Discours du Président Don Goué Yorot de la Fédération des Wê de l’Amérique du Nord Prononcé devant l’ONU

Mardi 28 Août 2012 - 07:32


Discours du Président Don Goué Yorot de la Fédération des Wê de l’Amérique du Nord Prononcé devant l’ONU
Mesdames et Messieurs les Président(e)s des associations et ONG,
Distingués Chefs religieux,
Honorables invité(e)s
Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Avant de commencer, je souhaiterai que nos pensées se tournent vers tous nos parents qui ont perdu tragiquement la vie dans ces récurrents massacres et tueries orchestrés par le gouvernement de Mr Dramane Ouattara, leurs Dozos et les FRCI en Côte d’Ivoire précisément en pays Wê. Nous devons honorer leur mémoire et respecter les souffrances de leurs familles.

J’évoquerai la mémoire des victimes des tueries des premières heures de la rébellion armée en novembre 2002, de celle des victimes des tueries de petit Duékoué et Guitrozon du 31 mai au 1er juin 2005, de celle des nombreux hommes, femmes et enfants décapités dans la nuit du 28 au 29 mars 2011 à Duekoué carrefour , de celles des victimes du Massacre dans le camp de Nahibly, le 20 Juillet 2012 dernier, sans oublier celle des victimes de Doké le 13 mars 2011, de Bloléquin le 21 mars 2011, de Taï, bangolo, Facobly, Kouibly, Guiglo Toulepleu et partout ailleurs en pays WÊ.


Toutes ces personnes, sans distinction d’âge ou de sexe, ont payé de leur vie, le lourd tribut de cette guerre faite au peuple Wê.
Je suis convaincu que l’esprit bénéfique de toutes ces victimes souffle sur cette marche de protestation pour tenter d’apaiser définitivement nos esprits.
En leur mémoire, je vous prie de bien vouloir observer une minute de silence.

Je vous remercie.

