Economie nationale: De la BNDA à la BFA, cascade de faillites et avenir de l’agriculture ivoirienne

Vendredi 10 Octobre 2014 - 09:45


Par Dr. Serge-Nicolas N’Zi Chercheur en communication Lugano (Suisse)
Par Dr. Serge-Nicolas N’Zi Chercheur en communication Lugano (Suisse)
I –La faillite de la caisse de stabilisation et de soutien des prix de productions agricoles, la faillite de la Banque ivoirienne pour le développement industriel, suivie de la faillite de la banque nationale de développement agricole, et la nouvelle liquidation cette semaine de la Banque pour de financement de l’agriculture, toutes ces faillites à ne plus en finir sont les plus grands freins que nous avons créés nous mêmes pour retarder sinon empêcher la démocratisation du crédit bancaire dans le secteur agricole de notre pays. Nous faisons aujourd’hui le constat d’un immense gâchis. Peut-on procéder de façon cavalière à la liquidation d’une banque sans donner la moindre explication sur les responsabilités qui découlent de cette faillite bancaire ? L’histoire de la Côte d’Ivoire est trop riche en scandales de surfacturation ou de faillites dont les responsables n’ont jamais été inquiétés. Il faut que cela cesse. Le contribuable ivoirien se retrouve à payer des trous financiers dont les responsables sont devant nous avec l’étalage de leurs voitures rutilantes et leurs châteaux de rêve, vivants tranquillement sous nos yeux sous la protection d’un Etat qui a renoncé à les poursuivre confirmant ainsi les alliances politiques et ethno tribales qui régissent le fonctionnement de l’Etat nation qui n’est plus au service des ivoiriens mais des connivences mafieuses qui fondent un système de prédation nuisible à l’intérêt général. Nous ne demandons pas le peloton d’exécution pour les responsables de cette faillite, mais que l’Etat actionnaire porte plainte au nom du contribuable afin de permettre à tous les Ivoiriens de voir clair dans l’utilisation de l’argent public injecté dans une dilapidation organisée par des gens proches du pouvoir. Si le parlement ivoirien avait encore le sens de l’honneur, le directeur général de la BFA, son directeur financier et le directeur de l’audit interne devaient être convoqués pour expliquer devant la représentation nationale, les usages et pratiques liées à cette faillite. Mais comme vous le constater, on s’en prendra à celui qui pose le problème dans le sens de l’intérêt collectif. Certains iront même jusqu’à dire pourquoi il dit cela ? C’est parce qu’il est contre le régime qu’il dit cela. Mais bon Dieu quand est ce qu’on va cesser de voir le débat national sur des questions aussi essentielles avec des lunettes tribales ou en termes de pour ou contre Ouattara ou Bédié ?

II – La faillite dans les objectifs

Quand on examine les raisons de la faillite de toutes les banques susmentionnées, on se rend compte dans le cas de la BNDA, que des gens qui n’avaient rien à avoir avec l’agriculture et qui étaient des barons du régime, sont allés y prendre des crédits et se trouvaient en situation d’incapacité de paiement. Leur propre faillite a entrainé la faillite de la Banque. Toutes les précautions et les règles élémentaires de l’économie bancaire ont été foulées au pied. La BNDA est allée jusqu’à donner des crédits avoisinant le tiers de son capital propre à un seul client. Comment une banque peut-elle aller aussi loin dans l’aberration. Une femme qui vend des poisons au marché ne donnera jamais plus de dix mille francs de poissons à crédit si son capital est de cinquante mille francs CFA. Comment l’Etat avec ses économistes et ses universitaires, payés à prix d’or peuvent-ils échouer là ou une simple femme illettrée réussit à merveille ? L’absence de sanctions semble même ne pas choquer le gouvernement qui dit que le personnel sera indemnisé et que les derniers salaires seront payés par le trésor public ivoirien. C’est écœurant et inacceptable de la part d’un gouvernement qui nous a promis de lutter contre la gabegie, le népotisme et la prévarication. Quand nous étions enfants, on nous avait toujours conseillé de ne jamais mettre tous les œufs dans le même panier. On nous disait aussi que qui embrasse trop mal étreint. Le drame de la BFA se trouve là, devant nous. On a voulu que la BFA finance l’agriculture, des plantations d’hévéa clé en main. On a voulu qu’elle soit une caisse d’épargne publique en oubliant qu’on avait déjà créé d’autres institutions à cet effet. On a voulu aussi que la BFA soit une banque de placement avec tous les risques que cela comporte dans un moment de fluctuation monétaire et financier. Mieux on a voulu que la BFA s’occupe aussi de bancassurance et de mobilisation d’épargne de la diaspora ivoirienne, c’est-à-dire d’épargne à distance. D’assistance aux coopératives agricoles et d’opérations internationales. Ainsi au lieu de se concentrer sur le milieu rural et assister le monde paysan dans son effort de diversification en l’aidant dans les nouvelles mutations que la modernité exige de lui, on est allé avec l’aveuglement habituel dans des considérations hasardeuses afin de réunir les conditions d’une faillite dont personne ne sera responsable. La Côte d’Ivoire est au bord de la faillite alimentaire, la production de riz est insuffisante, la production d’igname est en décroissance en raison de l’insécurité dans les zones de production. Comment relancer et réorienter l’agriculture ivoirienne sans une banque de soutien au monde agricole ivoirien ? Bien sûr, il faut le soutien urgent d’une autre banque pour promouvoir la démocratisation du crédit agricole avec pour objectif l’auto-suffisance alimentaire.

