Des déchirures internes de l’opposition

Tout commença avec le rejet lors d’un Comité central, du maintien d’un représentant du FPI à la CEI par Affi. Déjà, il totalisait plusieurs non convocation de réunions statutaire, contrairement aux textes. Pour la CEI, le désaccord était si tranché que les frontistes ont dû décider par un vote à bulletin secret. Depuis le 05 mars 2015, Affi a finalement été suspendu par un comité central organisé conformément aux textes du parti.

Samedi 25 Avril 2015 - 06:33


I. Au FPI


Tout commença avec le rejet lors d’un Comité central, du maintien d’un représentant du FPI à la CEI par Affi. Déjà, il totalisait plusieurs non convocation de réunions statutaire, contrairement aux textes. Pour la CEI, le désaccord était si tranché que les frontistes ont dû décider par un vote à bulletin secret. Depuis le 05 mars 2015, Affi a finalement été suspendu par un comité central organisé conformément aux textes du parti. C’était aux yeux des militants, la seule voie d’issue pour mettre le parti en ordre de bataille avant l’échéance constitutionnelle d’octobre prochain. Entre temps et contre toute attente, Affi s’en remet désormais au pouvoir dont il a été victime dans son être profond, pour reporter sine die le 4ème congrès ordinaire. Cela été plus tard doublé, d’une demande manuscrite de la tendance Affi de mater l’autre courant. Tout ceci, autour de la question de « faut-il oui ou non, tourner la page Gbagbo ». Affi refusant que ce dernier postule à la présidence du FPI, d’autres, le voulant mordicus. En voici la preuve e son argumentaire : « «Je lance un appel solennel à tous nos camarades qui animent cette fronde incompréhensible et inopportune de rejoindre la légalité. La fronde et la déviance ne servent ni la cause de Laurent Gbagbo ni les intérêts du FPI et de la Côte d’Ivoire ». C’était le samedi 11 avril 2015 au 4ème anniversaire de la chute de Laurent Gbagbo qu’il organisait au QG, interdit à ceux auxquels il lance son appel.


II. Au Mouvement des Forces d’Avenir (MFA)


Azoumana Moutayé, a brusquement organisé un congrès à l’Hôtel du Golf pour démettre M. Anaky, le Président statutaire. Chacun des présidents se considère plus légitime et légal que l’autre. Des griefs sont portés par le nouveau patron aussitôt déclarés sans fondement par le président fondateur du
groupe. Le lieu et la promptitude de ce congrès tout de suite après le rejet de l’accord de Daoukro et la suspension de la participation du parti au RHDP ont fait dire que ce qui arrive au MFA, est la réponse du pouvoir Ouattara qui ne supporte pas la concurrence ou la défection. Pour lui, ce parti est de la coalition et ne doit pas « trahir »; le Président du MFA lui, reproche à ses anciens alliés du RHDP, de n’avoir pas assez ou même pas du tout, profité du gâteau de leur prise du pouvoir. Anaky venait plus ou moins récemment d’être nommé au CES après moult cris d’alarme en direction du Chef de l’État. Pour son « remplaçant » le MFA ne doit pas quitter le RHDP dont il est membre fondateur.


III. Au Parti Ivoirien des Travailleurs (PIT)


Ce parti était depuis le départ du Pr. Wodié nommé Président du Conseil constitutionnel par Dramane, sous la direction d’un autre enseignant. Le Pr. Aka Ahizi Daniel (2AD) est accusé de modification de la ligne parce que le PIT avait soutenu le RHDP sous Wodié. Son « remplaçant », le camarade Kouablan François voit donc d’un mauvais œil, le glissement du parti ver la gauche, qui selon le président « déchu » est la place naturelle et idéologique du PIT. Pour mémoire, il faut se souvenir qu’il en était ainsi sous le Front Républicain, groupement qui comprenait le FPI, l’USD du Pr. Zadi Zahourou. Dans l’absolu donc, 2AD ne faisait que ramener le PIT dans sa famille idéologique initiale. Mal lui en prend donc.


IV. Au PDCI post « appel de Daoukro »


Juste quatre dissidences menées par Konan Banny, l’Honorable KKB, l’Ambassadeur Essy Amara, et M. Loukou. Les deux premiers sont passés dire « bonjour » au garçon de Mama. Comme un ancien ministre Sénégalais. Ce qui a fait dire que le Woody de Mama est de nouveau le centre de la vie politique nationale. Ces anti appel de Daoukro n’ont ni démis HKB, ni créé des ondes de chocs comme on en voit ailleurs, dans leur parti politique. Disons qu’ils expriment démocratiquement leur point de vue. Sans plus. Cependant il faut dire que tout le monde ne voit pas d’un bon œil, cette liberté d’expression. C’est ainsi que des proches collaborateurs de Banny ont séjourné à la MACA et que, l’un des membres du staff d’Essy Amara, Bamba Souleymane a été porté disparu, pour ensuite, être retrouvé. C’est « un épiphénomène » selon le porte parole du gouvernement à la sortie d’un conseil des ministres. Comme pour dire « Attention, avertissement ! ». Attendons de voir le traitement qui sera infligé à KKB.


