Dissolution du gouvernement. Bédié et le Pdci accepteront ce nouveau viol comme des béni-oui-oui

Samedi 17 Novembre 2012 - 05:00


Dissolution du gouvernement. Bédié et le Pdci accepteront ce nouveau viol comme des béni-oui-oui

Lorsque, plus sous l’égide de ses maîtres impérialistes que d’un Félix Houphouët-Boigny frappé d’une sénilité maladive, Alassane Dramane Dramane Ouattara est entré par effraction au Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) en 1990, le premier viol du plus vieux parti de la bourgeoisie ivoirienne venait d’être commis par cet homme venu tout droit du Burkina Faso. Il y eut bien quelques cris d’offrais mais le viol fut bien vite accepté et bien consommé par Bédié et les siens.


Ouattara ne se contenta pas du viol. Il tenta de s’emparer ad vitam aeternam du Pdci qui traînait encore des plaies mal cicatrisées et le traumatisme post-viol. Il fallut que Bédié débarquât, un soir, sur le plateau de la Radio télévision ivoirienne (Rti) avec une escouade de gendarmes - il faut bien se donner un peu de courage - pour prendre la tête de l’Etat et demander que la Côte d’Ivoire se mette à sa «disposition», Ouattara y compris.


Mais Ouattara ne se laissa pas dicter sa conduite par Bédié et un Pdci qui souffrait d’un curieux ballonnement issu du viol de 1990. En 1995, le Rassemblement de républicain (Rdr) de Ouattara sortit, dans la douleur, des vielles entrailles césarisées du Pdci. Monstre ou progéniture adultérine  ?


Pour Bédié et le Pdci, point de doute. Il ne pouvait s’agir que d’un monstre ayant pour géniteur un Burkinabé nommé Alassane Dramane Ouattara. Il lui décocha un mandat d’arrêt international après l’avoir laminé dans son livre intitulé Les chemins de ma vie.


Le deuxième viol du Pdci par Ouattara et ses affidés du Rdr ne tarda pas. Il survint le 24 décembre 1999, sous la forme d’un coup d’Etat. Il fut plus violent parce qu’il fut collectif avec la participation de Amadou Soumahoro alias «  cimetière  », du ci-devant loubard Hamed Bakayoko, des chefs de guerre et dozos Koné Zakaria, Chérif Ousmane, Ousmane Coulibaly alias Ben Laden, etc. Bédié dut s’enfuir à bord d’un hélicoptère gracieusement affrété par Jacques Chirac en abandonnant un Pdci en larmes et en lambeaux.


Le Rassemblement des houphouétistes pour la paix (Rhdp) naquit à Paris en 2004, sous l’aile protectrice du même Chirac, le chef de file de la bourgeoisie impérialiste française, après le déclenchement, le 19 septembre 2002, de la rébellion dirigée contre Laurent Gbagbo, l’insoumis. Bédié et le Pdci se jetèrent dans les bras de leurs violeurs Ouattara et le Rdr. Cette alliance n’a qu’un seul objectif  : défendre et protéger en Côte d’Ivoire les immenses intérêts généraux de l’impérialisme et les subsides de la bourgeoisie parasitaire ivoirienne. Mais elle n’efface pas les tares à la fois originelles et rédhibitoires que représentent les viols successifs - la liste est longue - commis par Ouattara et ses hommes de main au détriment du vieux corps du Pdci.


Dans le contexte historique actuel, les rapports de forces sont en faveur de Ouattara et du Rdr au sein du Rhdp. La vieille dame - le Pdci - et Bédié n’ont pas le courage politique qui conduit à la révolte, voire à la rupture. Ils se contentent de courtiser leurs violeurs et de flatter leurs égos devenus surdimensionnés. Les quelques cris bien timides poussés sous cape au Pdci après la dissolution du gouvernement par Ouattara, le 14 novembre 2012, ressemblent beaucoup plus à de mièvres agitations intellectuelles sans lendemain.


