Entretien / Non paiement de la dette intérieure de l’Etat Gré Faustin (Synafeci), « C’est l’Etat qui nous maintient dans la misère »

Vendredi 24 Juillet 2015 - 08:41


Gré Faustin, président de la Synafeci
Gré Faustin, président de la Synafeci
Pourquoi avez- vous décidé de faire un sit-in devant la Présidence de la république ?
 
L’organisation de ce sit-in a été décidée par les fournis- seurs de Côte d’Ivoire, à la réunion du mardi 7 juillet 2015 tenue à la chambre de commerce d’Abidjan-Plateau. Pour nous, Koné Adama, Dg du Trésor, ses deux adjoints et le payeur général sont à l’ori- gine de cette manifestation de rue. Parce qu’ils font de la provocation. Ecoutez, le premier responsable du Trésor nous a envoyé un courrier dont le contenu est un tissu de mensonges.
 
Que dit le courrier ?
 
Dans le courrier, le premier responsable du Trésor public racontent des contre-vérités en faisant croire au Chef de l’Etat, au Premier ministre et l’opinion nationale et internationale que la gestion des factures allant de la période de 2000 à 2010 auditées par l’inspection générale des finances(IGF) depuis 2012 a été prise en compte. Donc, pour apporter la riposte à cela, les fournisseurs ont décidé de faire le sit-in du côté de la Poste de Côte d’Ivoire l’entrée principale du Chef de l’Etat pour rétablir la vérité sur une situation chaotique que vive les fournisseurs en attirant l’attention du chef de l’exécutif ivoirien ainsi que celle de l’opinion nationale et interna- tionale. Nous pensons avoir atteint notre objectif puisque le monde entier est désormais informé de notre situation. Mais avant , l’organisation du sit-in du 15 juillet dernier, nous avons pris le soin d’adresser des courriers d’information les 08 et 09 juillet dernier à la Présidence de la République, au Premier ministre, au ministre chargé du budget, à Mme le ministre chargée de l’économie et des finances, au préfet de police d’Abidjan, au directeur général de la police, au médiateur de la République, à la Représentante l’Onu-ci pour les amener à nous recevoir et discuter avec eux. Seule, la responsable de la Division des droits de l’Homme de l’Onuci a accepté de nous recevoir.
 
Après votre détention de quelques heures à la Préfecture de police, qu’allez- vous faire maintenant.
 
Notre interpellation ( Gbohou Gaspard) mon adjoint et moi par les autorités policières est absurde et injustifiée . On nous reproche d’avoir organisé un sit-in non autorisé, de trouble à l’ordre public et d’outrage aux forces de l’or- dre. Pourtant nous avons informé les autorités bien avant. Mais, par mépris nos autorités n’ont pas jugé utile de nous recevoir. Nous pensons qu’après notre libération, le gouvernement va tout mettre en œuvre pour payer lintégralité de nos factures de 2000 à 2010 auditées depuis 2012 par l’IGF et toutes les autres factures antérieures. Faute de quoi, nous allons encore prendre la rue jusqu’à ce que l’opinion nationale et internationale sachent nos factures sont juste que là impayées depuis 3 ans (2012- 2015) malgré les beaux discours de l’état de santé de notre économie. Pour noter, puisque nous pensons que l’administration étant une continuité, l’Etat a l’obligation de payer nos factures au lieu de nous tourner en bourrique. Je tiens à faire remarquer que nos factures sont passées de 356 milliards FCFA à 152 milliards FCFA après l’audit de l’IGF malgré cela Par conséquent le gouvernement se doit de payer nos factures qui, de surcroît ont été auditées par l’IGF. Malgré cela, les fournisseurs continuent d’attendre et de broyer du noir. Alors comment peut-on parler d’émergence en tuant dans le même temps les entreprises nationales. Je pense que l’attitude est inique et contradictoire.
 
Selon vous, pourquoi les factures auditées ne sont toujours pas payées ?
 
C’est parce que tout simplement ces factures qui datent de la période de 2000 à 2010 auditées depuis 2012 par l’IGF ne sont pas budgétisées jusqu’à ce jour. C’est la principale raison. Pour nous que dans cette affaire, il y a de la mauvaise foi de certains responsables de l’administration que nous ne tarderons pas à citer. Sinon c’est ce qui explique cela. A cela, il faut ajouter le manque de volonté politique de nos autorités pour apurer la dette intérieure d’un pays qui se veut émergeant à l’horizon 2020 qui semblent se complaire de la souffrance des fournisseurs. Autre raison que j’allais occulter c’est la corruption qui sévit dans l’administration au lieu d’accuser les fournisseurs d’être les faussaires de l’économie ivoirienne. Disons, qu’elles peuvent être les conséquences du non paiement de la dette intérieure de l’Etat sur l’économie nationale. Le non paiement de la dette intérieure va entrainer à court terme ou soit à long terme, une rébellion fiscale( le refus des fournisseurs de payer les impôts) et sur le refus de payer les cotisations sociales(Cnps). Si cela arrivait, elle pourrait causer l’écroulement et l’effondrement du tissu social et économique du pays. Une situation qui pour- rait déboucher sur le non paiement des salaires des fonctionnaires dans les mois et années à venir. Il y aura aussi la fermeture des PME- PMI, le chômage, l’insécurité etc. Et une véritable menace sur l’émergence tant souhaitée.
 
RéAlisée PAR GAs
Source: Aujourd’hui / N°934





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