Mesdames et Messieurs,
Depuis le déclenchement de la crise politique en Septembre 2002 en Côte d’Ivoire, les WÊ, (une appellation regroupant les Wobés et Guérés peuples originaires de l’ouest de la Côte d’ivoire précisément des villes de Facobly, Kouibly, Sémian, Man pour les Wobés et de Bangolo, Duékoué, Guiglo, Taï, Bloléquin et Toulepleu pour les guérés), ne cessent d’être la cible de massives violations gravissimes des droits de l’homme et du droit international humanitaire. Les autochtones Guérés et Wobés, hommes, femmes, enfants, et vieillards des civils pour la plupart sont victimes d’exactions. Des viols, des amputations, et des tueries sont commis en toute impunité et ce de façon récurrente violant les règles fondamentales des droits de l’homme.
L’invasion des populations allogènes, la spoliation systématique des biens ainsi que la dégradation extrême des conditions de vie des populations ne sont que de trop à toutes ces tragédies qui, comme un raffinement d’ironie et de perversité, frappe le peuple Wê.
Le Vendredi 20 Juillet 2012 dernier, une vapeur de mort a soufflé encore une fois dans l’Ouest ivoirien, instaurant du coup le deuil, comme un mal lancinant que rien ne vient enrayer. Oui, le destin du peuple WÊ aux accents de tragédie a encore bégayé. Hélas! L’histoire des massacres de Duékoué s’est encore répétée, atroce comme une malédiction.
En effet, les réfugiés Wê du camp de Nahibly à Duékoué ont été victimes de la barbarie des FRCI, miliciens pro-Ouattara et Dozos (chasseurs traditionnels) auréolés de l’onction du gouvernement De Mr Dramane Ouattara, sous le regard complice de la gendarmerie et des agents de l’ONU affectés dans la région. Munis de machettes, d’allumettes, d’essence et de fusils, ces quidams ont égorgé, brûlé et décapité plusieurs hommes, femmes et enfants déjà affaiblis. Cette randonnée macabre dont le bilan se chiffre de nos jours aux environ de 200 morts et plus est de trop dans ce qui est clairement identifié comme un génocide savamment planifié.
Face à la multiplicité de violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire vis-à-vis d’un peuple qui doit ses malheurs à son hospitalité légendaire, les richesses naturelles et minières de sa région, les membres de la Fédération des Wê de l’Amérique du Nord (USA-CANADA), par ma voix, élèvent une vive protestation et interpellent l’Organisation des Nations Unies (ONU) en lui demandant d’arrêter de se rendre complice des crimes de Mr Dramane Ouattara en Côte d’Ivoire.
Permettez-nous, cher auditoire, de nous adresser à L’ONU.
Mr Ban Ki Moon, Secrétaire de l’Organisation des Nations Unies (ONU),
Mr Bert Koenders, Représentant du Secrétaire général de l’ONU en Côte d’Ivoire,
Nous voulons, à travers cette lettre, attirer votre attention sur la vague de violence qui sévit continuellement dans l’ouest de la Côte d’ivoire précisément en pays WÊ devenu une poudrière à ciel ouvert.
En effet, l’Ouest de la Côte d’Ivoire est devenu le théâtre de fréquents affrontements. De graves exactions sont commises contre les populations civiles par les FRCI, miliciens Pro-Dramane et surtout Dozos (chasseurs traditionnels) souvent sous le regard impuissant des forces dites impartiales de l’ONUCI et La Licorne comme peuvent bien le témoigner les attaques de Nahibly, un camp de réfugiés essentiellement composé de population Wê.
Sans utiliser une rhétorique abusive, nous sommes en face d’un génocide en cours dans l’ouest de la Côte d’Ivoire et condamnons avec véhémence toutes ces attaques et le silence complice de vos agents de l’Onuci qui y sont affectés.
Le peuple Wê n’a que trop souffert des exactions du dictateur Dramane Ouattara et de ses parrains. Voilà pourquoi, nous, les fils et filles Wê des États-Unis d’Amérique et du Canada, réunis au sein de la Fédération de l’Amérique du Nord, exigeons l’implication de toute la communauté internationale dans la crise politique en Côte d’Ivoire pour arrêter le génocide et mettre ainsi fin à l’enfer silencieux que vivent nos parents à l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Nous voulons que l’Organisation des Nation unies exige :
1.La cessation immédiate des violations massives et gravissimes contre les populations dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire ;
2.Un arrêt de la chasse à l’homme sur les refugiés taxés injustement de miliciens de l’ex-président Laurent Gbagbo ;
3.Un arrêt des exécutions sommaires des populations par les miliciens de Dramane Ouattara, les dozos et les FRCI ;
4.Que la lumière soit faite sur les disparitions forcées et que les auteurs des arrestations arbitraires basées sur l’appartenance ethnique soient mis aux arrêts et jugés ;
5.Que les cas de torture et des traitements inhumains dégradants prennent fin ;
6.Que les auteurs des viols de femmes et fillettes soient inscrits sur la liste des crimes contre l’humanité ;
7.Le désarmement des personnes qui n’ont pas le droit de porter une arme.
8.Qu’une enquête internationale sur les nombreux crimes et massacres soit diligentée afin que cesse le climat d’impunité soutenu par le gouvernement de Dramane Ouattara ;
9.Le freinage des invasions abusives des allogènes dans l’ouest de la Côte d’Ivoire encourager par le gouvernement de Dramane Ouattara ;
10. Que les biens et terres des populations de l’Ouest confisquées soient restitués pour faire face aux défis de la réconciliation ;
11. L’assainissement des villes et villages pour un retour sécurisé des déplacés par les agents de paix des Nations Unies.
Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire et le peuple WÊ.
Je vous remercie.
Fait à New York le 24 aout 2012,
 
Mr Don Goué Yorot
Président de la Fédération des WÊ de l’Amérique du Nord,  USA-CANADA
Fédération des WÊ d’Amérique du Nord du canada
1348 Sheridan Ave suite 5c
Bronx, NY 10456
(347) 303 2413
fewan@gmail.com




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