Elections présidentielles de 2015:La mascarade a commencé

Manifestement, le régime Ouattara a décidé d’organiser « ses » élections sans l’opposition. Lors du point de presse qu’elle a animé hier jeudi 23 octobre au siège de la Commission électorale indépendante (CEI), la porte-parole de cette institution basée aux II-Plateaux, Me Victoire Alley Amlan, a dévoilé le « chronogramme » des prochaines élections. Un calendrier solitaire conçu sans la participation de l’opposition représentative conduite par le Front populaire ivoirien (Fpi).

Samedi 25 Octobre 2014 - 06:45


Ouattara ne fléchit pas. Malgré l’absence de l’opposition dans la Commission électorale indépendante (CEI), le régime d’Abidjan persiste dans sa volonté d’organiser des élections sans ses adversaires politiques. Dans cette logique, la Secrétaire adjointe et le porte- parole de la CEI, Me Victoire Alley Amlan, a annoncé hier le chronogramme pour l’organisation des futures élections présidentielles. Ce chronogramme qui prend en compte l’ensemble des opérations électorales (inscription sur la liste électorale, sa publication, etc.) sera mis en œuvre de septembre 2014 à novembre 2015. Ainsi, le président de la CEI Youssouf Bakayoko a créé plusieurs sous-commissions (Liste Electorale, Opérations Electorales, Formation, Sensibilisation et Communication…) supervisées chacune par un vice-président et a également nommé des superviseurs régionaux. La mascarade du régime est en marche.  Le problème c’est que ce calendrier a été adopté par le Bureau et la Commission Centrale, tous deux contestés par l’opposition qui réclame une CEI équilibrée. Mais face à la sourde oreille du camp Ouattara qui contrôle totalement l’institution en charge des élections, l’opposition notamment le Front populaire ivoirien (Fpi) a purement et simplement retiré son représentant à la Commission centrale à l’issue de son comité central du 13 septembre dernier quand l’Alliance des forces démocratiques a suspendu sa participation aux travaux de la Commission le 8 septembre der - nier. Et le « réaménagement » du bureau de la CEI par la création d’un poste de 4ème vice-prési - dent et de deux postes de secrétaires adjoints, « dans un souci de consolidation de la paix », comme l’indiquait Hamed Bakayoko devant les députés en commission la semaine dernière, n’est rien que du cinéma pour distraire l’opinion. Aucune préoccupation de l’opposition n’a été prise en considération. Si le régime était si soucieux d’écouter l’opposition, il aurait fait voter par l’Assemblée nationale une loi instituant la Commission consensuelle réclamée par le Fpi et ses alliés. Une CEI consensuelle également souhaitée par le Mouvement des forces d’avenir (qui est membre de la Coalition au pouvoir, le Rhdp) ainsi que la société civile notamment l’église catholique. Mais le régime n’attend pas que cette nouvelle loi soit adoptée en plénière et rentre en vigueur pour que la CEI aux ordres prenne une décision aussi importante (l’adoption du calendrier électoral) en l’absence des représentants de l’opposition. Et si l’opposition décidait de revenir et envisageait de remettre en cause ce chronogramme ? Aucune finesse avec ce pouvoir même dans l’exécution de sa forfaiture.  
Ouattara ne veut pas de l’opposition à la CEI et aux élections Il est impensable que la CEI à la solde du régime valide un chronogramme pour des élections aussi décisives comme les présidentielles sans l’avis de l’opposition. Malheureusement, le locataire du palais présidentiel ne veut pas d’adversaires sérieux à ces échéances. Il ne veut pas non plus qu'ils soient présents à la CEI. Visiblement, le manque de sérénité du chef de l’Etat, qui est conscient de la grogne généralisée des Ivoiriens contre sa gouvernance, le pousse à neutraliser d’ores et déjà ses opposants. Contrairement à Gbagbo qui faisait chaque fois des concessions à l’opposition politique  (Pdci, Rdr, etc.) et aux les mouvements rebelles (Mpci, Mjp et Mpigo) qui étaient tous représentés à la CEI – le Rhdp et les rebelles, c’était d’ailleurs blanc bonnet bonnet blanc – et qui avaient même la présidence de l’institution, Ouattara a préféré exclure le Fpi et ses alliés aux futures échéances électorales pour se maintenir tranquillement au pouvoir. C’est d’ailleurs dans cette perspective qu’il s’est inlassablement battu pour arracher l’appel de Daoukro à Bédié, en soutien à sa candidature unique. En tout cas, le chef de l’Etat ne lâche rien. Il est prêt à tout, y compris à isoler ses adversaires dans la course à la magistrature suprême par des artifices concoctés à dessein pour conserver son fauteuil. Drôle de démocrate.

Par Anderson Diédri

Source: Le Nouveau Courrier N°1138 Du Vendredi 24 Octobre 2014
 




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