Emission Appels sur l’actualité/ Rfi pris en flagrant délit de manipulation et de sabotage de la paix en Côte d'Ivoire

Les auditeurs de la radio française Rfi ont été surpris de l’annulation subite de la diffusion le jeudi 7 février à 19h 40, de la deuxième partie de l’émission « Appel d’actualité » et pour cause.

Mercredi 13 Février 2013 - 00:20


Juan Gomez, journaliste de RFI
Juan Gomez, journaliste de RFI

L’émission animée par Juan Gomez se déroule en deux parties et est diffusée en direct, du lundi au vendredi, de 8h 10 à 8h 30 puis, de 8h 40.à 9h. Selon le conducteur de l’animateur, la première partie est consacrée à des thèmes divers, et la deuxième partie est réservée à un sujet précis sur lequel tous les auditeurs de la radio dite « mondiale » sont invités à émettre leurs opinions respectives. L’émission diffusée dans la matinée est intégralement rediffusée en soirée, de 19h10 à 19h30 pour la première partie, puis de 19h40 à 20 h pour le second volet. Ainsi, la deuxième partie de l’émission « appels sur l’actualité » du jeudi 7 février 2013 a été consacrée au sujet de l’amnistie générale des présumés auteurs des actes criminels relatifs à la crise post-electorale en Côte d’Ivoire de 2010 et 2011.

Dans leurs différentes interventions ce jour-là, tous les auditeurs de Rfi, à l’exception du premier, ont indiqué que « la Côte d’Ivoire ne connaitra jamais de paix ni de réconciliation si une amnistie générale n’était pas votée par le pouvoir de monsieur Ouattara. » Certains auditeurs ont rappelé que « c’est la loi d’amnistie votée sous Laurent Gbagbo qui permet aujourd’hui aux assassins de ministre d’état Emile Boga Doudou, aux égorgeurs des 99 gendarmes de Bouaké et à monsieur Soro Guillaume, de circuler librement à Abidjan. » D’autres auditeurs ont indiqué que « seule l’amnistie générale permettra de mettre fin à la justice des vainqueurs qui a cours actuellement en Côte d’Ivoire. 

A la question de l’animateur, visiblement surpris de la quasi unanimité des intervenants sur la prise d une loi d’amnistie, « si les 3000 morts de la crise post-electorale devaient être oubliés ? », un auditeur a répliqué s’il avait connaissance du chiffre des personnes tuées par les rebelles du Mpci , Mpigo et Mjp depuis 2002 qui ont bénéficié de la loi d’amnistie de Laurent Gbagbo. L’animateur Juan Gomez, à la recherche de sons certainement discordants, s’est mis à lire les messages facebook envoyés en direct via la régie, par d’autres auditeurs sur l’adresse de l’émission. Là encore, il s’est rendu à l’évidence du plébiscite de la demande d’une loi d’amnistie générale en Côte d’Ivoire pour ramener la confiance entre les ivoiriens et permettre à tous les fils du pays de repartir sur une nouvelle base. Revenant aux auditeurs, le dernier intervenant a conclu la série des interventions sur un ton ironique, en demandant à monsieur Ouattara « si telle est sa volonté, de remplir toutes les prisons du pays exclusivement des partisans de Laurent Gbagbo et une fois satisfait de sa performance, il appréciera seule, la procédure de leur libération. »

A la fin de cette émission qui a pris fin à 8h, les nombreux partisans du présent Laurent Gbagbo qui n’ont pas l’habitude d’écouter Rfi, se sont passés le message pour suivre la rediffusion de l’émission, le même jour du 7 février à 19h 40, comme il était indiqué sur la grille de programme de ladite radio consultable sur son site web. Malheureusement, ces auditeurs de circonstance de la séance de rattrapage, entendront en vain parce que la direction des programmes de Rfi, sans aucune justification, a supprimé sans raison, la diffusion de la seconde partie de l’émission « appel d’actualité ». Une interview banale d’un spécialiste des conflits en Afrique (Mali et Rdc) a été diffusée en lieu et place de la deuxième partie de l’émission « appels d’actualité » où tous les auditeurs de ladite radio avaient appelés dans la matinée, à la prise d’une loi d’amnistie générale comme solution définitive à la crise ivoirienne 

