Entassement des corps par l’Onuci dans une fosse commune: Toute la vérité sur la vidéo qui fait le buzz sur Internet

Mercredi 11 Juillet 2012 - 06:49


images d'archives
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Une vidéo mise en ligne sur les réseaux sociaux, montrant les Casques bleus de l’Onuci en train d’entasser des corps sans vie dans une fosse commune, crée une indignation généralisée chez les internautes. Le Nouveau Courrier a pu identifier le contexte de cette scène macabre.
Présenté à plusieurs témoins d’événements qui ont secoué les localités (Yopougon, Duékoué…) où des atrocités ont été commises durant la crise post-électorale, l’endroit où les images des Casques bleus de l’ONUCI jetant des corps dans une fosse commune ont été prises a pu être formellement identifié par une personne ressource. «C’est bien à Duékoué, indique Alexis M., dans le bas-fond situé en face du quartier Carrefour, de l’autre côté de la voie principale à l’entrée de la ville, en provenance d’Abidjan. Il s’y trouve une fosse commune. C’est là que de nombreux civils exécutés par les forces pro-Ouattara ont été entassés par les Casques bleus de l’Onuci. Les FRCI et les Dozos ont d’abord bouclé le quartier «Diaye Bernard», appelé quartier Carrefour, avant de lancer une opération de chasse à l’homme du mardi 29 au mercredi 30 mars ; sous le prétexte qu’il y avait des miliciens. Nous avons vu une cohorte d’hommes lourdement armés investir le quartier et se livrer à des exécutions sommaires de tout habitant ne parlant pas le malinké. Les autochtones Wê ont été systématiquement massacrés. Certains
assaillants ont même ouvertement révélé qu’ils vont tuer les Guérés jusqu'au dernier. Face à la terreur qui s’abattait sur le quartier qui abritait aussi des personnes déplacées en provenance d’autres villages, l’initiative a été prise de rejoindre la mission catholique pour se mettre à l’abri. En vain pour plusieurs personnes. Sur la voie principale menant à la Mission catholique située à environ 500 mètres, elles ont été stoppées dans leur élan et froidement exécutés par leurs bourreaux», révèle Alexis M., qui indique que les corps sans vie entassés dans une fosse commune par les casques bleus de l’Onuci sont ceux des victimes
de la barbarie des forces pro-Ouattara.
Les Casques bleus n’ont pas participé à la tuerie, mais… «Pour éviter une grave épidémie de maladie de tout genre, les casques bleus, après constat d’usage, ont décidé de rassembler les cadavres disséminés dans le quartier et aussi à travers la ville pour les déverser dans une fosse commune », a-t-il précisé. Le bilan du CICR faisait état de 867 morts quand les populations elles mêmes indiquaient que ce chiffre allait au-delà de mille personnes tuées. Les Casques bleus n’ont donc pas participé à l’assassinat des personnes dont ils jettent les dépouilles dans une fosse commune. Toutefois, ces images remettent un certain nombre de questions au goût du jour. Comment se fait-il que l’ONUCI a pu sous estimer autant le nombre de victimes – elle a longtemps parlé de 330 morts seulement – alors qu’elle a participé activement au ramassage des corps comme le montre cette vidéo ? L’ONUCI a-t-elle vraiment tout fait pour éviter ce massacre qui a eu lieu à quelques centaines de mètres de sa base à Duékoué ? «Une femme a déclaré (…): «Je suis allée voir les gens de l'ONUCI pour leur dire que nos hommes et nos garçons étaient en train de se faire massacrer et qu'il fallait intervenir et ils n'ont rien fait». (…). Bien qu'un bataillon de l'ONUCI effectuait deux patrouilles par jour dans cette zone, des témoignages indiquent que les véhicules des forces onusiennes traversaient à vive allure des kvillages fantômes et ne s'arrêtaient pas pour s'enquérir de la situation des personnes déplacées », a ainsi écrit Amnesty International dans un de ses rapports.
En regardant la vidéo qui fait le buzz, on voit également que les corps sont jetés sans le moindre soin dans ces fosses communes et sans être différenciés les uns des autres d’une quelconque manière. «Aucune des mesures touchant à l'inhumation temporaire des cadavres - recommandées par les normes relatives à la gestion des dépouilles mortelles lors de catastrophes - n'a été respectée. Ces normes, qui font autorité, visent à faire en sorte que les corps puissent être récupérés, identifiés dans la mesure du possible, et traités avec respect.
Aucune mesure visant à identifier les cadavres n'a été prise et la position de chaque corps n'a pas été marquée. Certains cadavres ont été mis dans des sacs en plastique, d'autres ont été entassés les uns sur les autres, sans respecter la distance recommandée qui doit séparer chaque corps. Ces omissions risquent d'entraver gravement l'indentification éventuelle des restes humains enterrés dans ces sites d'inhumation », écrivait Amnesty International dans son rapport «Ils ont regardé sa carte d’identité et l’ont abattu», rendu public le 25 mai 2011.
Ces images confirment ces accusations de l’ONG de défense des droits de l’Homme.
 
Par Gilles Naismon
 
Source: Le Nouveau Courrier N°560  du mardi 10 juillet 2012




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