Epuration politique: La CPI menace à nouveau Mme Gbagbo

Samedi 30 Août 2014 - 14:30


Par un communiqué, « La Chambre préliminaire I de la Cour pénale internatio- nale (CPI) a rendu une décision ce jeudi 28 août 2014 déclarant qu’après avoir examiné toutes les observations relatives à la recevabilité de l'affaire à l’encontre de Si- mone Gbagbo, elle estime que, avant de se prononcer sur l'ex- ception d'irrecevabilité, et plus précisément dans le but de dé- terminer si l’affaire prétendument soumise à des procédures au niveau national soit suffisamment le reflet de l’affaire devant la Cour, il faut que la Côte d’Ivoire dépose des obser- vations additionnelles, telles que sur les contours et l'état ac- tuel de la procédure interne al- léguée. Le cas échéant, les observations additionnelles de la Côte d'Ivoire pertinentes à son exception d’irrecevabilité et tout élément de preuve à l'appui de celle-ci doivent être dé- posées le 10 octobre 2014 au plus tard. Il reviendra ensuite aux juges de la Chambre préli- minaire I de la CPI de prendre une décision concernant la re- cevabilité de l’affaire en temps voulu. Pour rappel, un mandat d’arrêt a été émis à l’encontre de Simone Gbagbo par les juges de la CPI le 29 février 2012, dont les scellés ont été levés le 22 novembre 2012. Dans cette affaire, la Côte d’Ivoire a soulevé une exception d’irrecevabi- lité, en invoquant des procédures qui auraient lieu pour la même personne et pour les mêmes faits au niveau natio- nal. Par la suite, le 15 novembre 2013, les juges de la CPI ont décidé que la Côte d’Ivoire peut reporter l’exécution de la de- mande de remise de Mme Gbagbo dans l’attente d’une dé- cision finale de la Chambre sur l’exception d’irrecevabilité. La Chambre a souligné que ce report est provisoire et que le mandat d’arrêt demeure en vi- gueur. Le report de la remise du suspect n’affecte en aucune ma- nière l’obligation de la Côte d’Ivoire de continuer la coopé- ration avec la Cour. La Chambre préliminaire I prendra ensuite une décision concernant la re- cevabilité de l’affaire en temps voulu, avec La CPI ». Telle est l’actualité de la Cour pénale internationale (CPI) s’agissant des poursuites engagées par l’institution en Côte d’Ivoire. Avec notamment, les juges de la Chambre préliminaire 1 qui continuent de réclament à cor et à cri, le transfèrement de Mme Simone Ehivet Gbagbo, à la Haye. Et cela, un peu à la sur- prise générale car ces derniers jours, l’opinion était plutôt focalisée sur l’audience de confirmation à venir de Charles Blé Goudé, fixée au 22 septembre prochain. Mais la CPI étant la seule à détenir son calendrier, personne ne peut lui dénier le choix de l’opportunité. Bref passons. Mais alors que les eaux ivoiriennes sont calmes depuis plusieurs mois, qu’est- ce qui explique cette relance de la CPI ? Pourquoi pareille in- jonction alors que justement, le gouvernement ivoirien,-en attendant de répondre à la CPI s’agissant du cas Mme Gbagbo- , a récemment annoncé la tenue de ses grands procès pour le mois d’octobre 2014 ? Aussi dans le contexte actuel où le pouvoir demande que le Front populaire ivoirien (FPI) se ramollisse un tant soit peu et s’investisse à fond dans le jeu politique national, cette dé- marche de la CPI parait-elle pour le moins, bien suspecte. Elle apparait même comme un chiffon rouge brandi à l’endroit des radicaux du parti à la rose, à la veille de la tenue d’un co- mité central fort déterminant. Et la menace pourrait s’analyser simplement en ces termes : ou le FPI accepte de rentrer dans les rangs, en se la jouant souple et négociateur, ou il continue de se braquer contre tout, et dans ce cas, il devra as- sumer en retour, le prochain transfèrement de Mme Simone
Gbagbo à la Haye. C’est une hy- pothèse à ne pas exclure, car en politique, c’est connu, il ne faut jamais rien négliger. D’ailleurs, ce ne serait  pas la première fois que le pouvoir d’Abidjan, en fusion avec la CPI, donnerait un coup pareil à ses contradicteurs les plus significatifs. Les populations ivoiriennes ont encore en mémoire, le transfèrement- surprise de Charles Blé Goudé en avril dernier, à la suite du scandale des photos montrant les conditions de détention exécrables du jeune leader dans le mouroir de la Direction de la surveillance du territoire (DST). N’ayant pas supporté de voir son inhumanité ainsi mise à nue, le régime Ouattara, dans un mauvais orgueil a, dans l’urgence envoyé Blé Goudé, au pénitencier de Scheveningen, loin des siens. Sinon, pourquoi continuer aujourd’hui l’acharnement contre les seuls parti- sans du président Laurent Gbagbo alors que ce n’est pas la matière qui manque dans le camp adverse régulièrement épinglé par les principales organisations de défense des droits de l’homme? Mais que la CPI continue de se fragiliser ainsi en continuant d’afficher sa grande partialité dans le conflit ivoirien, c’est qu’elle gagne gros en compensation. Certaine- ment dans son financement, qui est assuré par les parrains occidentaux du régime d’Abidjan. La preuve une fois encore, que ce n’est pas le droit qui gouverne à la CPI, mais bien les intérêts financiers et les influences politiques. Et cela, les partisans de Laurent Gbagbo se doivent de l’inscrire dans leur stratégie. Forcément.

Géraldine Diomandé

Source: Aujourd’hui / N°714 du vendredi 30 août 2014




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