Election présidentielle de 2015 en Côte d'Ivoire, quels enjeux pour les droits de l'homme?

Lundi 6 Octobre 2014 - 05:47


Dr BOGA SAKO GERVAIS					 Président de la Fondation Ivoirienne pour Les Droits de l’Homme et la vie Politique (FIDHOP) 
Dr BOGA SAKO GERVAIS Président de la Fondation Ivoirienne pour Les Droits de l’Homme et la vie Politique (FIDHOP) 
"ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE DE 2015 EN CÔTE D’IVOIRE, QUELS ENJEUX POUR LES DROITS DE L’HOMME?"

EXPOSE DES MOTIFS:
La Démocratie en Afrique, telle qu’expérimentée dans la plupart des Etats depuis leur indépendance, est souvent à l’origine des violations les plus graves et massives des Droits de l’Homme sur le continent  ; avec pour principales victimes, les populations vulnérables, notamment les femmes et les enfants.
A l’image de nombre de pays africains, la Côte d’Ivoire, la locomotive économique de l’Afrique de l’Ouest, connaît depuis 1960, un processus démocratique difficile. En effet, après plus de trente ans de parti unique, le retour au multipartisme s’est fait dans la violence, entre 1990 et 1992, avec des brimades, des tortures et même des viols d’étudiants, ainsi que des arrestations d’opposants politiques. Depuis cette période, les élections présidentielles en Côte d’Ivoire ont à chaque fois donné lieu à des violences aussi graves les unes que les autres, qui continuent d’endeuiller la nation.
Ainsi, en octobre 1995, suite au «  boycott actif  » décidé par les partis politiques d’opposition, le Front populaire ivoirien (FPI) de M. Laurent Gbagbo et le Rassemblement des Républicains (RDR) de M. Alassane Dramane Ouattara, alliés à l’époque pour dénoncer le système électoral qui ne garantissait pas l’équité, la présidentielle du quinquennat de M. Henri Konan Bédié a débuté avec plusieurs dizaines de morts dans le pays.
A l’occasion de la présidentielle d’octobre 2000, l’auto-proclamation du Chef de la junte militaire parvenue au pouvoir à la suite du Coup d’Etat de 1999, en négation flagrante du verdict final de la Commission électorale nationale (CNE) d’alors, qui donnait pourtant M. Laurent Gbagbo vainqueur, a suscité un soulèvement populaire à Abidjan. La réaction, armes aux poings, des soldats aveuglement acquis à la cause perdue du Général Robert Guéi a causé la mort d’au moins trois cents civils et de nombreux blessés à vie.
En 2010, ce fut une tragédie nationale  ! Alors que la Côte d’Ivoire espérait enfin renouer avec une démocratie apaisée, la présidentielle qui opposa le Président sortant Laurent Gbagbo à M. Alassane Dramane Ouattara a été un cauchemar pour le pays et tous ses habitants. De l’avis de la quasi-totalité des observateurs internationaux et nationaux, cette élection fut émaillée de fraudes et d’irrégularités énormes, ainsi que de violences de toutes sortes. Elle fut conclue par la négation de la décision finale du Conseil Constitutionnel et la violation de la Souveraineté nationale du pays par la Communauté internationale. Le bilan officiel est de trois mille morts.
Et cette crise continue de diviser les Fils et les Filles de la Côte d’Ivoire…
A la date d’aujourd’hui, quatre ans après les événements tragiques de fin 2010 - début 2011, et à un an de la date constitutionnelle de la prochaine élection présidentielle, tous les acteurs de cette dernière crise en ont-ils tiré toutes les leçons  ? La classe politique, la Société civile et les populations ivoiriennes sont-elles prêtes pour une nouvelle épreuve d’élection présidentielle  ?
Les conditions sont-elles réunies pour que la Côte d’Ivoire organise cette nouvelle élection présidentielle prévue pour 2015  ?
Le contexte sociopolitique qui prévaut dans le pays et les actes posés par les dirigeants actuels ne suscitent-ils pas, au contraire, de réelles inquiétudes, quant à la préservation de la Paix et au respect des Droits de l’Homme  ?
En clair, cette élection présidentielle de 2015, ne risque-t-elle pas d’occasionner plus de pertes en vies humaines qu’en 2010 et de faire basculer la Côte d’Ivoire dans le chaos  ?
Pour sa part, la Fondation Ivoirienne pour l’observation et la surveillance des Droits de l’Homme et la vie politique (FIDHOP), comme à son habitude (elle le fit avant l’élection de 2010, sans qu’elle ne fût entendue), a décidé de présenter à la face du monde, à l’occasion de cette Conférence de Presse tenue à Paris, le 11 octobre 2014, les dangers qui guettent de nouveau la Côte d’Ivoire, à l’horizon de 2015.
Cette présentation sera assortie de propositions et de recommandations pouvant permettre la tenue d’une élection présidentielle démocratique, apaisée, à même de ramener définitivement la paix dans le pays.

Pour la FIDHOP:        
Dr BOGA SAKO GERVAIS                    
Enseignant-Chercheur à l’Université de Côte d’Ivoire  ;
Ex-Membre de la Commission Nationale des Droits de l’Homme de Côte d’Ivoire (CNDHCI)  ;
Président de la Fondation Ivoirienne pour
     Les Droits de l’Homme et la vie Politique (FIDHOP)  ;
Ecrivain-Essayiste.





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