Des entreprises multinationales plus riches que des pays

Mercredi 25 Avril 2012 - 00:05


Des entreprises multinationales plus riches que des pays
La compagnie pétrolière Exxon Mobil était la plus grosse entreprise au monde en 2000 mais aussi la 45e entité économique la plus importante devant le Pakistan ou le Pérou. Extrait d’un classement des Nations Unies qui a pris en compte la valeur ajoutée.
Des entreprises multinationales plus riches que des pays 
Exxon Mobil ou General Motors sont, au plan économique, plus importantes que des pays tels que le Pakistan ou le Perou. Ce constat émane d’un classement effectué par la Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement (CNUCED), organe rattaché à l’ONU, qui recense les cent entités économiques les plus importantes du monde pour l’année 2000, pays et entreprises confondues. Ces dernières trustant vingt-neuf places sur cent. La première entreprise multinationale, la compagnie pétrolière américaine Exxon Mobil,apparaît au 45e rang juste derrière le Chili et devant le Pakistan. Le Nigeria se positionne en 57e place entre le groupe automobile Daimler Chrysler et Général Electric.
L’intérêt de ce classement est d’utiliser un instrument de mesure commun. Alors que la taille des entreprises est habituellement représentée par son chiffre d’affaires, la CNUCED s’est basée sur la valeur ajouté créée par les entreprises, à savoir la somme des bénéfices avant impôt, des salaires, des amortissements et moins value pour l’année 2000. Ce qui permet de les rapprocher du critère de Produit Intérieur Brut, en vigueur pour les nations, et qui représente lui aussi la valeur ajoutée produite. Ainsi, les Etats-Unis se placent sans surprise en tête avec un PIB de 9000 milliards de dollars, soit plus du double de celui du Japon qui occupe la 2e place de la liste. La France étant cinquième avec un PIB de 1294 milliards de dollars. La première entreprise, ExxonMobil, affiche une valeur ajoutée de 63 milliards de dollars contre les 62 milliards de PIB enregistré par le Pakistan.
D’autre part, selon les conclusions de l’étude la valeur ajoutée des cent plus grosses entreprises a augmenté plus rapidement que le PIB des pays. L’importance de ces entreprises est donc de plus en plus grande. Les géants américains pèsent plus que les Etats
 
En réalité, la puissance économique des multinationales est loin de rivaliser avec celle des nations les plus riches.
Exxon, Coca-Cola, Microsoft et consorts aligneraient une puissance économique supérieure à celle des Etats. Dans la mythologie altermondialiste, cette idée occupe une place de choix. 
Une simple comparaison entre les puissances privées et les puissances publiques oblige à revoir légèrement ce discours pourtant bien rodé. La compagnie pétrolière Exxon, n° 1 mondial toutes catégories, devrait annoncer en 2009 un résultat d’exploitation de 58 milliards de dollars, selon les prévisions des analystes financiers.
Pour le comparer au produit intérieur brut des pays (leur richesse nationale), il faut ajouter à cette somme la masse salariale distribuée par le groupe. Soit, grosso modo, multiplier ce résultat par deux. Le « PIB » de la compagnie ressort donc à quelque 115 milliards. Au classement des nations, l’« Etat Exxon » n’occuperait ainsi que la cinquante-huitième place mondiale, entre la Nouvelle-Zélande (PIB : 132 milliards) et la Libye (113 milliards). Le géant de la communication AT&T arriverait au niveau du Bangladesh. Le distributeur Wal-Mart ne pourrait se comparer qu’à la Slovénie, et Coca-Cola, qu’à la petite Guinée équatoriale. 
 Pas de naïveté, cependant : que les 302 660 employés d’AT&T produisent autant que les 154 millions de Bangladais en dit long sur la force de frappe de l’entreprise américaine - ou sur la faiblesse de cette partie du monde. Mais pas de théorie du complot non plus : Microsoft - accusé de coloniser les ordinateurs avec ses logiciels - pèse « à peine » le douzième de la Pologne. 
Au-delà des chiffres, il faut constater aussi que, à l’heure de la crise mondialisée, la puissance publique fait son grand retour, et que des compagnies multinationales américaines viennent de solliciter l’aide des Etats souverains. Sitôt élu président de la Bolivie, en 2006, Evo Morales, suivant l’exemple de son voisin vénézuélien Hugo Chavez, nationalisait par décret les hydrocarbures du pays, au grand dam d’Exxon et de Total. « La prédominance des multinationales américaines est au coeur d’une contestation internationale permanente [...] notamment par l’organisation de manifestations et de contre-sommets », relèvent Pascal Boniface et Charlotte Lepri, les auteurs de 50 idées reçues sur les Etats-Unis (1). 
 Dans le secteur financier, les Etats étrangers n’ont même plus besoin de contester la puissance des multinationales de l’Oncle Sam. Les banques américaines réclament elles-mêmes de l’aide. Fin 2007, Citigroup, aux abois, tendait la main au fonds souverain d’Abu Dhabi pour recueillir 7,5 milliards de dollars. Au même moment, Temasek Holdings, le bras financier de Singapour, accordait 4,4 milliards de dollars à la banque de Wall Street Merrill Lynch, en manque d’argent frais. Et si demain ces banques multinationales se relèvent, elles devront composer avec leurs actionnaires publics étrangers.

Franck Dedieu

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