Des révélations sur l'assinat du journaliste Désiré Gnonsio Oué par des FRCI

Mardi 19 Novembre 2013 - 03:14


Le journaliste, Désiré Gnonsio Oué, assassiné par des FRCI (Forces républicaines de Côte d'Ivoire)
Le journaliste, Désiré Gnonsio Oué, assassiné par des FRCI (Forces républicaines de Côte d'Ivoire)
Désiré Gnonsio Oué, journa - liste, rédacteur en chef du magazine chrétien «Tomorrow», a été fusillé à son domicile par des hommes armés qui l’ont abandonné agonisant dans une marre de sang, dans la nuit du vendredi 15 au samedi 16 novembre. Secouru par ses voisins qui l’ont transféré à la Polyclinique des Deux Plateaux à Cocody, Désiré Oué a succombé à ses blessures causées par plusieurs balles. Ses assassins ont été, presque instantanément, identifiés comme étant des «Frci». Selon un site pro- Ouattara, ces hommes armés seraient partis arrêter le journaliste  qui aurait ouvert le feu sur eux. Un récit invraisemblable donné au sujet  de ce crime monstrueux commis par les hommes d’Alassane Dramane Ouattara, a indexé ses miliciens armés pro- Ouattara, les Frci. Les faits sont clairs et vérifiables auprès de la famille de la victime. Le vendredi 15 novembre 2013, aux environs de 19h, des individus armés ont fait irruption au domicile Désiré Gnonsio Oué. Le journaliste n’était pas chez lui mais ses assassins ont réussi à y entrer en prenant en otage sa fille qui était sortie vider les poubelles. En l’absence du père, toute la maisonnée a été maîtrisée par les armes, tout comme la jeune fille.  Les assaillants ont élu domicile chez Oué, armes aux poings, en attendant le propriétaire des lieux. L’attente a duré près de 60 minutes. C’est peu avant 20h, Désiré Gnonsio Oué, comme à son habitude, rentre tranquillement à son domicile. Comme convenu avec son épouse depuis la fin de la crise postélectorale et l’insécurité qu’elle a entraînée, il frappe à la fenêtre en lieu et place de la porte d’entrée. Selon sa famille, Oué a mis en place ce «code» pour éviter justement que sa famille n’ouvre la porte à des malfrats. Car, cette fenêtre est en vitre et permet à la personne qui est à l’intérieur de voir celui qui se trouve à l’extérieur, sans être lui-même vu. Dès que les miliciens du régime Ouattara l’aperçoivent, ils ouvrent automatiquement le feu, atteignant grièvement de plusieurs balles le journalis - te. Le forfait accompli, les assassins partent de la mai - son, laissant leur victime dans une marre de sang et sans rien emporter. Ce sont les voisins alertés par les coups de feu qui vont essayer de sauver la victime en l’envoyant d’urgence à la Polyclinique des Deux Plateaux où Désiré Gnonsio Oué a rendu l’âme vers 21h. Presque instantanément, sous la plume de Jean Pierre Assa, le site internet pro- Ouattara «lementor.net» affiche le titre suivant : «Un milicien, animateur des Parlements et Agoras abattu» . Puis, lementor.net écrit les terribles lignes qui suivent : «Désiré Woué (sic), milicien et secrétaire général du parlement d’Angré, qui s’est illustré de façon très négative lors de la crise postélectorale dans cette zone, a été abattu alors qu’identifié, il avait ouvert le feu sur des éléments des FRCI venus procéder à son arrestation. Il avait disparu comme plusieurs de ses camarades lorsque les forces de Gbagbo étaient en mauvaise position. Durant la crise postélectorale, il faisait parti de ceux qui en plus de mettre des barrages, procédaient à des fouilles corporelles et incitaient les jeunes à dénon - cer tous ceux qui ne pensaient pas comme eux,  nous a indiqué un habitant du quartier au téléphone répondant au initial de P.M. Pour ces raisons, il était recherché depuis un moment par les forces de sécurité afin de répondre de ses actes devant les tribunaux comme la plupart de ceux qui ont