Dialogue entre Mandela et ses invités à ses funérailles

Lors des cérémonies funéraires l’esprit de Nelson MANDELA est entré en dialogue avec plusieurs invités. Je fus donc témoin de ce dialogue qui a démarré entre MANDELA et OBAMA, puis a continué entre MANDELA et François HOLLANDE et enfin a fini avec Alassane OUATTARA.
Dans cette première partie, je vous fais écho du dialogue entre Mandela et Obama.

Lundi 16 Décembre 2013 - 01:21


Dialogue entre Mandela et Obama.


Question de MANDELA : Quelles leçons tirez-vous de mon combat  ?

Réponse de OBAMA: Vous avez combattu l’injustice raciale, combattu la haine raciale et forgé une nation arc-en-ciel par la force de la vérité et du pardon. Votre combat a été une source d’inspiration et d’engagement politique pour moi.

Question de MANDELA: Pourquoi n’avez-vous pas appliqué ces leçons dans les crises ivoiriennes, libyennes et syriennes ainsi que le règlement des conflits en Afghanistan, en Irak  ?

Réponse de OBAMA : C’est des pays qui étaient dirigés par des dictateurs et des terroristes. Il fallait asseoir la démocratie dans ces États. Ce qui signifie éradiquer ces pays de leurs dictateurs et autres terroristes.

Leçon de MANDELA à OBAMA: C’est exactement ces qualificatifs qui m’ont été affublés par vos prédécesseurs. Cela a été une erreur de jugement qui a contraint des milliers de Sud-africains en exil, des milliers d’autres en prison et qui a envoyé des milliers d’autres encore au cimetière cela sur une génération. Si à ma sortie des 27 années de prison, j’avais eu une attitude de revanchard, certainement beaucoup de racistes blancs seraient en prison, en exil ou au cimetière. J’ai, en effet, vaincu ma haine et j’ai pu combattre la haine dans le cœur des victimes de quelque couleur quelles soient et faire partager ma foi d’une Afrique du Sud arc-en-ciel. Les décisions politiques le temps d’un mandat de pouvoir, qui engendrent la haine dans le cœur d’un groupe même minoritaire, cultivent une paix précaire. Ces décisions sèment la graine des violences pour une longue période. Je comprends que vos méthodes d'installation de la démocratie dans les pays pauvres en bombardant les populations civiles et en massacrant leurs leaders qualifiés de dictateur ou terroriste sur des preuves la plupart du temps fallacieuses, sinon le plus souvent inventées voire erronées, n'affectent pas votre image en occident. Il arrive, même des fois, que vous gagniez des points dans les sondages. Car, les civils que vous bombardez dans les pays du tiers-monde n'ont pas le droit de vote en occident. Ainsi, semer la haine dans leur cœur par vos actes barbares n'impacte pas votre réélection dans vos pays. Mais sachez que vous ne réglez aucun problème. Vous ne semez que de la haine qui débouchera sur des guerres et du terrorisme. Faire triompher la vérité par le dialogue et combattre la haine dans chaque cœur, créent une paix durable. Il m’a fallu quatre ans pour la réussir en Afrique du Sud, pour briser la haine et faire triompher la vérité sans emprisonner, tuer ni contraindre à l’exil qui que ce soit. Vous êtes venu pour louer les résultats de ma méthode. Mon souhait le plus cher serait que ces professions de foi engendrent, non pas des croyants en ma personne, mais des pratiquants de ma méthode.
Prenons l'exemple de la Côte d'ivoire. En Côte d’Ivoire, une crise électorale éclate comme cela arrive un peu partout dans le monde: en France, en Haïti, même chez vous aux USA. Les procès-verbaux des élections existent. La quête de la vérité par un recomptage aurait réglé définitivement le problème. Au lieu de cela, vous avez soutenu la guerre et ce qui arrive en Côte d’Ivoire est ce qui est arrivé en Afrique du Sud. Leur leader Laurent GBAGBO est en prison taxé de terroriste et de dictateur comme vos prédécesseurs m’ont qualifié avec des milliers de morts, d’exilés, de prisonniers et une haine qui s'est installée dans les cœurs. Un conseil, si vous avez tiré un enseignement de mon histoire, libérez Laurent GBAGBO pour libérer la Cote d’Ivoire de la haine et créer dans ce pays les conditions pour la recherche et le partage de la vérité et le pardon.
L’autre exemple est la Libye. Vous dites que Kadhafi est un dictateur, soit. Mais, c’est ce dictateur qui a soutenu ouvertement mon combat pour libérer l’Afrique du Sud, donc vous voyez que si pour vous c’est un dictateur, encore qu'il n'est pas plus dictateur que certaines dictatures que vous soutenez au moyen orient, pour moi c’est un libérateur. Donc, admettez que je ne puisse, comme beaucoup de libyens d’ailleurs, avoir la même appréciation que vous sur la personne de Monsieur Kadhafi. Lorsqu’on décide d’aider une opposition pour une société de démocratie on ne l’aide pas avec des armes mais de préférence avec des idées et des arguments. Sinon, vous remplacez une dictature par une autre dictature plus féroce car la victoire par la force cultive la haine et la haine la violence et la violence la guerre ou le terrorisme.  Libérez Seif Al-Islam pour libérer la Libye de la haine et créer les conditions de dialogue, de recherche de la vérité et le pardon.
Partout, en Afghanistan, en Irak, en Syrie, vos prédécesseurs et vous, aviez armé l’opposition pour créer une société démocratique. Imaginez un tant soit peu une opposition américaine armée, êtes-vous prêt au jeu démocratique avec une telle opposition  ? Pourquoi demandez-vous aux autres ce que vous n’êtes pas prêt à accepter chez vous  ? Désarmez les oppositions et les milices, organisez des rencontres de vérité et de réconciliation, désarmez les cœurs en les libérant de la haine avec patience et persévérance pour un monde de paix. Le Nobel de paix exige de vous cet acte fort. Oui vous le pouvez  !

Votre envoyé spécial en Afrique du Sud
Dr Cheick DIABATE, université du Colorado, USA

Dans la prochaine diffusion, vous aurez le dialogue entre MANDELA et François HOLLANDE






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