleurs, la fidélité de ce fervent chrétien de Mama à Dieu telle qu’elle apparaît dans ses actions, ses propos et peut-être même ses pensées, est la conséquence de sa relation personnelle avec l’autorité suprême qu’il considère comme son dernier refuge. « Nous irons jusqu’au bout », avait dit le prisonnier qui devrait être plutôt inquiet pour son avenir dans cet univers carcéral où le trafic d’influence l’emporte souvent sur le droit. Cette sortie solennelle n’est pas fortuite,  elle traduit la sérénité de Laurent Gbagbo dans l’attente de la réalisation des promesses de Dieu, minimisant ainsi la sentence qui viendrait de la CPI, la justice des hommes. Aussitôt après la confirmation des charges qui divise les magistrats de cette juridiction internationale comme elle porte atteinte à sa crédibilité, des faits curieux- surviennent et s’interprètent comme les signes annonciateurs de la manifestation de la volonté de Dieu sur le sort d’un innocent qui subit l’injustice dans toute sa laideur. D’abord au sein du Temple de Thémis, des magistrats violent leur obligation de réserve pour dénoncer publiquement cette décision arbitraire. Les récriminations de ces hommes de droit contre la juridiction qui les emploie, ont entraîné un malaise dont les conséquences sont imprévisibles. Déjà, la démission de hauts magistrats de leur poste en est le résultat. Dans la recherche d’une solution consensuelle qui réconcilierait cette grande famille judiciaire, il n’est pas exclu que cette décision qui est décriée par le monde entier soit frappée de nullité rétroactive (la décision serait supposée n’avoir jamais existé). Sentant le danger venir, Nicolas Sarkozy est le premier de la classe politique française à s’être prononcé sur cet événement qu’il assimile à une menace contre sa personne. Car on ne peut pas exclure l’éventualité de sa comparution devant cette juridiction pour les crimes de guerre qu’il a commandités en Côte d’Ivoire. Sa récente mise en examen par le Tribunal de Nanterre, après plus de 15 heures de garde à vue, est une grande première en France pour un ancien chef d’Etat. On le voit, celui qui préparait son retour en politique, n’a plus de beaux jours devant lui et redoute sa très probable condamnation. Ces faits qui se suivent et qui confondent les bourreaux de Gbagbo, ont une explication spirituelle. Le temps de Dieu est arrivé et son oint doit recouvrer la liberté. Dieu qui avait libéré Pierre et Jean, injustement incarcérés par le Sanhédrin, est le même hier, aujourd’hui et éternellement. Et les sillons de la réédition de cet exploit sont déjà tracés, mais seuls les yeux spirituels peuvent les voir. Force est de reconnaître que tous ces faits annoncent clairement le grand retour de Laurent Gbagbo pour terminer la mission divine qu’il avait si bien commencée dans son pays. Les Ivoiriens com- prendront que le Dieu de Laurent Gbagbo est le seul souverain ici- bas, un Dieu qui manifeste sa souveraineté comme il l’entend et qui ne la partage pas avec les hommes. Mais une seule question demeure, quand et comment s’opérera ce miracle de Dieu? Voilà une question qui relève de sa souveraineté. C’est pourquoi les Ivoiriens doivent persévérer dans la prière, pas pour raccourcir le délai d’attente, mais plutôt pour éviter que la manifestation de la volonté de Dieu emprunte la voie de la violence. Car notre pays continue de pleurer ses morts de la dernière crise post- électorale, et ne pourrait plus supporter une autre.■

Fernand Zogoué (Tél :08080390)

Source: Aujourd’hui / N°679 du Lundi 07 Juillet 2014




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