V. Que comprendre ou dire de tout ce remue ménage au sein des partis d’opposition ?


Les deux camps qui s’affrontent, le pouvoir et l’opposition, se regardent en chiens de faïence, et c’est peu dire. A y regarder de près, tous les coups sont permis. Des plus cruels et inhumains, (pour le FPI) aux « plus softs » pour les récalcitrants à l’appel de Daoukro mais, avec un seul et unique message pour tous : le locataire du Palais ne veut pas de concurrence. Tout le monde doit le soutenir, afin qu’il puisse chanter par la suite, qu’il avait donc bien gagné en 2010 et que conséquemment, il est bien majoritaire dans ce pays nôtre. La preuve, tous les partis se sont « spontanément » ralliés à sa seule candidature. Ce qui justifiera indirectement aussi bien la déportation de Gbagbo que la justice des vainqueurs, sans oublier le rattrapage.


VI. Projet de conclusion


La thèse d’une lutte de leadership nous paraît quelque peu limitée. Car, on le voit bien, ces groupements étaient depuis bien longtemps dans une posture permettant de dire qu’en Côte d’Ivoire, il y a le pouvoir et l’opposition malgré la foudre tombée sur le FPI depuis le 11 avril 2011. Par les bons soins de l’actuel patron du pays. Cela fait quatre (04) ans que Dramane Ouattara dirige de main de fer, la Côte d’Ivoire et il est admis, que ce dernier a pour ligne, de faire disparaître tout ce qui rappelle Gbagbo. L’épithète « pro Gbagbo » est un crime de lèse majesté et personne n’a encore pas dit le contraire ! La Côte d’Ivoire, sous le nouveau régime vit son plus cruel changement de régime ! Mais on peut tout aussi bien se demander s’il y a dans notre pays, des leaders mus seulement pas leur convictions politiques et non une vision de la politique, comme un banal moyen de gagner sa vie ! Cette seconde optique permet de comprendre les cas du PIT et du MFA pourraient asserter cela, sans aucune volonté d’insulter qui que ce soit. Tous disent vouloir le bien de l’Ivoirien, peu parlent de souveraineté nationale. Cependant, cinquante ans d’indépendance offerte ont amplement prouvé que la relation du cheval et de la monture qui est la nôtre n’est pas le bon choix. Au FPI, on accuse Affi de ne pas souhaiter le retour de Gbagbo. 2015 serait l’année de son année. Donc, il y va à fond la caisse. Il demande même au pouvoir qui lui a fait faire des pompes à Bouna, de maintenant tourner la violence vers ses adversaires internes. Le congrès de ceux-ci annoncé pour se tenir le 30 avril à Mama est menacé : Affi aurait demandé à son nouvel allié HamBack de ne pas en permettre la tenue! Il retourne le couteau qui l’a saigné contre ses camarades ! Sans état d’âme et le plus sereinement possible du monde. Résultat, il y a le FPI originel et le FPI version Affi. Tout ceci, pour le plus grand bonheur de l’homme qui veut être seul à briguer le vote des ivoiriens. Au PIT, l’accusation de déviance portée à 2AD « oublie » que ce parti a toujours été de gauche. Peut-on être « parti des travailleurs », et se ranger à droite ? Telle est la question sémantique qui se pose. Pourquoi et comment son géniteur le Pr.
Wodié a-t-il tourné casaque plus tard ? Lui seul le dira un jour mais, il est aussi aisé de supposer que le don de soi en politique, est une denrée rare sous nos tropiques. Il en va de même pour le MFA car, Anaky a été au commencement, allié et membre du FPI. A l’époque, c’était bien sous instruction de Gbagbo que le FPI encore clandestin, avait lancé une campagne de dénonciation de son emprisonnement par FHB. Des cartes postales avaient été éditées à son effigie : « cet homme est un prisonnier politique » en était la légende. Le dernier mot sera sur Affi. Cet homme a certainement cédé aux chants des sirènes. Que lui a-t-on promis ? Quel gage de sa fidélité a-t-il donné à Dramane pour subitement, devenir cet allié inconditionnel et soutenu à ce point par un pouvoir qui lui a infligé les pires traitements ? Au FPI, comme ailleurs, il n’y a pas de lutte de leadership. Il n’y a pas de conflit idéologique de base. Il y a des gens qui finissent par protéger leurs petite personnes. Parce que le leader est celui qui accepte le don de soi et en subi jusqu’au bout, les conséquences. Pas celui qui se compromet aux premières turbulences. La question de fond, c’est jusqu’où et pour qui/pourquoi, des gens entrent en politique ? Les déchirures au sein de l’opposition ne sont en fait ,qu’un tamis envoyé par la Nature, pour permettre aux ivoiriens de mieux connaître le personnel politique national. Affi veut aller à 2015, jetant par dessus bord tous les griefs fondés qu’il dénonçait. Les « dissidents du MFA et du PIT aussi. A tout le moins leur objectif est d’accompagner Dramane dans sa quête sanguinaire de légitimité. Ils le savent. On les imagine difficilement demander à la population de barrer la route pour « nationalité douteuse » selon l’arrêt de la Cour Suprême. On les imagine mal le faisant pour inéligibilité. Dramane n’est pas éligible, il n’y pas de jurisprudence qui tienne. A moins qu’au dernier moment ces messieurs ne se réveille. A malin, malin et demi dirait l’autre. Qui vivra verra ! Bonne journée à tous !



Contribution du Dr . GUEHOUN
Source: Aujourd’hui / N°876

 




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