Droite française: Entre accusations infondées et suffisance incongrue

Vendredi 25 Mai 2012 - 06:56


François Copé, Sécrétaire Général de l'UMP
François Copé, Sécrétaire Général de l'UMP
Les animateurs de la Droite française sont sans doute pétris de qualités, et le talent ne leur fait pas certainement défaut. Ce qui pourrait, par contre, les étouffer, c’est leur propension à proférer des accusations faciles et leur attitude de suffisance permanente, au point de s’enfermer dans une fatuité puérile. Ils ne semblent pas avoir compris la leçon de la présidentielle, à savoir que les Français sont un peuple majeur que les propos et gesticulations sans fondement ne peuvent pas détourner de la vérité. Alors ils continuent, les barrons de l’UMP, sur une lancée qui n’a pourtant pas permis de garder aux affaires Nicolas Sarkozy, le président le plus impopulaire de la cinquième république. Un petit arrêt sur la tactique de « la Droite sarkozyenne».

 
L’accusation d’arrogance faite au candidat socialiste :
 
La première attaque contre le candidat socialiste dans la campagne présidentielle, c’était de dire que Monsieur Hollande était arrogant. C’est une tactique connue, qui consiste à coller à l’adversaire une tare qu’on sait inacceptable pour le plus grand nombre. L’accusation peut être fondée ou pas, ce n’est pas le plus important : ce qui compte, c’est qu’alors, on peut soi-même faire montre de cette tare, personne ne nous en tiendra rigueur. Et, à la limite, c’est être méprisant à l’égard de son adversaire que de le trouver arrogant, ce qui n’est pas, certaines fois, loin de signifier « pas assez qualifié pour se permettre certains actes et propos »! Apparemment, les Français ne se sont pas laissé prendre à ce jeu de manipulation, et les socialiste ne s’en sont pas fait un complexe qui profiterait à Sarkozy.


L’accusation de projet floue et irréalisable :
 
Combien de fois les paroliers du sarkozisme n’ont-ils pas clamé : « Sarkozy a un projet pour la France forte ! Hollande n’a pas de projet ; il a un discours qui manque de clarté; ce qu’il dit est irréaliste, n’a pas de sens… » Il fallait vraiment que les Français soient manipulables à souhait pour croire que le Parti Socialiste est incapable d’avoir ou de faire un projet pour la France, à une échéance comme l’élection présidentielle ! Et, tout le long de la campagne, alors que le candidat socialiste est resté fidèle à ses idées annoncées dès le départ, que n’a-ton pas entendu un Nicolas Sarkozy le traiter de tous les noms, au lieu de développer les arguments justifiant et clarifiant son programme : de menteur à faible, en passant par les insultes qu’auraient faites ses amis socialistes à Monsieur Hollande, tout y est passé. Tout ! Jusqu’à ce que, tel le dindon du conte de chez nous qui, à force de voir des gens s’arrêter pour le regarder gonfler son plumage a fini par croire qu’il était le plus fort de la ferme et a provoqué le taureau en duel, Sarkozy se croit un débatteur imbattable, et jubila à l’idée annoncé d’étaler son adversaire au débat télévisé. Il en voulait même plusieurs, contre toute raison ; mais il n’en obtint qu’un seul. Le lendemain du duel, comme il en fut du malheureux dindon, qui perdit toutes ses plumes, il ne resta rien qu’un visage grimaçant de toute la superbe du sieur Sarkozy.
 
Des gens à court d’idées, mais suffisants :

La mauvaise tactique à la présidentielle ne semble pas avoir servi de leçon aux barrons de l’UMP, le parti de Sarkozy. Ils sont coincés aux mêmes attitudes et comportements que ceux qui leur ont fait mordre la poussière: accusations faciles et suffisance fébrile. Déjà, ils accusent le président de la république de ne pas rassembler. Et ils semblent croire que cela leur donnera les faveurs de leurs compatriotes pour les élections législatives ! Comme s’ils se disaient que s’ils ont perdu la présidentielle pour avoir divisé les Français, les socialistes peuvent bien être accusés de cette tare pour perdre les législatives. Cela ressemblerait à des gens totalement à court d’idées. Tant pis pour eux ! Mais avec ça, ils se montrent suffisants, et nous sentons comme de la fatuité :
Monsieur J.F. Copé, le chef de l’UMP, une fois de plus convaincu d’être meilleur débatteur que Monsieur J.M Ayrault, veut un débat avec le Premier Ministre ! Quoi donc ? Monsieur Copé, c’est votre droit de chercher à faire votre promotion, et dans votre parti, et au près des Français ! Mais vous êtes chef de parti ; vous n’êtes pas Premier Ministre ! Ou alors êtes-vous, encore en train d’afficher cette suffisance à vous croire au-dessus des autres chefs de partis ? Le Premier Ministre gouverne la France ! Pour les joutes électorales, affrontez vos homologues. Et ils sont prêts à en découdre avec vous : regardez du côté du FN, Marine Le Pen ne bouderait pas un débat avec vous ! Et l’ami Mélenchon ? Voilà quelqu’un qui serait prêt à vous porter la contradiction ! C’est ceux-là et d’autres que vous devez affronter. Maintenant, si vous pensez que seul le parti au pouvoir est digne de débattre avec vous, adressez-vous à Martine Aubry ! Soyez plus raisonnable et laisser Monsieur Ayrault à ses tâches qui sont certainement plus importantes que de vous offrir une autre occasion de donner dan la surenchère. La France s’en sentirait mieux.
Que Dieu nous soutienne.

BEDI HOLY
Ancien Directeur de l’alphabétisation en Côte d’Ivoire
 
 
 

 




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