Dialogue Gouvernement-FPI: Les 2 scénarios prévus par la communauté internationale

Derrière le rideau des négociations entre le gouvernement et le front populaire ivoirien (FPI), se joue l’avenir proche de la Côte d’Ivoire. Un enjeu immense bien perçu par la communauté internationale qui joue ici, le grand régulateur entre les frères ennemis ivoiriens.

Vendredi 27 Septembre 2013 - 08:31


Ci-devant :Danon Djédjé du FPI et Ahoussou Kouadio du gouvernement
Ci-devant :Danon Djédjé du FPI et Ahoussou Kouadio du gouvernement
Les retrouvailles entre le gouvernement et le front populaire ivoirien (FPI) ont eu lieu mardi dernier, en début de soirée, dans les locaux de la primature à Abidjan- Plateau. Un rendez-vous très attendu par tous les observateurs de la scène politique ivoirienne. Surtout que les deux parties étaient à nouveau face à face après un intermède de quatre mois, consécutif au boycott du FPI en signe de protestation contre l’arrestation de l’un des siens, Koua Justin, le leader de la jeunesse du parti à la rose. Au menu du jour, deux surprises. Côté gouvernement, le premier ministre Da - niel Kablan Duncan, qui depuis sa nomination au poste, a toujours conduit les échanges avec les partis de l’opposition, viendra juste porter à la connaissance de ses hôtes du soir que les négociations avec le FPI seraient désormais l’affaire de Jeannot Kouadio Ahoussou, ancien premier ministre et aujourd’hui ministre d’Etat sans portefeuille auprès de la  présidence de la République. Une sorte de vieux cheval qui n’a pas fait évoluer les débats avec les « frontistes » lors des premiers rounds de la discussion avec l’équipe gouvernementale, du temps de sa primature et de la morgue qui allait avec. Côté FPI, le président Pascal Affi N’guessan n’était pas de la partie. L’homme a préféré laisser le soin au ministre Sébastien Dano Djédjé de conduire la délégation où on comptait la présence des ministres Alphonse Douati et Ettien Amoikon, de la prési - dente Marie-Odette Lorougnon et du jeune Justin Koua. Une représentation à minima pour renouer les fils du dialogue politique avec le régime, sous des vents désormais favorables. La rencontre elle-même n’ira pas au-delà des salamalecs et autres civilités d’usage, puisqu’au terme d’une demi- heure environ, les deux délégations étaient face à la presse pour livrer leurs sentiments. On apprendra ainsi que tout ce beau monde se retrouvera la semaine prochaine pour rentrer, cette fois, dans le vif du sujet et que le FPI est resté dans sa logique de réconciliation mais de non compromission. Cela, après avoir dit niet à l’invitation gouvernementale à être reversé dans le cadre permanent de dialogue (CPD) où officient tous les petits partis de l’opposition ivoirienne. Des échanges suivis de près par la communauté internationale dont la face visible est composée de la France, Les Etats-Unis et l’organisation des Nations Unies. Un triangle de parrains qui a sa petite idée de la question qui se joue entre le régime Ouattara et son opposition significative. Deux scénarii ont été ainsi prévus. Dans le premier cas de figure, Ouattara, encouragé par les occidentaux, joue à fond la carte du dialogue avec le FPI et s’accorde sur un minimum acceptable avec ses interlocuteurs, s’agissant de l’assainissement du climat politique et des  réformes insti - tutionnelles à apporter pour construire une paix durable en Côte d’Ivoire. Ici, Ouattara reste toujours le principal maître du jeu en gardant l’initiative des décisions devant conduire à la concorde nationale. La réalisation d’un tel chantier, dans la tête de ses soutiens extérieurs, ferait passer le chef de l’Etat pour un faiseur de paix pour lequel aucun sacrifice n’est de trop pour réconcilier les Ivoiriens pendant que le FPI se verrait offrir là, l’occasion de participer à des élections crédibles en 2015 et de les remporter éventuellement. Deuxième tableau : Alassane, malgré les injonctions de la communauté internationale, joue de ruse avec le FPI en voulant gagner du temps. En faisant notamment des propositions dont il sait qu’elles n’emporteront aucunement l’adhésion des « refondateurs ». Le dialogue se bloque et les positions se crispent à nouveau faisant ainsi courir de graves menaces sur la paix sociale et les intérêts des puis - sances occidentales. Face à la situation, la France, les Etats-Unis et l’Onu, après s’être accordé avec le FPI sur les contours des « états généraux de la République » que les socialistes ivoiriens proposent  depuis quelques jours, au pouvoir,  accentuent la pression sur Ouattara pour aller dans le sens de cette initiative du FPI qui devra déboucher sur la formation d’un gouvernement de transition avec un premier ministre  issu des rangs de l’opposition, avec des pouvoirs élargis. Des prérogatives qui vaudront à ce dernier de conduire la plupart des réformes institutionnelles dans la perspective de la présidentielle de 2015. Le président Pascal Affi N’guessan est-il dans la confidence du triangle France-Etats- Unis-Onu au point de proposer à Ouattara une sorte de forum national à l’effet de trouver des solutions aux grands maux de la République, là où le chef de l’Etat se voit déjà élu en 2015 pour poursuivre son rêve d’une Côte d’Ivoire émergente à l’horizon 2020 ? C’est possible quand on voit l’assurance que dégage le président du FPI depuis sa sortie de prison. ▄

Géraldine diomandé

Soure: Aujourd’hui / N°466 du Jeudi 26 Septembre 2013




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