Deux ans de gouvernance Ouattara : La Côte d’Ivoire entre promesses et traques des pro-Gbagbo

Jeudi 23 Mai 2013 - 22:04


Deux ans de gouvernance Ouattara : La Côte d’Ivoire entre promesses et traques des pro-Gbagbo
Cela fait deux ans que Ouattara a prêté serment, tandis que la Côte d’Ivoire peine à amorcer une sérieuse politique de reconstruction post-crise. Alassane Ouattara a bouclé ses deux ans au pouvoir. Le 21 mai 2011, le président du Rassemblement des républicains (Rdr) recevait ses attributs en qualité de chef d’Etat. En présence de ses invités, et de ses «nombreuses amitiés de longue date», Alassane Ouattara prêtait à nouveau serment. Dans une salle de la Fondation Félix Houphouët-Boigny acquise à sa cause, Ouattara présentait sa feuille de route. Ce qui de son avis, lui permettrait de tenir ses promesses électorales et s’ouvrir au défi qui s’offre à lui. Malheureusement, deux ans après, la gestion du nouveau locataire du Palais présidentiel ne présente que des failles à tous les niveaux. Mais l’essentiel de son programme tourne autour des promesses incertaines et la traque des pro-Gbagbo. Alors que les ivoiriens pensaient que la page des promesses était tournée pour faire place au concret. Mais que non. Ils seront lamentablement déçus. Car jusque-là, rien n’a a été fait. C’est comme Ouattara était encore en campagne. Il continue de promettre monts et merveilles. Et les Ivoiriens attendent toujours la moindre réalisation d’une promesse. Même insignifiante soit-elle. Mais à l’arrivée, rien n’est fait. Le bilan est plus que jamais, décevant. La Côte d’ivoire continue d’attendre les valises de milliards promises. Et ces fameuses valises de milliards risquent de ne jamais arriver. Après plus de 80 voyages hors du pays, Ouattara peine à faire rentrer le moindre radis dans les caisses de l’Etat. En lieu et place des espoirs placés en lui par ses partisans, c’est la déception, la désillusion. Le chef de l’Etat a lui-même reconnu son incapacité à donner un souffle nouveau à la Côte d’ivoire. Dans la traditionnelle adresse à la nation, en début d’année 2013, Alassane Ouattara s’est vu contraint de jeter l’éponge face à la cherté de la vie et à la paupérisation grandissante. «L’argent ne circule pas, parce qu’il travaille», a-t-il lâché. Un aveu d’impuissance qui est très clair.

Alors qu’il sollicite «un second mandat pour pouvoir redresser l’économie du pays». A la grande surprise de tous. Pourtant pendant ce mandat, il met à nue les carences d’un régime aux abois. Faisant fi de cette faiblesse, le régime s’est lancé dans un plagiat inégalable. Jamais aucun ivoirien ne pouvait concevoir que le régime actuel ne trouvera à proposer de mieux que son prédécesseur. Le principe de la continuité de l’Etat n’existe que de nom pour les nouvelles autorités ivoiriennes. Mais contre toute attente, celles-ci s’accaparent les projets ambitieux du Président Laurent Gbagbo. Quoi de plus normal, quand on sait que le régime actuel n’évolue que par la pose des premières pierres. A n’en point finir d’ailleurs. Le stade de football annoncé à grande pompe, à Grand Bassam, peine à sortir de terre. Peut-être qu’il ne sortira jamais. Même son de cloche du côté du pont de la Marahoué de Bouaflé. Où les travaux sont au point mort. A l’image des nombreuses promesses aux issues quasi-incertaines que ne cesse de dérouler Alassane Ouattara. Pire, le président du parti-Etat, a battu le record de se mettre à dos, les mouvements de défense de droits humains, à cause des arrestations, des tortures et des détentions continuent et illégales des proches du Président Gbagbo. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest en passant par le Centre, les camps de tortures et de concentrations poussent pour un même objectif: Faire périr les proches de Laurent Gbagbo. La ville d’Abidjan seule détient plus de 11 camps de torture.

Un record jamais atteint dans l’histoire de la Côte d’Ivoire. Ainsi après deux ans de gouvernance, ce sont de nombreux sympathisants et militants du régime précédent qui croupissent dans les geôles du pays. Dans un dénuement total. Ils subissent les pires humiliations et traitements inhumains de leur vie. Selon les chiffres à notre disposition, ce sont au moins 700 prisonniers politiques qui vivent le calvaire du régime Ouattara. Quand le pays dans son ensemble, est pris en tenailles. En somme, deux après son investiture, le bilan de Ouattara est sombre. Très sombre même pour le malheur de la Côte d’Ivoire.

Toussaint N’Gotta



Publié le jeudi 23 mai 2013  |  Le Temps




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