En vérité, ils ne sont pas dignes.

Dimanche 16 Mars 2014 - 06:51



C’est une réalité à laquelle le régime en place doit dorénavant se conformer. Le monopole médiatique national et le soutien des médias internationaux dont il jouissait aux heures chaudes de la crise post-électorale, ne sont, désormais plus, qu’un lointain souvenir. Il lui faudra, à l’avenir, rivaliser avec le géant et l’omniprésent Internet, qui intègre notamment, les réseaux sociaux, devenus, plus que jamais, en ce 21ème siècle, un puissant outil de communication.
Les détails sur l’opération chirurgicale subie par Alassane Ouattara en France, et qui étaient sensés rester ultra-confidentiels, ont pourtant été divulgués à travers les réseaux sociaux. L’on a pu assister à tout le mal que s’est donné le régime en place pour tenter de taire les rumeurs les plus folles à ce sujet. Mais aussi et surtout, au retour organisé et précipité, en désespoir de cause, d’Alassane Ouattara, au risque de mettre en péril l’état de santé, visiblement, très précaire de ce dernier.
Tout récemment, des photos Blé Goudé et de Jean Yves Dibopieu, prisonniers du régime d’Alassane Ouattara, ont été rendues publiques, une fois de plus, par le canal des réseaux sociaux, créant au passage, un émoi général et jetant l’opprobre sur le régime tenu par Alassane Ouattara.
Dans la foulée, certains se sont laissés envahir par l’émotion. A la vue des photographies dégradantes de ces deux hommes, avérés proches de Laurent Gbagbo. Aux uns la pitié, les pleurs ; aux autres, la colère, l’indignation…, oubliant que ces deux jeunes leaders d’opinion ne sont rien de plus, aux yeux du régime Ouattara, que des trophées de guerre et non pas, comme ce régime veut le faire croire à l’opinion, des prisonniers de droit commun.
Qu’elles sachent, ces personnes enclines aux émotions gratuites, que ce temps, le temps des pleurs, est révolu. Les lamentations n’ont jamais rien résolus. Seule l’action coordonnée et soutenue peut influencer le cours des choses, dans le sens que l’on souhaite. Et cela, les gens du peuple ne le savent que très bien. D’ailleurs, depuis belle lurette, une chose est certaine : nous sommes bel et bien, en Côte d’Ivoire, en face d’un régime tortionnaire et totalitaire ; un régime qui n’accorde aucune considération au respect des droits de l’homme, comme l’ont maintes fois confirmé les organisations internationales de défense des droits de l’homme, dans leurs différents rapports. Pire, nous avons affaire, en Côte d’Ivoire, à un régime qui pratique, à grande échelle, une justice des vainqueurs, consolidée par un « rattrapage ethnique » flagrant.
Nous n’allons donc pas céder aux émotions. Mais nous vous inviterons, à travers ce qu’il est convenu d’appeler « la guerre des photos », à observer de près la laideur d’un régime, détenteur d’un pouvoir immérité. Pour que, le moment venu, il puisse être traité comme tel.
Depuis le 9 mars 2014, des photos de Blé Goudé Charles et de Jean Yves Dibopieu sont anonymement publiées sur les réseau sociaux, dans un contexte où, ni les parents, ni les amis, encore moins les avocats de ces derniers, n’avaient aucune nouvelles d’eux, là où le régime d’Abidjan, par la voix de son « sécurocrate » attitré, Hamed Bakayoko, soutenait mordicus, que Blé Goudé notamment, était détenu, selon ses propres termes, dans une « résidence protégée » et « bien traité ». Dès la publication des photos, l’indignation s’empare des milliers d’internautes. Des photos où l’on peut clairement voir des prisonniers barbus, visiblement amaigris, couchés à même le sol, vêtus de leurs seuls caleçons. Puis la presse prend le relai, les jours suivants. L’opinion est choquée. N’ayant aucun argument solide pour se défendre, et débordé par la vague d’indignation qui ne cesse d’enfler, très vite, le régime criera au « montage » et à la « mise en scène », par la voix de Koné Bruno, son porte-parole. Quelques jours après, de nouvelles photos, notamment de Blé Goudé, sont publiées sur la page facebook de monsieur Hamed Bakayoko, visiblement, dans une tentative de contre-attaque. On y voit Blé Goudé, apparemment forcé à jouer les mannequins de circonstance, au cours d’une séance de prise de vues rapidement improvisée. Au lieu de produire l’effet escompté, c’est bien le contraire qui se produit. Des détails flagrants, décelés dans les nouvelles photographies, démontrent la supercherie, la mise en scène grotesque du régime d’Alassane Ouattara. Un régime qui, de peur de se discréditer d’avantage, n’a finalement d’autre choix que de laisser éclater la vérité. Blé Goudé sera entendu par un juge. Enfin ! Depuis tout ce temps, pourrait-on s’exclamer. Notons au passage que si Blé Goudé lui, a pu rencontrer ses avocats, voir le juge et bénéficier, d’un bref séjour dans « sa » fameuse « résidence protégée », personne ne sait en revanche, le sort réservé à Jean-Yves Dibopieu. En fin de compte, c’est la conférence de presse animée le vendredi 14 mars 2104, par les avocats de Blé Goudé Charles, qui mettra fin à la polémique et viendra clouer le bec au régime manipulateur d’Abidjan. Blé Goudé et Jean-Yves Dibopieu étaient bel et bien incarcérés dans les geôles de la DST (Direction de la Surveillance du Territoire), dans des conditions drastiques, humiliantes et dégradantes et non pas comme annoncé par ceux qui disent nous gouverner, dans une « résidence protégée ».
Ce « court-métrage » a été édifiant. A plus d’un titre. Il nous a montré que des personnes, au sommet de l’Etat, pouvaient se permettre de mentir au peuple, sans vergogne. Il révélé la fâcheuse tendance du régime en place, à se réfugier derrière des arguments à deux sous, pour se défendre, toutes les fois qu’il est en mauvaise posture. Enfin, cela nous a enseigné que la réconciliation et le dialogue prônés par ce régime dont l’irresponsabilité et l’incompétence ne sont désormais plus à démontrer, n’ont jamais été que des slogans creux, pour masquer la tragédie que vit ce pays. La « guerre des photos » a eu pour avantage de montrer la face cachée du régime d’Alassane Ouattara. Un régime qui ne doit son existence, son règne, que par le non respect des lois et des règles établies ; un régime qui n’excelle que par le mensonge et la dissimulation ; un régime qui n’impose son autorité que par la violence. Or, l’autorité ne s’impose que par elle-même. Elle tire sa source par le respect que forcent les actes de celui qui la détient, nous disent les experts.
En définitive, les ivoiriens, les gens du peuple, tous ceux en qui demeure encore un brin de lucidité et d’objectivité, auront retenu que ceux qui disent nous diriger, ne sont en fait que des incompétents notoires, des amateurs de la politique, qui s’amusent à leur servir le mensonge. Bref, qui ne méritent pas de diriger un grand pays comme la Côte d’Ivoire.
Souvent, certains nous répliquent par ce dicton : « C’est Dieu qui donne le pouvoir », certainement pour justifier la présence de ce comité d’aventuriers politiques, à la tête de la Côte d’Ivoire. Insinuant par là, qu’il relèverait de la volonté de Dieu que ce comité soit en ce moment, au pouvoir. Mais ce que ce dicton ne dit pas, c’est que Dieu dans son infinie souveraineté, parfois, n’empêche pas celui qui convoite le pouvoir, de le prendre. Dans ce cas, ce dernier devra assumer, tôt ou tard et le moment venu, toutes les conséquences de son acte d’usurpation. En vérité, chaque chose a donc son temps. Les indignes paieront pour leurs forfaits, ils auront toujours en face d’eux des personnes dignes et debout pour leur dire : non, ça suffit !
 
Marc Micael
Chroniqueur politique
marcmicael@yahoo.fr




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