pu être mis aux arrêts. Seulement, selon notre sour - ce, Désiré Woué n’entendait pas se retrouver devant la justice. Au vue des FRCI venus pour sa mise aux arrêts, il a ouvert le feu sur les FRCI afin de couvrir sa fuite. Malheureusement, mal lui en prit, plus malin que lui, les FRCI après une course poursuite ont fini par avoir raison de ce milicien qui avait endeuillé plusieurs familles». Le site lementor.net ne fait pas que se réjouir de cet assassinat crapuleux. Il annonce aussi d’autres crimes sanglants à venir : «Ainsi donc, après cette longue poursuite, il (Ndlr : Désiré Gnonsio Oué) a été abattu dans les rues d’Angré. Pour l’instant, ses complices qui ont changé de quartier ou de lieu d’habitation conti - nuent d’être recherchés afin de répondre de leurs actes devant la justice » , avertit le site pro-Ouattara. Malheureusement pour les criminels à la solde d’Alassane Ouattara, tout le récit de l’assassinant de Désiré Oué contredit leur version. D’abord, Désiré Gnonsio Oué ne vivait pas caché. S’il a été milicien, pourquoi devrait-il se cacher alors qu’Alassane Ouattara et son gouvernement sont en train de « réinsérer les ex-combattants» ? Veut-on nous faire croire que, finalement, l’ADDR piloté par Sarassoro, le fils de l’autre, ne concerne que les miliciens «Dioula» et les Dozos à la solde de Ouattara? En vérité, journaliste au magazine Tomorrow, Désiré Oué était presque sur tous les évènements, y compris les activités gouvernementales. C’est d’ailleurs dans ce cadre qu’il était présent aux assises de la jeunesse ivoirienne organisées par Touré Mamadou, Conseiller spécial d’Alassane Dramane Ouattara pour la jeunesse. Mieux, lors du « Press Club » organisé par l’Union nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI) pour annoncer ces assises, Désiré Oué était à la caméra face à Touré Mamadou (le Conseil spécial de Ouattara) et à Traoré Hamed dit MT (le président de l’UNJCI). Ensuite, cette version du crime donnée par le camp Ouattara est encore plus affreuse si l’on considère que nous sommes dans une République sous Alassane Ouattara, président imposé aux Ivoiriens par les armes et les bombes pour «réinstaurer la démocratie» que l’on était censé avoir perdue sous le Président Gbagbo. Car, dans une République, en démocratie, lorsque l’on a des griefs contre un citoyen, et qu’il a un domicile connu comme Oué, on lui adresse tout simplement une convocation en bonne et due forme. On n’envoie pas à son domi - cile des soudards armés pour le cueillir à rafales de kalachnikov. Or, selon le site pro- Ouattara, les Frci sont allés assassiner Oué sans aucune forme de procès. Rien qu’à ces aspects, l’assassinat de Désiré Oué est un crime crapuleux qui, il faut le craindre, pourrait donner raison à tous ceux qui croient dur comme fer qu’il existe, en Côte d’Ivoire, sur ordre du régime Ouattara, un plan d’exécution sommaire programmé contre des jeunes qui ont soutenu le Président Gbagbo. C’est la seule explication plausible pour cet assassinat perpétré sur la personne du journaliste Désiré Gnonsio Oué, origi - naire de Bangolo, Secrétaire Général des Parlements et Agoras de Cocody-Angré, rédacteur en chef du journal chrétien Tomorrow, froide - ment abattu à son domicile à Angré, dans la nuit du 15 au 16 novembre 2013, par des hommes en armes pro- Ouattara. En tout cas, voici comment deux ans et demi après la fin de la crise postélectorale, les exactions et exécutions sommaires continuent tandis que le pouvoir appelle les exilés et refugiés à rentrer en Côte d’Ivoire. Pour être froide - ment assassinés !? Le débat reste ouvert.

Koukougnon Zabril

NB: le titre est de la Rédaction

Source: Notre Voie  N°4569 du lundi 18 novembre 2013




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