Détention du leader du COJEP : On veut ’’ tuer ’’ Blé Goudé

Vendredi 29 Mars 2013 - 08:49


Détention du leader du COJEP : On veut ’’ tuer ’’ Blé Goudé
Charles Blé Goudé va-t-il perdre le Congrès panafricain pour la justice et l'égalité des peuples (COJEP) ? La bataille farouche, même si elle est encore larvée, que se livrent ses '' lieutenants '' pour le contrôle du mouvement, incline à y croire. L'arrestation brusque suivie de la détention du leader du Cojep, semble en effet avoir laissé un vide que les uns et les autres tentent de combler à travers cette guerre idéologique et/ou de positionnement. Cela sous le regard, impuissant, du ''charismatique'' Blé Goudé qui n'est plus là pour diriger la troupe comme aux heures de gloire de la galaxie patriotique. Encore moins, libre de ses mouvements comme il l'était en exil, où en dépit de la distance, il avait la possibilité de donner des consignes et des orientations par téléphone. Ce silence et cette inaction du leader, imposés par sa détention en « résidence protégée », aiguisent naturellement les appétits de récupération du mouvement. Surtout que celui-ci a été transformé en un parti politique déguisé, avec des structures spécialisées comme c'est le cas avec les grandes formations politiques. Toute chose qui accroît l'intérêt de récupérer le Cojep et tuer politiquement Blé Goudé, ou à défaut de le casser. Le meeting de la jeunesse du Front populaire ivoirien (Jfpi) qui était prévu le samedi 16 février 2013, et qui a été avorté, est perçu comme le point de départ de cette liquidation du Cojep. Pour ce meeting, Koua Justin et ses camarades étaient assurés du soutien, non négligeable, du Cojep. Par la voix du président de l’UJCOJEP (Union des Jeunes du COJEP), Dogbo Gnamaka, le mouvement de Blé Goudé s'était publiquement engagé à participer à cette manifestation, quand contre toute attente, Joël Poté et Blé Sépé Marc appellent les militants du Cojep à s'abstenir. Cette décision, qu'ils auraient d'ailleurs prise de « façon unilatérale, sans concertation, ni consultation préalable », va jeter la suspicion au sein du mouvement.

Contrôler ou casser le mouvement

Depuis lors, Joël Poté est accusé de vouloir « vendre » le Cojep. Certains n'hésitent pas à dire « qu'il est en mission pour mettre le mouvement de Blé Goudé à la solde du pouvoir en place ». D'autres vont plus loin pour dire que « Poté mange », notamment avec le ministre Hamed Bakayoko. Sa sortie va déchaîner une vague de réactions de certains coordinateurs du Cojep pour condamner la déclaration « unilatérale ». Des coordinateurs exigent même la convocation des membres statutaires à une Assemblée Générale Extraordinaire pour que Poté et ses hommes s'expliquent, quand d'autres encore demandent sa démission pure et simple. Selon des sources bien introduites au Cojep, Joël Poté serait en réalité le président du comité de crise du mouvement. Une décision qui aurait été prise par Blé Goudé lui même et communiquée à des proches, le jour de son audition par le juge d'instruction au palais de justice au Plateau. « A notre grande surprise, Joël Poté qui est bien informé de cette situation, parle de direction intérimaire. Nous avons alors compris qu'il veut récupérer le mouvement », indique notre source. Qui informe par ailleurs que Poté prévoit d'organiser une tournée dans les différentes coordinations du Cojep, pendant laquelle « il va démettre les coordinateurs dissidents, qui ne lui sont pas favorables, et les remplacer par ses hommes ». Pis, poursuit-elle, « il veut organiser un congrès, alors que nous venons d'en organiser un au cours de laquelle le Cojep a été transformé en mouvement politique, avec comme président Blé Goudé ». Il est surtout perçu derrière ces actions, une volonté d'effacer les traces du leader des jeunes patriotes au sein de son mouvement, et lui donner une nouvelle orientation. De l'avis d'observateurs avertis, la transformation du Cojep en mouvement politique lui aura été plus préjudiciable que salutaire. En donnant une forme politique à son mouvement patriotique de soutien à Laurent Gbagbo, Blé Goudé se mettait directement, et avec encore plus de vigueur, dans le viseur du régime en place. Qui le considère désormais comme un adversaire à abattre, au même titre que les partis politiques de l'opposition, dont le Front populaire ivoirien (FPI), et qui manœuvrerait dans l'ombre pour contrôler ce nouveau parti politique. Et le choix du régime serait porté sur Joël Poté, avec pour mission d’affaiblir le Cojep, à défaut de le soumettre.

Hamadou ZIAO



Publié le vendredi 29 mars 2013  |  L’Inter




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