III – Les mesures urgentes à prendre pour soutenir l’agriculture ivoirienne

 Le Capitaine Thomas Sankara disait que «l’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère.» C’est pourquoi l’histoire nous impose aujourd’hui de faire des choix d’avenir pour ne plus végéter dans un terrain vague où l’avenir ne pousse plus. Chers frères et sœurs, chers amis, nous sommes très critique sur les aberrations et les choix stupides qui ont conduit notre pays aux bords de la faillite alimentaire. Il fut un temps où l’intellectuel critique de sa propre société était considéré comme un ennemi de la nation. Il était attaqué, traqué et frappé sans pitié pour avoir exprimé une opinion contraire à celle du gouvernement. Ce genre de comportement a poussé beaucoup d’Africains à choisir le chemin douloureux de l’exil à l’étranger. Sachant que les communautés humaines évoluent par contradiction depuis la nuit des temps, nos gouvernants sont allés jusqu’à interdire les conférences et les débats contradictoires sur le campus de l’université. Au final, ils se sont retrouvés devant un club de suiveurs et d’applaudisseurs qui - pour survivre - ont approuvé les plans de développement les plus aberrants, des caisses de stabilisation et des faillites bancaires à répétition. Ils encourageaient tous des plantations clé en main et l’extension des parcelles agricoles des cultures de rente. On est même allé jusqu’à verser des primes à l’hectare aux paysans qui agrandissaient leurs plantations de café et de cacao. On a même fourni de l’engrais à des prix subventionnés aux paysans pour accroître la production de café et de cacao. La question que tous les Ivoiriens se posent aujourd’hui est de savoir pourquoi aucun d’eux - avec leurs conseillers français et experts qu’ils avaient à disposition et tous les outils de la prospective - n’ont-ils pas vu venir la catastrophe vers laquelle la Côte d’Ivoire se dirigeait inéluctablement ? Si nous étions dans un pays normal, tous ceux qui ont assumé des responsabilités dans le domaine agricole devaient être amenés à nous situer sur le comment et le pourquoi de l’impasse dans laquelle nous sommes aujourd’hui ?
La Côte d’Ivoire est un pays sans sanctions. La surfacturation des complexes sucriers n’a pas été sanctionnée, les faillites bancaires concernant le monde paysan n’ont jamais été sanctionnées… Comment de telles catastrophes ont-elles pu arriver chez nous sans un travail d’anticipation des services concernés ? Ou étaient tous ces services de l’audit interne payés à prix d’or ? C’est donc en leur absence que nous allons ici formuler les mesures urgentes qui, si elles sont prises à temps, peuvent permettre à la Côte d’Ivoire d’atteindre l’autosuffisance alimentaire, mais mieux d’être le grenier de la sous région ouest africaine. A) La première mesure est de convoquer ici et maintenant les états généraux de l’agriculture ivoirienne pour faire un inventaire précis du déficit alimentaire et des besoins du pays post conflit. Quatre bananes à cinq cent francs n’est pas accessible à tout le monde. Elles sont nombreuses aujourd’hui les ménagères ivoiriennes qui nourrissent leur famille avec un foutou contenant plus de manioc que de banane. B) La recherche agronomique nous indique qu’il y a des variétés de banane capables de produire deux régimes. Cultiver à grande échelle, ces variétés peuvent nous aider à relever le défi d’approvisionnement des grands marchés de nos centres urbains mais où trouver les soutiens financiers et bancaires pour une telle activité devant la cascade de faillites devenue une tradition chez nous. C) Créer un institut de recherche spécifique à la croissance et à la maîtrise de la conservation du vivrier. Dans le seul but de viabiliser des produits comme l’igname, la banane et surtout le manioc, qui se mange en gari, Tapioca, bouillie, foutou, couscous, Atoukou, Placali, Kabato, gâteau et Attiéké. Le manioc est un véritable don du ciel, comme le baobab. Il faut, avec l’aide de la science, de la biologie végétale et de la biotechnologie notamment, il est possible de croiser et de favoriser des variétés adaptables aux régions de savane, dans l’objectif précis de répondre à la forte demande d’Attiké et de