Le lendemain, vendredi 8 février 2013, la seconde tranche de la même émission est consacrée à ce que l’animateur habituel appelle « la libre antenne » où, chaque auditeur appelle pour donner cette fois-ci, son opinion sur un sujet de son choix. Ce jour-là, l’animateur vedette Juan Gomez est remplacé sans aucune explication par son second, Zéphirin Kouadio, excellent chroniqueur mais animateur approximatif. Ce dernier, dans le second volet de l’émission, donne la parole à des auditeurs lambda sur des sujets divers, puis dans la foulée, il annonce deux (2) auditeurs qui reviennent sur le sujet de la veille, relativement à la prise d’une loi d’amnistie en Côte d’Ivoire. Dans leur intervention respective dont la trame est identique, les deux auditeurs qui disent résider en Côte d’Ivoire reviennent sur les interventions des auditeurs de la veille, en indiquant qu’ils ne comprennent pas que «  l’on puisse réclamer une amnistie générale, là, où il ya eu de nombreuses tueries. » Ils ont donc conclu leur propos en appelant les autorités ivoirienne à « privilégier la justice en lieu place de l’amnistie générale. »

A l’analyse, il ya lieu de constater que la séquence de rattrapage de Rfi, certainement conçue dans les officines de communication du pouvoir ivoirien présente de grosses failles. Sur la forme, tous ceux qui vivent en Côte d’Ivoire savent que les ivoiriens, selon leur origine géographique, parlent la langue française avec un accent spécifique. On reconnait un « bété « ou un « attié » qui parle la langue française les yeux fermés. Ainsi, les deux auditeurs spéciaux de Rfi du 8 février 2013 qui se sont fait appeler par des pseudonyme (François et Charles) à les entendre, et relativement a leur accent, sont vraisemblablement deux ivoiriens originaires du nord de la Côte d’Ivoire où les prénoms français n’ont pas pignon sur rue. Dans le fond, le contenu de leur intervention respective était identique et ressemblait à ce qu’on appelle dans les écoles primaire, une récitation ou une dictée qui commence par un préalable à savoir, « ceux qui doivent être jugés ne doivent pas être appelé des pro-Gbagbo mais, des ivoiriens qui ont commis des crimes et qui doivent répondre devant les juridictions ivoiriennes… » Exactement le même refrain que celui du gouvernement de Kablan Duncan lu dans la presse à l’issue des discussions avec le Front populaire ivoirien (Fpi). A la fin de l’émission du 8 février 2013, qui a été rediffusée cette fois-ci le soir, conformément à la grille des programmes, l’animateur du jour visiblement satisfait de sa performance, a annoncé sur un ton jovial, le retour de l’animateur, titulaire du poste Juan Gomez, dès le lundi 11 février 2013.

Ainsi va la gestion de la liberté d’expression, d’opinion et de presse dans le pays de la déclaration universelle des droits de l’Homme. Rfi est un organe appartenant à l’Etat français, et une radio qui se vante d’être «  mondiale » aura démontré en l’espace de 48 heures qu’elle est effectivement championne mondiale mais, exclusivement en «  manipulation de l’opinion. » Par ces actes de compromissions, ses auditeurs auront compris que leur radio préférée œuvre en réalité sur le continent africain, pour la persistance des antagonismes. Avec la mise en scène, le recadrage et le dirigisme de l’émission «  appels sur l’actualité » des 7 et 8 février 2013, l’on se rend à l’évidence que Rfi est visiblement contre le retour à la normalité en Côte d’Ivoire. « La radio mondiale » a fait le choix d’un pays déchiré avec ses fils et filles en prison ou en exil, pour offrir à ses auditeurs, des informations exclusives de conflits en Afrique, alors que le continent européen est lui, au stade de la vulgarisation de la qualité totale.

 

Une correspondance particulière de

 

Traoré Philippe





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