Du désordre politique à l’ordre naturel

Vendredi 27 Avril 2012 - 00:10


Du désordre politique  à  l’ordre naturel
Pris dans son sens premier, l’ordre est la disposition harmonieuse des choses. Et c’est cette acception qui nous intéresse dans notre réflexion. A l’instar des scientifiques qui disent que la nature a horreur du vide, les moralistes diraient que l’ordre a horreur du désordre. A la réflexion, la nature n’a –t-elle pas également horreur du désordre ? Certes le monde a toujours évolué par ruptures successives, mais ces derniers temps, on a l’impression que les dirigeants, au plan international en général et singulièrement dans le giron français, sont ivres. En lieu et place de la retenue et de la pudeur humaine, le désordre barbare s’est installé partout. En réaction, la nature fait le tri et impose son ordre pour l’avancement de l’Humanité. Concrètement, que voyons-nous ces derniers temps dans le monde ? Depuis le début de l’an 2000, des fauteurs de trouble ont commencé à tout chambouler. L’anormalité, à force de n’avoir pas été dénoncée, a semblé être acceptée. Elle meuble le décor ainsi planté et, elle a pris l’allure de la normalité. Ce que la morale reprouvait autrefois, a été aujourd’hui plébiscité par dépit. Par exemple, on a vu en Côte d’Ivoire, une rébellion balafrer la république.
A cet égard, la France qui est liée à notre pays par un accord de défense, en a fait une lecture biaisée pour ne pas avoir à agir contre le désordre des rebelles. Pire, elle a par des subterfuges à Marcoussis (91) en France, déroulé le tapis rouge aux pieds des fauteurs de trouble. Elle a tenté un coup d’Etat constitutionnel par défaut… Or, il lui était loisible de réagir en imposant l’ordre c’est-à-dire soutenir la république en aidant à mater la rébellion. Ensuite, elle aurait tout loisir de demander à l’ordre constitutionnel représenté par Laurent Gbagbo, de tenir compte des récriminations des rebelles. Le démocrate Laurent Gbagbo tel qu’on le connaît, n’aurait rien eu à redire pour la paix dans son pays, mais aussi dans la sous-région. ..Bien évidemment, la France était derrière la tentative de coup d’Etat, donc quand celui-ci a avorté, il fallait qu’elle reprenne les choses en main afin de chasser Laurent Gbagbo.
Laurent Gbagbo lui-même n’a pas compris jusqu’où était capable d’aller la France, dans son désir de voir au pouvoir, celui que l’Elysée a choisi pour servir les intérêts hexagonaux. Le problème à ce niveau, est que M. Chirac est certes irascible, mais pas un voyou politique. Elève de la vieille école où une certaine idée de la France empêche de descendre dans la poubelle, M. Chirac n’a pu passer le Rubicon. Il fallait un agité à l’Elysée, un homme qui fonce tête baissée avant de réfléchir. Cette attitude a pu précipiter les choses plus vite vers l’abime. M. Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas dit au secrétaire général de l’ONU, Ban-ki Moon que si cela ne tenait qu’à lui tout seul, il aurait déjà fait tomber le régime d’Abidjan ? Et comme M. Sarkozy fait toujours ce qu’il dit quand c’est dans le mal où il excelle, il a parachevé l’œuvre chiraquienne en profitant d’une décision du conseil de sécurité, au-delàs de laquelle, d’ailleurs, il est allé dans la semaine du 5 au 11 avril 2011. Il a ordonné la destruction de la résidence de la présidence de la république ivoirienne, par un déluge de bombardement aveugle, quand bien même l’armée loyaliste ne répliquait pas. L’objectif était clair : tuer Laurent Gbagbo.
L’orange pourrie dans le panier.

La force de nuisance de M. Sarkozy a été minimisée par M. Laurent Gbagbo. Ce dernier est resté dans une logique électorale où il n’était pas besoin d’une guerre sans merci, d’une guerre totale. Ainsi, la France qui n’a jamais gagnée de guerre sans coalition, s’est acharnée à enfoncer une porte ouverte. Pour ce faire, il a fallu corrompre l’union européenne, les Etats-Unis d’Amérique, le secrétariat général de l’ONU, l’Union Africaine, singulièrement la CEDEAO et enfin l’UEMOA. Laurent Gbagbo ne pouvait plus que rester en position défensive devant ses adversaires. Comme si toute cette attaque en règle pour noyauter le régime ivoirien n’était pas suffisante, il a fallu y ajouter les montages de manipulation de l’information. La pourriture a pris toute la communauté internationale. Malheureusement pour M. Sarkozy, tout cela n’aura servi à rien, car son tocard sur lequel il a misé dans sa course punitive contre Laurent Gbagbo, ne pouvait se soustraire à tous les coups tordus par lui fomentés. La France a rallié tout le monde à la cause d’ADO, mais le retour du bâton est dur à supporter.
3) La correction de l’ordre par la nature
Pour que ce qui devrait être soit, une série de problèmes ont commencé à planter un nouveau décor. Les conspirateurs africains sont tous en difficulté : M. Abdoulaye Wade est tombé, M. Jonathan Goodluck en proie à de sérieux problèmes avec ses rebelles du Boko Haram. M. Blaise Compaoré, après avoir limogé des militaires, est attendu au tournant. La moindre étincelle l’emportera comme un tsunami. M. Alassane Ouattara tient le coup grâce à la France, mais si M. Sarkozy perd les élections, le pouvoir bancal finira sur une béquille. Quant à M. Sarkozy lui-même, la prison le guette ; car au soir du 06 mai 2012, quand il aura brillamment perdu les élections, il faudra qu’il s’attende à affronter la justice pour au moins trois affaires pendantes (Affaires : Karachi, Betancourt et autres). M. Chirac a feint ou est peut-être vraiment malade, mais quant à M. Sarkozy, sa santé est tellement pimpante que nul ne se laissera abuser pour admettre qu’il est lui aussi Alzheimer, donc il devra être poursuivi et puni pour ses actes crapuleux. Ensuite, les ennuis de M. Obama et du secrétaire général de l’ONU vont débuter très bientôt. La bande de criminels de l’OTAN, à défaut de réussir une guerre mondiale, vont petit à petit se retrouver tous en prison ou battus aux élections. Les anglo-saxons sont entrés dans le cycle infernal des échecs aux élections : Après M. Obama, ce sera le tour de M. Cameron. Tout cela sonne comme un avertissement de la nature qui a horreur du désordre. Alors ceux qui pensent qu’ils peuvent établir l’ordre par le désordre, verront combien leur théorie est fausse et suicidaire. Harmonieusement, tout rentrera dans l’ordre que dame nature et la morale internationale voudront bien établir pour le bien de l’Humanité qui aspire à la paix, à la justice et au bonheur de tous. Ainsi l’Histoire se souviendra des gens comme Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, Barak Obama, Alassane Ouattara etc. comme une regrettable parenthèse. Comment peut-on continuer de semer le désordre quand les effets positifs du printemps arabe n’ont pas encore raffermi et la démocratie et la stabilité là où cette saison est passée ? Pourquoi doit-on parler de cesser-le feu entre la Syrie et son opposition , et pourquoi le pouvoir emploie-t-il de grands moyens militaires contre de simples civils ? N’y a-t-il pas une armée en face qui instrumentalise l’opposition ? Pourquoi depuis des lustres que le pouvoir syrien et son opposition existent-ils, et ne se sont jamais tirés dessus ? Les Occidentaux veulent une troisième guerre mondiale afin que la population mondiale périphérique baisse drastiquement, mais la nature saura imposer son ordre.

Louis-Freddy Aguisso

 




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