Gari, qui sont des produits exportables dans la sous région, en Europe et en Amérique du nord. L’alliance naturelle de la science et du savoir faire de nos mères, de nos femmes et de nos sœurs trouvera une complémentarité prodigieuse qui contribuera à l’indépendance sociale et à la libération de la femme ivoirienne, qui s’affirmera, comme une actrice prospère de la vie nationale. Ne pas comprendre ces choses aussi sim- ples et ne pas saisir ces belles opportunités seraient indigne de notre génération. D)Faire de la Motoragri (société nationale de motorisation de l’agriculture) société qui n’existe plus hélas, une autre faillite, un outil de soutien à l’effort de production du milieux rural ivoirien, et non une entreprise publique privatisée par le président de la République et ses collaborateurs pour mécaniser leurs productions person- nels. D’ananas, d’avocats, de riz, de café et de cacao. Cela c’était produit sous le long règne de M. Félix Houphouët-Boigny, qui a avoué lui-même que ses plantations d’ananas lui rapportaient 4 milliards de francs CFA par an. Que ses avocats lui rapportaient également 4 milliards de francs CFA. Un chef d’Etat ne doit pas faire du commerce sous le couvert de la fonction présidentielle. La Côte d’Ivoire de l’après guerre doit définitivement tourner le dos et renoncer à l’immédiateté de quelques-uns pour prendre à bras le corps le sort du plus grand nombre. E) L’identification urgente des zones propices et appropriées à la culture du riz, du manioc, de l’igname, du la banane plantain, du maïs, du mil, du sorgho et du tarot. Une fois cela fait, l’Etat ivoirien doit mettre en place des mesures excitatives de production F) Nos parents malinké, du nord, les Gouro au centre les Yacouba, les Guéré, les Wê et les Bété de l’ouest ont un savoir-faire naturel pour la culture du riz, il n’y a qu’à observer l’engouement des Ivoiriens pour le nouveau riz sur les marchés pour com- prendre qu’il est parfaitement faisable de demander à la Motoragri si son semblable existe, de préparer les sols pour faciliter le travail des paysans dans le cadre d’un partenariat soutenu par l’Etat comme anima- teur du développement rural. G)C’est cela les grands travaux de viabilisation des terres pour soutenir le monde rural, en lieu et place des discours pompeux sur les braves et valeureux paysans de la Côte d’Ivoire profonde qu’on méprise dans la réalité quotidienne. Cette démarche a pour but à terme de favoriser la culture sur de grandes exploitations capables de nous aider à affronter le défi de l’autosuffisance alimentaire. Cela permettra l’extension des superficies cultivables et, avec l’apport technique des encadreurs agricoles et des engrais, de doubler la production de riz dans un premier temps pour qu’à moyen terme, le riz local très prisé par les ivoiriens puisse couvrir les besoins du pays. Il faut pour cela limiter progressivement l’attribution des licences d’importation de riz de l’Inde, de Thaïlande, de Chine, du Viêt-Nam, du Cambodge, du Laos ou de Malaisie. H) Dans cette voie, l’Etat ne doit plus être castrateur et prédateur. C’est pourquoi il doit briser progressivement la situation de monopole des importateurs de riz, qui sont devenus puissants et constituent aujourd’hui un cartel qui est un véritable Etat dans l’Etat. C’est donc une bourgeoisie castratrice qui veut stériliser le monde agricole et les paysans, car son intérêt est d’avoir moins de riz local sur le marché pour que son affaire prospère. Il suffit de bien observer ces cartels constitués les anciens comptoirs coloniaux genre CFAO, CFCI, SCOA, Massey et Feras ainsi que les gros commerçants égyptiens, marocains et Libano syriens devenus aujourd’hui des lobbys de pression pour se rendre compte de leur rôle néfaste sur l’économie ivoirienne. Un peu partout en Afrique, ils ont pris en otage les ministères du Commerce et autres départements importants. Il faut briser ces monopoles qui piétinent l’indépendance nationale, affaiblissent l’Etat, qui corrompu devient un Etat anti-développement. I) Cette démarche de viabilisation des sols est aussi valable dans les régions productrices de maïs, c’est-à-dire Odienné, Ferké, Korhogo, Man, Touba, Séguéla, Dabakala, et