En vérité : Le culte de l'anormalité.

Jeudi 20 Octobre 2016 - 10:14


Alassane Ouattara
Alassane Ouattara

Nous sommes dans la matinée d’un samedi du mois d’août 2016.La scène se déroule à la cité SYDES ,Syndicat des Enseignants du Secondaire, sise à Abatta ,route de Bingerville. Ce jour- là, un chauffeur de taxi, venu déposer un passager dans le quartier, s’engage dans le sens contraire d’un sens giratoire obligatoire. Le chauffeur, interpellé par un locataire sur un risque de collusion en empruntant ce sens interdit ,répliqua avec désinvolture : « Qu’est- ce qui vous surprend , c’est comme ça dans le pays .C’est justement en allant contre la loi qu’on devient président ». Authentique. Notre chauffeur du jour a tranquillement continué sa course à l’envers avant de quitter la cité. Comme on peut l’observer ; l’anormalité est désormais érigée en norme dans notre pays. Du sommet à la base.

Qui ne se souvient de ce communiqué officiel de quatre pages, des déclarés admis au concours professionnel pour l’accès au cycle de formation d’inspecteurs de l’enseignement préscolaire et primaire au titre de l’année 2014. Sur cette liste, plus de 80 % d’admis avaient des noms à consonance nordique. Un communiqué signé des mains de Cissé Ibrahima. Les réseaux sociaux avaient abondamment décrié ce grossier « rattrapage ethnique » mais depuis, l’anormalité est devenue la norme. Parlant justement de rattrapage ou de préférence ethnique, la députée RDR de Tafiré, Mme Mah Sogona Bamba épouse Arnault avait, en son temps, bruyamment interpellé Amadou Soumahoro ,Secrétaire général par intérim du RDR en ces termes : « N’écoutez pas ceux qui parlent de rattrapage ethnique , nous avons encore de nombreux militants à caser. »La suite ne s’est pas fait attendre. Sous nos yeux , des fonds se chiffrant en milliards, domiciliés dans des établissements de micro-finances sont publiquement distribués aux seuls militants du RDR .Qui peut dans notre pays faire la différence entre l’argent du contribuable ivoirien et les fonds du RDR !Une anormalité sans nom en démocratie qui devient ainsi, sans bruit ,une norme dans le ciel éburnéen.

Qui ne se souvient de cette autre affaire encore trop fraiche pour disparaitre de l’écran de nos souvenirs .Elle s’est déroulée dans la commune de Yopougon . Pour s’être soulagé aux abords d’un parc à bois appartenant au ressortissant d’une communauté étrangère , un jeune ivoirien a été lynché à mort par ces derniers. Parcourez toute la sous région .Une telle scène ne peut se produire qu’en Cote d’ivoire. Le temps se chargera ,comme il a toujours su le faire ,de ranger l’anormalité dans le registre de la Norme.

Lors du procès de Mme Simone Gbagbo, un témoin, sans sourciller, a déclaré tout de go, avoir tué de nombreuses personnes à Abobo pendant la crise post -électorale. Il est ressorti du Tribunal sans que nos magistrats eurent à redire.
Ainsi va notre pays où le culte de l'anormalité est désormais l'étalon de mesure de la bonne gouvernance.

La constitution du pays, la norme au- dessus des normes n’en fini pas de faire des vagues. Les députés ivoiriens, écharpes en bandoulière, comme enfermés dans une cage de cirque avec un maître -dresseur ont unanimement voté la loi à controverse. Désormais, un vieillard de plus de 90 ans, souffrant de la maladie de parkinson pourra briguer la magistrature suprême de notre pays. Telle est l’anormalité de volonté de Ouattara et Bedié qui aura, sous peu ,force de loi.

Ouattara avait du reste déjà prévenu :  «  …la Côte d’ivoire va étonner le monde ». A notre grand étonnement et sous nos yeux hagards, la Côte d’Ivoire est devenue un pays quelconque où est célébré chaque jour un culte à l’anormalité.

Aristide SILUE

(In- la voie originale -du 18 octobre 2016)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 





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