ET SI ON REVENAIT AUX PRÉOCCUPATIONS DES IVOIRIENS ?

CIVOX.NET
Jeudi 3 Novembre 2016 - 16:13


 
Bon! Ouattara voulait, à tous prix, savoir ce que le peuple pense de sa Constitution concoctée en catimini. Ça y est, c'est fait, et comme un couperet, la sentence est tombée: au-delà de la Constitution, le peuple, le dimanche 30 octobre, a dit un non assourdissant au colis piégé qu'était ce référendum.
 
Les tenants du régime et leur chef, comme à leur habitude, ont déjà lancé leur machine de communication, en vue de faire accréditer trois gros mensonges, non pas auprès de la population ivoirienne, qui ne se laissera pas abuser, mais en direction de la Communauté internationale. 
 
En effet le pouvoir tente déjà de faire croire que ce dimanche 30 octobre, il y a eu vote dans ce pays. Rien n'est plus faux, tant les preuves abondent et sont là, à la portée de chacun. Le deuxième mensonge consistera, pour le régime, à annoncer, bien sûr, un taux de participation respectable. Et comme dans un engrenage, un mensonge en appelle toujours un autre, le pouvoir, sans rire, proclamera, avec beaucoup de gesticulations, la victoire du oui, dans des proportions défiant l'imagination. Ce sera un taux largement au-dessus de 50%, mais ça ne sera toujours que x% des deux tondus et trois pelés, égarés dans les bureaux de vote ce jour-là.
 
Les hommes qui gouvernent aujourd'hui la Côte d'Ivoire sont tout sauf idiots. Ils savaient depuis le début que les Ivoiriens refusaient ce référendum et que ce scrutin n'aurait pas lieu. Ils ont malgré tout poussé le bouchon, et la preuve leur a été donnée. Bien entendu, et pour amuser la galerie, ils vont faire semblant, vociférer et se taper la poitrine, pour faire croire en leur victoire. Mais au fond, ils savent et nous savons ce qui s'est réellement passé au cours de ce scrutin avorté.
 
Ne nous laissons pas entraîner dans des débats inutiles de diversion. Nous le savons, entre autres, l'objectif de ce référendum était  aussi de nous distraire et d'occulter les problèmes cruciaux de notre pays. Sur cette lancée, le pouvoir va alimenter un débat incongru de chiffres.
 
 
Par la volonté du peuple souverain, la consultation référendaire n'a pas eu lieu. La cause est entendue, passons donc à autre chose, ou plutôt, revenons aux préoccupations fondamentales de la Côte d'Ivoire. C'est vrai, le malade qui dort oublie  sa maladie, mais à son réveil, il la retrouve assise auprès de lui et Tapie en lui. Il convient donc de rappeler à Ouattara que le pays ne s'arrête pas à sa Constitution recalée, et le pays n'a pas cessé d'exister après ce simulacre de référendum. La Côte d'Ivoire est là, toujours meurtrie des profondes blessures qu'il lui a causées.
 
Les problèmes de ce pays sont les mêmes et demeurent non résolus depuis plus de cinq ans. Il s'agit pour l'essentiel:
 
-    Des violations récurrentes de la Constitution par le Chef de l'Etat, qui en est le garant;
-    Du népotisme et de la planification éhontée de la politique de "rattrapage ethnique";
-    De la torture et la détention illégale de centaines d'Ivoiriens;
-    Du maintien en exil forcé de milliers d'Ivoiriens;
-    De la spoliation des populations de l'Ouest de leur terre, au profit de populations convoyées de pays environnants;
-    De la confiscation des biens et du gel des avoirs de personnes proches du Président Gbagbo;
-    De l'immixtion du pouvoir dans les affaires internes des partis politiques de l'opposition;
-    Du refus d'engager une vraie démarche de réconciliation nationale et l'entretien d'un climat de terreur, propice à l'étouffement de toute opposition véritable.
-    La détérioration vertigineuse du niveau de vie des populations, entraînant une paupérisation galopante.
 
C’est sur ces questions que Ouattara est attendu depuis sa prise de pouvoir fracassante. Ils sont nombreux, les Ivoiriens qui savaient que l'homme n'apporterait rien à ce pays et que, bien au contraire, il le réduirait à néant. Les quelques rares naïfs qui se sont laissés embarquer par ses boniments, se rendent aujourd'hui compte, à leurs dépens, de la profondeur de la supercherie. Quant aux autres, jusqu'au-boutistes thuriféraires fieffés, qui participent, avec délice, à la manne et aux miettes du grand festin orgiaque des voraces et des rapaces, ils gagneraient à se souvenir que le peuple, jamais, ne perd la mémoire.
De la même façon, le peuple trouvera, tôt ou tard, les solutions à ses problèmes non résolus par les dirigeants actuels.
 
Gouverneur
Dacoury-Tabley
Philippe-Henri
Lundi 31 octobre 2016.




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