Dissolution du Gouvernement / Alafé Wakili, DG de l’Intelligent d’Abidjan : ‘‘Il y a des risques que tout se gâte’’

Après son périple aux Etats-Unis suite aux élections présidentielles qui ont vu la réélection de Barack Obama, de retour de mission à La Haye et à Paris, le Directeur Général de L’Intelligent d’Abidjan, Alafé Wakili s’est prononcé hier au micro de Christophe Boisbouvier de RFI, sur les récents événements dans son pays notamment sur la dissolution du Gouvernement Ahoussou. Entretien.

Samedi 17 Novembre 2012 - 07:39


Alafé Wakili, DG de l’Intelligent d’Abidjan
Alafé Wakili, DG de l’Intelligent d’Abidjan

Ce n’est pas la première fois qu’une coalition politique se divise sur une question de société, ça arrive partout dans le monde, pourquoi le Président Ouattara en a-t-il tiré une conséquence aussi forte par la dissolution du Gouvernement?

Ce n’est pas aussi la première fois qu’il y a des velléités de la part du Pdci. C’est peut-être l’ensemble des attitudes du Pdci qui a conduit le Président à prendre cette position assez forte.

Jusqu’à ce mercredi, on avait un président RDR, Alassane Ouattara, et un premier ministre Pdci, Jeannot Kouadio-Ahoussou, c’était le fruit de l’accord politique Ouattara-Bédié conclu entre les deux tours de la présidentielle 2010, la dissolution de ce mercredi est-elle le signe que ça ne va plus entre le Pdci et le RDR ?


C’est le signe qu’il y a un risque. Mais, je ne pense pour l’instant ,qu’on peut dire que ça ne va plus. Il y a des risques que tout se gâte. La tentation existe de part et d’autres. Il y a des clans au RDR qui estiment que le Président Ouattara et le Rdr sont assez suffisamment forts aujourd’hui pour aller tout seul sans le Pdci. Et, il y a d’autres personnes au Pdci qui estiment qu’on ne peut pas continuer à jouer le rôle d’accompagnateurs derrière le RDR. Donc, il faut faire attention à ce que ces extrêmes ne prennent pas le contrôle des choses.

Il y a six mois, lors d’un Bureau politique du Pdci, Henri Konan Bédié a dû subir les critiques de plusieurs de ses camarades de parti sur cette alliance avec le RDR. Qu’est-ce qu’ils reprochent à cette alliance ?


Ils reprochent un certain nombre de choses. Les procédures, les nominations, la gestion de la sécurité, la conduite de la réconciliation, les problèmes fonciers…

Peut-être trop de RDR à la tête des sociétés d’Etat et pas assez de Pdci ?


Il n’y a pas que ça ! Mais, au-delà de ces reproches, les questions du principe au niveau du Président de la République et du RDR est que nous sommes dans une alliance. Si vous n’êtes pas contents, est-ce que vous ne pouvez pas venir nous voir ? Est-ce que vous ne pouvez pas aller le dire au président Bédié ? Il ne s’agit pas d’amener à la pensée unique, mais au RDR et au Pdci on estime que les règles de l’alliance exigent d’éviter certaines déclarations publiques.

Donc la dissolution du gouvernement de ce mois de Novembre est peut-être la consqéquence de ce Bureau politique du Pdci, d’il y a six mois?


Oui, un peu! Puis des déclarations qui ont suivi du professeur Djédjé Mady, qui avaient amené le Premier ministre à un rappel à l’ordre.

Le professeur Djédjé Mady, Secrétaire général du Pdci, c’est justement l’un des députés frondeurs de ces derniers jours. Il visait la Primature, il ne l’a pas eue, il visait le perchoir, il ne l’a pas eu, est-ce qu’il n’y a pas de conflits internes au sein du Pdci?
C’est à tout ça que le Président veut peut-être mettre fin, il ne veut pas être comptable des conflits internes, donc il veut une autorité. Il veut que le Pdci parle d’une seule voix. Celle du président Bédié ou celle d’Ahoussou Jeannot.

Du point de vue du RDR, est-ce que cette dissolution n’est pas une manoeuvre d’intimidation pour mettre au pas le Pdci?


Le mot intimidation est peut-être un peu fort. Mais c’est une manoeuvre de clarification et de mise au point qui peut aboutir à une mise au pas et par rapport aux échéances à venir en 2015. C’est-à-dire, qu’on aura un Pdci assagi qui va soutenir loyalement le Président de la République dans le cadre d’une alliance.

Dimanche, est prévue une rencontre entre le Président Oattara et Bédié, en échange du maintien du Pdci à la Primature, est-ce que le RDR pourrait proposer à ce parti, une candidature unique à la présidentielle de 2015 qui serait celle du Président Ouattara?


Ça rejoint ce que je disais tout à l’heure. Si nous avons un Premier ministre Pdci qui reste en 2015, je pense que le Président Ouattara et le RDR n’ont pas besoin de demander au Pdci-Rda de soutenir la candidature de Ouattara? Ce sera tellement logique que je ne vois pas pour quelle raison on dira qu’on veut un candidat et qu’on ne soutient plus le Président sortant qu’est le Président Alassane Ouattara.

Retranscrit par A. Dedi
 
Source: L’Intelligent d’Abidjan
 





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