Katiola. Pour l’igname, les régions géographiques de Bouaké, Bouna, Bondoukou, Agnibiliékrou et Abengourou répondent parfaitement à cet objectif national. J) Pour le manioc, la banane et le tarot, les régions d’Agboville, Bongouanou, Adzopé, Tiassalé, Divo, Gagnoa, Daloa, Dabou, Bonoua, Adiaké, Grand-Lahou, Alépé etc. Peuvent valablement par leur savoir faire local, relever ce défi sans attendre les indiens et les chinois. K) Dans le cadre du service civique envisagé par l’Etat, en lieu et place de l’incorporation des analphabètes dans la police, l’armée et la douane, il faut soutenir la création de fermes pilotes comme l’expérience des Kibboutz israéliens, qui sont des fermes communautaires entièrement orientées vers la production agricole et pastorale. Cela aidera la Côte d’Ivoire à réduire son importation massive de viande, de volailles et de bétail des pays voisins. Il ne faut pas oublier que la croissance démographique va créer une pression et une rareté des pâturages qui vont devenir de plus en plus des terres agricoles pour accentuer l’éternel conflit entre éleveurs et planteurs. Un soutien similaire à la production agropastorale est une nécessité pour les régions d’élevage du nord de la Côte d’Ivoire. L)Il faut aussi transporter l’expérience du mouvement coopératif que sont les GVC de café cacao vers les producteurs de vivriers comme le maïs, le riz, le manioc, l’igname, le mil et le sorgho, qui sont aujourd’hui des produits très demandé dans la sous région ouest africaine. - Créer et soutenir efficacement en Côte d’Ivoire un institut d’études pour promouvoir l’agriculture en milieu aride et semi désertique. Compte tenu de la désertification et du recule grandissant des zones de forêt. Odienné, Tengrela Korhogo et Ouangolodougou sont parfaitement indiqués pour l’implantation un tel établissement scientifique accouplé avec une ferme expérimentale. Développer dans ce cadre la coopération scientifique avec des instituts similaires existants déjà en Israël dans le désert du Néguev, en Arizona dans le désert du Nevada aux USA. Il n’y a aucune honte à solliciter l’expérience des autres pour s’améliorer soit même. La honte et le ridicule seraient de se faire suffisant, alors qu’on est nécessiteux des pieds à la tête. M) Et enfin l’Etat ivoirien, en tant qu’animateur du développement local doit encourager et favoriser la démocratisation du crédit agricole pour soutenir le monde rural dans son effort de production. Car tous les pays grands producteurs de céréales comme l’Australie, les USA, l’Argentine, la France, le Canada etc. sont des pays qui ont démocratisé le crédit bancaire agricole pour donner des facilités d’investissement aux paysans. L’Etat n’étant plus le propriétaire de la Banque, l’exigence de rentabilité nous épargnera l’expérience douloureuse de la BNDA, la Banque nationale du développement agricole, la BFA – banque de financement de l’agriculture, les seules banques du monde agricole en Côte d’Ivoire. Des banques tombées en faillite parce que des gens qui n’ont rien à avoir avec l’agriculture y ont pris des crédits sans rembourser, il n’y a jamais eu de poursuites contre eux et les paysans ivoiriens ont perdu des outils indispensables de soutien à la relance de l’économie agricole. L’impunité et la délinquance financière institutionnalisées au sommet de l’Etat, ont été très néfastes aux paysans ivoiriens, nous le relevons ici avec beaucoup d’amertumes. Tous les pays qui ont pu produire pour se nourrir on d’abord fondé et organisé une économie bancaire pour soutenir leur agriculture. Crédit Agricole, Mutuelle agricole, Banque Agricole, etc. sont des établissements qui ont pillons sur rue, il n’y a que chez nous que tout se solde par la faillite. Faut-il rappeler ici qu’il n’y a pas d’agriculture sans le monde paysan. Oublier cela est une cécité et une aberration de type stalinienne. Il ne faut donc pas s’étonner du dénuement du monde rural et de la situation économique et sociale de la Côte d’Ivoire actuelle. Tel est le contenu du catalogue de mesures urgentes que nous proposons pour sortir des faillites bancaires à répétition et affronter l’avenir ainsi que le défi alimentaire qui se dessinent devant la Côte d’Ivoire.