Les grands titres des quotidiens du Pdci et du Rdr du vendredi 16 novembre 2012 offrent un raccourci saisissant et révélateur de cette réalité objective. Le Nouveau réveil du Pdci est sur la défensive et titre  : «Loi sur le mariage, accusations entre alliés, dissolution du gouvernement. Qui a trahi qui au juste? Voici toutes les réserves et les deux amendements des députés Pdci incompris.» Quant au quotidien Le Patriote du Rdr, à côté d’une photo de son mentor Ouattara, il ordonne: « Manque de solidarité au sein du Rhdp, dans le cadre de l’action gouvernementale. Stop! (en rouge). Pourquoi Ado a dissout le gouvernement. Le Rdr en parfait accord avec le chef de l’Etat.» Le Pdci est déjà dans la posture des salamalecs et des génuflexions, là où l’observateur non averti attendait, sinon la révolte, au moins la dénonciation de l’humiliation. Quant à Ouattara et au Rdr, ils sont montés sur leurs grands chevaux, mille phallus dressés, pour en ajouter au dernier viol que constitue le renvoi d’Ahoussou Kouadio Jeannot et des ministres du Pdci du gouvernement.


Que le lecteur me pardonne. Je ne résiste pas à l’envie de citer un passage d’une chronique publiée, il y a quelques semaines, et dont le titre comportait les mots suivants: « La corde - le Rdr - et le pendu - le Pdci.» «Le plus cocasse, c’est que depuis les mystérieuses attaques armées de ces dernières semaines, Bédié et le Pdci vitupèrent les « déstabilisateurs » et poussent à la répression sauvage dans un bien curieux concerto avec leurs bourreaux du Rdr, au nom du Rassemblement des houphouétistes (Rhdp), l’alliance de dupes de la bourgeoisie parasitaire de Côte d’Ivoire.
Mais en dépit de leur allégeance à Ouattara, Bédié et le Pdci ne trouvent guère grâce aux yeux du Rdr qui n’hésite pas à les flageller pour les réduire définitivement au silence.



Le 11 août 2012, Le Nouveau réveil tente de sauver Djédjé Madi, le secrétaire général du Pdci, accusé par le Rdr d’être « en phase avec les auteurs des attaques de Yopougon Niangon, d’Abegourou et d’Akouédo » (Le Patriote, 11 août 2012). Le quotidien du Pdci titre à la Une : « Qui veut assassiner le S.G. du PDCI ? Arrêtez de livrer les militants du parti de Bédié à la vindicte populaire ! » Sous ces titres, il pointe du doigt « L’Expression et Le Patriote, deux journaux proches du Rdr » et pleurniche : « Alliance ne veut pas dire fusion. Qu’est-ce à dire ? Cela signifie que le Pdci-Rda a accompagné le président Alassane Ouattara et le Rdr dans la conquête du pouvoir d’Etat. Mais que le Pdci-Rda se réserve la marge de liberté de se prononcer sur les sujets qui engagent l’avenir de la Côte d’Ivoire. » (Le Nouveau réveil, n° 3162, samedi & dimanche 12 août 2012). On notera que le parti de Bédié se contente d’une chétive « marge de liberté » et sacrifie ainsi sa liberté. Tout est dit.


Bédié et ses « suiveurs » sont donc devenus des accompagnateurs d’Alassane Dramane Ouattara. Ils sont indéniablement les dindons de la farce dans leur alliance de façade avec le Rdr. Ramasser et grignoter les miettes qui tombent de la table du festin de Ouattara et du Rdr suffisent à leur bonheur. Le Rhdp est plus que jamais l’alliance de la corde - le Rdr - et du pendu - le Pdci. A l’image de cette alliance, le pacte entre Ouattara et Bédié est le pacte de la corde et du pendu.


En France, un homme politique a dit un jour que la droite française est « la plus bête du monde ». Et si la fraction poltronne de la bourgeoisie parasitaire qui dirige le Pdci lui avait déjà ravi ce titre peu glorieux ?  »


Lorsqu’Alassane Dramane Ouattara rentrera en Côte d’Ivoire, après sa virée chez le Pape Benoît XVI, Bédié viendra à ses pieds pour solliciter gentiment le maintien du Pdci au gouvernement, avec ou sans Ahoussou Kouadio Jeannot. Dans son immense bonté, Ouattara accédera à cette doléance, non sans lui avoir signifié ses oukases en ce qui concerne la modification de la loi sur le code de la nationalité et le foncier rural, entre autres. Bédié et le Pdci se mettront à plat ventre, la posture favorite des béni-oui-oui.
 


Par Deuxer Céi Angela. L’œil du juste


 


 





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