Du Libéria en Côte d'Ivoire: Quand le retour des réfugiés cache un trafic

Vendredi 9 Mai 2014 - 07:17


Un camp de réfugiés ivoiriens au Libéria
Un camp de réfugiés ivoiriens au Libéria
Le retour au pays des réfugiés ivoiriens installés au Libéria depuis la crise postélectorale se fait au compte-goutte. il cache cependant une fraude et un tra- fic illicite. Combien sont-ils les citoyens libériens convoyés frauduleusement, contre  de l’argent, en Côte d’ivoire ? Après avoir perçu indûment l’argent destiné aux réfugiés véritables. Cette forfaiture, dans les faits, consiste à se substituer aux réfugiés ivoiriens encore présents au Libéria et recensés pour être rapatriés. on ne saurait pour l’instant déterminer avec exactitude le nombre de ces faux réfugiés ivoiriens. tant des agents véreux au sein du HCr, acteurs de ce trafic et cette opération de corruption, s’emploient à brouiller les pistes. De nombreux té- moignages que nous avons recueillis récemment au sein des populations de la région du Cavally, c’est-à-dire à Guiglo, taï, bloléquin et toulépleu, sont sans équivoque sur la question. on comprend  pourquoi les populations Wê et Dan qui ont fui les exactions à l’ouest de la Côte d’ivoire lors de la crise postélectorale pour se réfugier au Libéria, y demeurent toujours en grand nombre.
Cela en dépit des efforts logistiques et financiers déployés par le HCr et certaines bonnes volontés pour assurer leur retour au bercail. Les réfugiés ivoiriens sont visiblement bien informés des origines de leur infortune. « On s’inscrit sur les fichiers du HCR pour rega- gner notre pays, la Côte d’Ivoire, mais lorsque nous allons aux nouvelles au mo- ment du départ, on nous dit que notre nom n’est pas passé. Et la mort dans l’âme, nous retournons sur nos maisons de fortune. Nous sommes confrontés à ce scénario depuis 2012 ».
Des Libériens se fonT passer pour des réfugiés ivoiriens
Ces propos sont d’un habitant  de Solo town, un des camps de réfugiés ivoiriens. il nous les a confiés lors de la dernière visite du chef de l’etat ivoirien, Alassane Dramane ouattara, au Libéria. Cette déclaration était loin d’être une invention. Puisque les réfugiés ivoiriens qui ont eu la chance de ne pas être remplacés, donc d’être transportés en Côte d’voire par les humanitaires onusiens, confirment cette fraude. ils livrent des détails qui laissent pantois. « Dans les services du HCr où on s’inscrit pour le retour en Côte d’ivoire, il y a certains agents qui enregistrent des Libériens contre de l’argent. Le coût est de 10.000 fcfa par Libérien glissé comme réfugié ivoirien sur la liste. etant entendu que tout réfugié (adulte et  adolescent), candidat au retour en Côte d’ivoire, bénéficie de 75.000 fcfa ou 50.000 fcfa comme mesures d’accompagnement. bien sûr, ce réfugié fabriqué de toute pièce est assuré de jouir de ce pécule à toulepleu, ville ivoirienne où le Hcr remet lesdites mesures d’accompagnement aux ayants droits. et c’est lorsque ces Libériens glissés parmi nous finissent de per- cevoir l’argent en question ainsi que des non-vivres destinés aux réfugiés ivoiriens, qu’ils rebroussent chemin pour leur pays par des pistes de toulepleu et de bloléquin, après avoir fait leurs achats », raconte  K.D, un réfugié ivoirien rentré en Côte d’ivoire et que nous avons interrogé à bloléquin. « Si par exemple 500 réfugiés sont à rapatrier, on y introduit 200 Libériens qui paient chacun 10.000 fcfa aux agents véreux de UnHCr », renchérit un autre réfugié ivoirien.
400 faux réfugiés ivoiriens découverts
Ce trafic qui empêche, comme on le voit, les vrais réfugiés ivoiriens à regagner leur pays, sera découvert en terre ivoirienne en janvier 2014. Du moins à en croire des témoignages recueillis parmi les ex-réfugiés ivoi- riens. « 400 Libériens introduits frauduleusement dans nos rangs, dans notre convoi du 31 janvier 2014, ont été découverts à Toulepleu par le HCR-Côte d’Ivoire, suite à une information anonyme. Le HCR voulait les emprisonner, mais il y avait des voix discordantes parmi les agents. Certains d’entre eux estimaient que cela pourrait constituer une mauvaise pu- blicité pour le HCR. C’est ainsi que ces fraudeurs ont été ramenés au Libéria par des camions HCR. Mais beaucoup d’entres eux avaient déjà liquidé leurs nattes et leurs sacs de riz sur le marché ivoirien », révèle A. robert, un ex-réfugié ivoirien. Qui ajoute qu’une dame nommée Anne, une Libérienne, se faisant passer pour une réfugiée ivoirienne « a déjà fait trois tours en Côte d’Ivoire et perçoit à chaque fois ce qui revient aux réfugiés ivoiriens, en toute quiétude. Elle était même du convoi du 31 jan- vier 2014 ». Les autorités administratives de la région du Cavally sont-elles informées de ce trafic ? « Malheureusement, c’est une affaire vraie », reconnaît, l’air abusé, un membre du corps préfectoral qui a requis l’anonymat
félix Téha DessraiT dessrait@yahhoo.fr
Envoyé spécial dans l’ouest

Identifier les agents véreux

Au moins 100.000 réfugiés ivoiriens sont encore présents au Liberia, selon les dernières statistiques fournies par des organisations humanitaires. Un chiffre considérable. en dépit des efforts fournis les organisations humanitaires, principalement, le HCr, organisme onusien spécialiste des questions de réfugiés et de déplacés. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce travail abattu prend un sacré coup avec cette affaire de trafic de faux réfugiés ivoiriens.  il est vrai que les brebis galeuses, il y en dans tous les milieux. mais ici, il s’agit de la filière humanitaire. il faut identifier les agents véreux du HCr et les punir. C’est la seule façon de mettre fin à ce trafic. Surtout que les réfugiés ivoiriens, pour leur retour au bercail, ne comptent que sur les seuls moyens de l’organisme onusien.

F.T.D
Source: Notre Voie  n° 4710 du jeudi 8 mai 2014




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