IV – Postulat de Conclusion générale

Après que le peuple ait lutté pour sa libération, il faut nécessairement que le cadre politique lui garantisse une vie meilleure. Une indépendance sans conditions matérielles favorables ne vaut rien. C’est ce que disait hier encore notre frère, le fondateur du PAIGC, l’ingénieur agronome Amilcar Cabral. Les peuples africains ont lutté pour l’indépendance afin de mettre fin à l’arbitraire du système colonial, promouvoir la liberté et avoir une vie meilleure (maison en matériaux durables, de l’eau potable, de l’électricité, des soins de santé primaires, des écoles pour les enfants, des employés bien rémunérés, un meilleur marché pour les produits agricoles etc.) pourquoi avons nous échoué un peu partout en Afrique à réussir ces choses simples ?
Pour répondre à cette question, les ivoiriens et leurs dirigeants politiques doivent reconnaître leurs propres erreurs au lieu d’invoquer comme le faisait Félix Houphouët-Boigny, les dysfonctionnements de l’économie mondiale. Une nouvelle approche de rigueur et de réalisme vis-à-vis des questions agricoles est plus que nécessaire pour la Côte d’ivoire. La Côte d’Ivoire doit s’engager à mettre sur pied un plan intérimaire de cinq ans pour relever son agriculture vivrière dans le cadre de l’aménagement du territoire liée à la décentralisation. Priorité à l’agriculture et à l’alimentation, à la capacité d’entreprendre, à la mise en valeur des ressources humaines et leur meilleure gestion. Car c’est à partir du développement du secteur agricole et du monde rural que naîtra un nouveau raisonnement qui enclenche tout un système d’organisation de l’effort social qui sera édifié autour de la production alimentaire, qui sera désormais considérée comme un secteur structurant et entraînant dans sa dynamique un scénario de développement global. En centrant ses activités sur ces besoins, en exploitant et en renouvelant ses propres richesses, en intégrant réformes incitations, investissements, aide extérieure et la cohérence d’une politique clairement définie, la Côte d’Ivoire se donnera les moyens de desserrer l’étau des misères quotidiennes et faire le pari de ne plus sacrifier l’avenir à l’urgence. Le temps qui est passé est passé ; seul l’avenir compte pour nous tous, c’est parce que nous voulons compter dans l’avènement des temps nouveaux que nous nous devons d’invoquer et de convoquer l’avenir qui débutera par un repas avec les produits de notre terroir.

Par Dr. Serge-Nicolas N’Zi*

*Chercheur en communication Lugano (Suisse) Suisse E-mail: nicolasnzi@bluewin.ch

Source: Le Nouveau Courrier N°1125 Du Mardi 7 Octobre 2014





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