Détention de Michel Gbagbo: Calixthe Béyala au pied du mur.

Mardi 24 Avril 2012 - 06:44


Détention de Michel Gbagbo: Calixthe Béyala au pied du mur.

Michel Gbagbo, en fils digne, était au domicile de son père, le jour du coup d’État historique contre celui-ci le 11 avril 2011. Comme tous ceux qui ont échappé à la mort ce jour là, Michel Gbagbo a été conduit à Hôtel du Golf où résidait le gouvernement des putschistes. De là, il a été conduit à Bouna pour y être incarcéré avec d’autres prisonniers politiques, dont Affi Nguessan, président du FPI ( Front populaire ivoirien, parti de Laurent Gbagbo). Sa détention est d’autant plus illégale et arbitraire que le Garde des sceaux, ministre de la justice, Me Jeannot Kouadio Ahoussou, actuellement premier ministre, n’a pu être capable de donner les raisons légales de sa détention. Au cours d’une interview télévisée le ministre de la justice a affirmé, face aux journalistes et à la nation, que Michel Gbagbo est incarcéré parce qu’il était avec son père le jour du renversement de celui-ci. Affirmation ridicule, pour le moins qu’on puisse dire. Détenu dans des conditions inhumaines, Michel Gbagbo a té récemment interné d’urgence à la Pisam. Depuis quelques jours, il est question de sa disparition de cette clinique, sans que l’on sache où il se trouve. De folles rumeurs (?) ont même annoncé sa mort.
Michel Gbagbo, de nationalité aussi française de par sa mère Jacqueline Chamois, est un cas qui n’a jamais ému les autorités politiques françaises. Les réactions de l’ensemble de la classe politique française sur le cas Michel Gbagbo sont très timides, pour ne pas dire quasi inexistantes. Aucune voix de cette classe politique ne s’est encore levée pour condamner vigoureusement et publiquement cette détention arbitraire et inhumaine de Michel Gbagbo, le franco-ivoirien, et exiger sa libération.
Cette indifférence de la classe politique française, plus particulièrement du gouvernement français, a fait l’objet de critique de la part de Calixthe Béyala, présidente du MAF (Mouvement des africains français). Le 14 avril dernier, lors du premier Congrès du Mouvement qu’elle dirige, la romancière Calixthe Béyala a fustigé le fait que de nombreux africains- français, tout comme Michel Gbagbo, croupissent dans des prisons à l’étranger dans l’indifférence totale des autorités françaises. Aucune réaction et aucune action de leur part pour exiger leur libération. Or ces mêmes autorités font preuve de diligence pour obtenir la libération de français, de franco-colombiens, de franco- Bulgares, de franco-israéliens, etc… Les cas d’Ingrid Betancourt (otage en Colombie), des infirmières bulgares (emprisonnées en Lybie), des membres de l’arche de Zoé (emprisonnés au Tchad), de Guilad Schalit ( emprisonné en Palestine), illustrent bien cet état de fait.
Au cours de ce congrès du 14 avril, Calixthe Béyal et son MAF ont reçu le soutien des socialistes, avec à leur tête le candidat à la présidentielle, M. François Hollande. Ils ont honoré le Congrès de leur présence. Peut-être que campagne électorale oblige…
En faisant de son MAF un Mouvement «d’obédience» socialiste devant peser de tout son poids dans la présidentielle et dans vie de la Nation française, Calixthe Béyala pourra -t-elle obtenir de la part de François Hollande, en cas de victoire au soir du 6 mai prochain, une injonction claire au régime dramanien, installé par l’armée française et les casques bleus de l’ONU, pour une libération rapide de Michel Gbagbo? Telle est la question essentielle qui mérite d’être ici posée.
Les regards sont donc désormais tournés vers Calixthe Béyala. Elle est au bien au pied du mur. Car après les discours, il faudra bien passer aux actes concrets pour obtenir des résultats concrets et salutaires. L’obtention de tels résultats contribuera inéluctablement à la grandeur du MAF. En y parvenant, le MAF ne sera sans doute pas perçu comme le produit d’une stratégie politique visant à rassembler un «troupeau» électoral autour d’un individu pour son propre positionnement politique ou social. Car si dans le psaume 23 David affirme que: «L’Éternel est mon Berger: Je ne manquerai de rien. Il me fait reposer dans de verts pâturages, il me dirige près des eaux paisibles.» (verset 1 à 2), en politique, c’est très souvent le contraire qui est vrai. En politique, en effet, c’est très souvent le troupeau qui conduit le berger dans de verts pâturages. C’est aussi cela la différence entre Dieu et les humains. Vivement, que Michel Gbagbo soit libérée par l’action salutaire du MAF, dans l’espoir que les conditions qui favorisent cette action soit créées au soir du 6 mai prochain.





ZEKA TOGUI.







 
 





Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !