Est-ce qu’il n’y pas pire ?

Lundi 21 Mai 2012 - 00:34


Est-ce qu’il n’y pas pire ?
Ce n’est plus facile pour nos amis d’en face. Leur rôle d’accusateurs devient ardu. Au fur et à mesure que nous avançons vers la date fatidique du procès du président Laurent Gbagbo, leurs arguments se raréfient et s’appauvrissent. A coté de cette misère de l’esprit, quand ils ne disent pas une chose et son contraire, ils profèrent carrément des contre-vérités. « Laurent Gbagbo a menti à la CPI ». Voici la Une de l’avant-dernière parution du journal Le patriote qui veut persuader son lectorat qu’avec 700 millions sur son compte, le célèbre prisonnier de Scheveningen ne peut avoir dit vrai en se déclarant indigent devant la cour pénale internationale. On comprend le journal Le patriote et tous ses acolytes verts. Pour ceux qui les lisent, l’hygiène de l’information est un luxe. Ils sont devenus accrocs aux stupéfiants qui galvanisent. Sinon, avec un peu de lucidité, Laurent Gbagbo aurait-il pu dire autre chose au regard de l’état dans lequel il atterrit devant les juges de la CPI. Le président Laurent Gbagbo a décrit, lors de sa première comparution à la Haye, les circonstances et les conditions dans lesquelles il a été enlevé et déporté devant cette cour. Etaient-ce celles d’un richissime prisonnier ? En sus, même si le président Laurent Gbagbo avait des milliards sur son compte - ce qui aurait été banal à coté des comptes de ceux à qui on ne connait aucune activité lucrative ou qui savent à peine mettre un article devant un nom et qui trône aujourd’hui librement sur les fortunes de leurs rapines - comment aurait-il pu s’en prévaloir si la première solution de Dramane Ouattara a été de bloquer tous les comptes de tous ceux qui ont une seule fois dans leur vie prononcé le nom du Président Gbagbo. Alors vous confisquez de façon abusive, et par abus de pouvoir, les biens de quelqu’un et vous vous attendez à ce qu’il dise qu’il est plein aux as. A coté de cela, nous nous interrogeons encore sur l’opportunité de revenir sur une information qu’ils ont eux-mêmes ébruitée au moment où leur régime gelait tous les comptes, il y a maintenant plus d’un an. Au départ il était question de quatre comptes du président Gbagbo qui ne contenaient en tout que 700 millions. Aujourd’hui on parle d’un compte qui contiendrait plus d’un milliard de nos francs pour donner l’impression qu’il y en a d’autres dont on ne peut mesurer l’énormité. Que faut-il dire pour s’expliquer de telles manipulations ? La proximité du procès du président Gbagbo ou le non lieu qui va s’en suivre peuvent-ils tout justifier ? Une chose est sûre, si Dramane Ouattara n’avait pas déjà échoué, lui et ses hagiographes auraient été occupés à mieux que d’entretenir dans la mémoire de leurs affidés la prépondérance d’un homme qu’ils ont cru pouvoir dégommer de la vie politique nationale.

Joseph Marat





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