Elections: Remorqueur Africain de la Guerre

Jeudi 30 Juillet 2015 - 06:32


Image d'archives: Election en Côte d'Ivoire
Image d'archives: Election en Côte d'Ivoire
Les Elections en Afrique ont non seulement un enjeu politique interne, mais aussi externe. Elles sont le terrain de batailles géostratégiques et de cooptation. En fait, depuis l'effondrement des grands blocs de puissance, le monde est entré dans une période de "reclassement politique" pour une reconstitution des blocs. Pour cela, l'Afrique est au centre de ce "repositionnement." Car, comme le prédisent les économistes et les spécialistes des marchés financiers, en se basant sur le potentiel minier, minéral, et humain du continent, "celui qui aura l'Afrique possédera l'économie mondiale."
Alors les enjeux des scrutins en Afrique s’inscrivent dans cette logique. Ils ressemblent fort étrangement à ce qui se passait durant la guerre froide quand les grandes puissances s’affrontaient sur des terres autres que les leurs. Suivant ce schéma, la France et les Etats-Unis se rangent du côté d’un candidat. La Russie et la Chine sont au côté de l’autre. L’ONU malheureusement sous l’influence de certains pays du conseil de sécurité est partie prenante à ces mascarades électorales.
Ingérence extérieure
Ces ingérences extérieures ont une double conséquence. Un: elles donnent aux Africains des dirigeants politiques qu’ils n’ont pas choisis. Ceci crée une caste de dictateurs soutenus par des étrangers qui leur assurent une longévité au pouvoir. Ce fut le cas d'Omar Bongo (Gabon: 42 ans de règne); Blaise Compaoré (Burkina Faso: 27 ans) avant qu’un soulèvement populaire ne le chasse de là tout récemment; Gnassingbé Eyadéma (Togo: 38 ans), et beaucoup d'autres. La France, l'Union Européenne, et le reste de ce qui est convenu d’appeler la communauté internationale, ont à travers des élections truquées instauré un système de succession comme on a pu le constater au Togo et au Gabon, où les fils ont remplacé leurs pères. La France s’était également impliquée dans les élections au Congo-Brazzaville en orchestrant une guerre pour ramener Denis Sassou N'Guesso au pouvoir en 1997, après qu’il ait été battu aux élections présidentielles de 1992. La liste des élections manipulées et soutenues par la France et ses barbouzes dans les pays Africains est longue. Deux: Ces interférences ont entraîné dans certains cas des émeutes sanglantes et dans d'autres, l'intervention militaire directe de la France et de l'ONU.
En 2010, avant les élections présidentielles en Côte d’Ivoire, La France et ses alliés avaient leur candidat, Alassane Dramane Ouattara. Ils voulaient, quel que soit la manière, l’imposer comme président aux Ivoiriens, contre l’avis du Conseil constitutionnel, seule institution habilitée, comme dans toutes les nations démocratiques, à proclamer le candidat vainqueur. Sous un déluge de feu et de bombes Française et onusienne déversé sur la résidence présidentielle et sur la population qui défendait l’ordre constitutionnel, ils réussirent à l’imposer.
Cette guerre non déclarée était contre Laurent Gbagbo, chef d’Etat investi par le Conseil constitutionnel de son pays, dans le respect des prérogatives qui lui sont conférées. Elle concluait une série de pressions sur le gouvernementgel des avoirs de ses membres; blocus sur l’importation des médicaments, une première dans l’histoire et sur les Ivoiriens rangés derrière Gbagbo, le président qu’ils avaient dûment élu.
Pression Intense
L’intensité des pressions exercées par le président Français Nicolas Sarkozy et ses alliés frappa durement le régime du président Laurent Gbagbo, qui demandait un recomptage des voix. Cela avait été fait aux USA en 2000, en Haïti en 2010, et plus tard en 2012 en France lors des élections internes de l’UMPUnion pour un mouvement populaire, parti de Sarkozy. Pendant ce temps, l'adversaire de Gbagbo, Ouattara, soutenu par les occidentaux, appelait ces derniers à lancer une guerre contre la Côte-d'Ivoire. Ceci avait clairement révélé un coup de force électoral bien préparé. Ban Ki-Moon, Secrétaire général de l'ONU, avait déclaré que ce serait une injustice faite à Ouattara de recompter les voix. Comme partout en Afrique, où les occidentaux choisissent à travers des élections truquées ceux qu'ils veulent manipuler, Ban Ki-Moon donna de la voix pour défendre un homme, non pas un pays, ses institutions, et ses habitants.
Le vainqueur légitime 
Le président Guinéen Obiang Nguema Basogo dévoila et dénonça ce plan anticonstitutionnel de l’administration Sarkozy : "la France avait promis de donner le pouvoir à l'autre partie. Mais elle n'allait pas le faire par les urnes ou les négociations, elle avait l'intention d'utiliser l'armée Française. Et c'est exactement ce qu'elle a fait." Il ajouta, "le tandem France et ONU ont joué un rôle clef dans la crise Ivoirienne" en transformant "un malentendu électoral" en guerre civil afin d’enlever un président légal et légitime du pouvoir pour positionner quelqu’un qui répondrait à leurs besoins plutôt qu’à ceux des Ivoiriens.
Beaucoup d'autres, cette fois-ci aux Etats Unis, comme le sénateur Jim Inhofe, le journaliste Chrétien Gary Lane, le chercheur Gary Busch, et le journaliste vétéran George Curry se sont levés contre l'ingérence occidentale dans les élections en Côte-d'Ivoire. Ils ont montré et prouvé que Gbagbo était le vainqueur légitime.
Qu’est-ce que cela augure?
Le chapelet d'élections de cette année dans 15 pays pourrait s’achever en Novembre. Bien que dans certains pays, tels que le Togo et le Burundi, il y a eu quelques incidents bien contrôlés, cela pourrait ne pas être le cas en Côte d'Ivoire, avec son improbable élection programmée le 25 Octobre. Parce que Ouattara est un agent des multinationales et du terrorisme financier, le risque d'explosion est élevé. Enfin les Ivoiriens ne semblent pas accepter les abus du régime criminel de Ouattara soutenu par l'Occident. La Coalition Nationale pour le Changement, qui est formé de plusieurs partis politiques d'opposition, mais aussi des transfuges du groupement des partis au pouvoir, pourrait apporter une réponse cinglante à Ouattara et ses suppôts extérieurs. La Coalition a la volonté de changement. Mais qu’est-ce que cela augure pour un continent où l'Union Africaine, financée par l'occident à plus de 60 pour cent de son budget, n'a pas la possibilité de trouver une solution Africaine à un contentieux électoral Africain?
Comme on peut le constater, les élections Africaines qui sont avant tout une affaire Africaine, sont devenues presque exclusivement une affaire de la communauté internationale et un alibi pour les batailles géostratégiques. Dans ces conditions, une élection peut-elle être transparente en Afrique?
 
Dr. Feumba Samen
Galena, Ohio
USA
 




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