Épuration ethnique en Côte d’Ivoire: Réalisation d’un projet sinistre et macabre d’exécutions sommaires des jeunes WÊ.

Dimanche 15 Avril 2012 - 10:27


Image d'archive
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Le voyage d’Alassane Ouattara à l’ouest de la Côte d’Ivoire est une occasion de pénitence pour des jeunes soupçonnés d’être des miliciens ou des pro-Gbagbo par les partisans du numéro un ivoirien. Dans le courant de la semaine du 2 au 8 avril dernier, Glaho Noël, connu sous le pseudonyme de Bolo, arrivé dans la ville de Duékoué pour une course personnelle, a été repéré par des éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) en tenues civiles et des militants du Rassemblement des républicains (Rdr) comme un milicien en reconnaissance des lieux avant l’arrivée d’Alassane Ouattara. Il a été arrêté, sauvagement bastonné, enlevé et retrouvé mort les heures qui ont suivi. A 42 ans, Glao Noël, originaire de Fengolo (7Km de Duékoué), laisse derrière lui une femme et 4 enfants. Cette tragédie qui s’est produite au grand jour, en pleine ville, révèle la face visible de la traque dont sont victimes depuis quelques semaines de nombreux jeunes de l’ouest, notamment dans le Gémon et le Moyen-Cavally, en prélude à l’arrivée d’Alassane Ouattara. Les villages et campements enregistrent en effet des patrouilles de Frci et chasseurs traditionnels Dozos à la recherche de «miliciens» ou de jeunes soupçonnés être des pro-Gbagbo. Ils prétendent sécuriser la venue d’Alassane Ouattara dans une région qu’ils estiment lui être encore hostile. Une source proche des personnes victimes de traque indique que la nouvelle députée Rdr, Touré Flanizana, a été saisie de cette situation mais jusqu’à présent c’est le statu quo. La situation est telle que les ressortissants de l’ouest, les wê plus particulièrement, vivant en ville craignent de s’aventurer dans leur région ces jours-ci. «Il suffit qu’un jeune arrive de la ville pour qu’il soit très vite assimilé à un milicien venu préparer les jeunes à une éventuelle attaque contre Alassane Ouattara qui se prépare à venir à l’ouest», révèle Joseph B., qui s’apprêtait à se rendre au chevet de son père gravement malade à Duékoué. Des témoins sur place craignent que la région replonge à nouveau dans un cycle de violence, comme cela a été le cas à Guitrozon et Petit Duekoué en 2005 et Carrefour en 2010, au moment où quelques rares populations, ayant pris leur courage à deux mains, retournent dans leurs quartiers et villages afin de réapprendre à vivre.  
Par Gilles Naismon
 
 
 




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