Depuis Paris Djédjé Mady fait de graves révélations sur la mort de Désiré Tagro

CIVOX.NET
Lundi 30 Mai 2016 - 21:03


Le professeur Djédjé Mady
Le professeur Djédjé Mady

Alphonse Djédjé Mady, président du Conseil Régional du Haut-Sassandra, ancien Secrétaire général du PDCI-RDA et ex-président du directoire du RHDP, coalition politique au pouvoir en Côte d’Ivoire était face aux ressortissants du Haut Sassandra résidant en France. L’ancien bras droit du président Bédié a profité de l’occasion pour inviter la diaspora à investir dans leur région. Non sans manquer d’ouvrir un chapitre jamais su sur la grave crise postélectorale qui a secoué la Côte d’Ivoire en Avril 2011…

Initiée par M. Kipré Armand, président de l’association des ressortissants de la Sous-préfecture de NAHIO en France (Saïoua), la rencontre entre Djédjé Mady et les hommes, femmes du Haut Sassandra a eu pour cadre le 9 rue Honoré d’Estienne d’Orves dans le département de la Seine Saint Denis (France). Djédjé Mady et ses hôtes ont parlé prioritairement du développement de leur région en faisant au passage le bilan des actions initiées depuis un plus de 5 ans par le Conseil Régional dans les villes et villages du Haut-Sassandra.

Le président des ressortissants de la Sous-préfecture de NAHIO en France n’a pas tari d’éloges à l’endroit de Djédjé Mady qui a : « Donné un visage moderne et améliorer considérablement le quotidien des populations de la sous-préfecture de Nahio …» Equipée aujourd’hui grâce au Conseil Régional de plusieurs infrastructures de croissance économique dont : un collège moderne de plusieurs classes à base 4, un château d’eau, une maternité moderne et d’un hôpital urbain.

Prenant la parole, le professeur Alphonse Djédjé Mady qui était en compagnie de son épouse, cadre à l’Office National de l’Eau Potable (ONEP) a salué l’initiative et invité à son tour les cadres de la diaspora à investir dans le logement dans la région. « Les fonctionnaires qui travaillent dans toutes ces structures manquent encore de logements. Je vous invite donc à venir construire des logements à Nahio que vous pourriez mettre en location. Voilà par exemple ce que le Conseil Régional attend de vous les cadres de Nahio…»  a plaidé le patron du Conseil Régional.

REVELATIONS SUR LA CRISE POSTELECTORALE DE 2011…

Par la suite, la rencontre qui avait pourtant été balisée par les organisateurs contre les sujets politiques s’est pourtant achevée autour de la sensible question de la chute de l’ancien régime du président Laurent Gbagbo. Notamment les relations entre le célèbre prisonnier de la CPI et Djédjé Mady, la disparition tragique du ministre Désiré Tagro lors de l’assaut des forces mercenaires ivoiro-français sur la résidence présidentielle en avril 2011, l’absence inexpliquée de Djédjé Mady aux obsèques du Ministre Paul Antoine Bohoun Bouabré, tous cadres du canton Yocolo (Saïoua).

S’expliquant sur tous ces épineux sujets, Alphonse Djédjé Mady qui dit avoir connu Laurent Gbagbo « le 21 décembre 1968 à l’école normale supérieure d’Abidjan…» a précisé qu’entre eux : «Il n’y a jamais eu de zones d’ombres » avant de souligner que: « (…) Depuis l’université jusqu’à ce qu’on devienne adulte, les relations humaines de frères entre Laurent Gbagbo et moi n’ont pris aucun ombrage. Il avait ses choix politiques ce qui est tout à fait normal, j’avais les miens ce que je trouve tout à fait normal aussi…» C’est pourquoi, ne comprenant pas le mauvais procès qu’on lui fait parfois sur la chute de Laurent Gbagbo, Djédjé Mady s’est voulu clair et sans ambages: « Quand j’ai été élu secrétaire général du PDCI RDA, on m’a convié à un débat à la télévision et on m’a posé des questions concernant le président Gbagbo. J’ai dit à la face de la Côte d’Ivoire et je le répète encore aujourd’hui. Gbagbo Laurent est un frère. De Mama (village de Gbagbo) à Saïoua qui est le village de ma mère, il n’y a que la brousse qui nous sépare. Si on tient des réunions au PDCI pour dire qu’on va tuer Gbagbo, je serais le premier à aller lui dire : Laurent fait attention on veut te tuer. Mais si on fait des réunions pour voir comment le FPI va perdre le pouvoir je serais au-devant de la lutte. Il ne faut rien confondre. C’est ça la lutte politique…»

40 MILLIONS RECUS DE BOHOUN BOUABRE…

Concernant les deux personnalités du FPI (Bohoun Bouabré et Désiré Tagro) originaires comme lui de Saïoua, Il fera savoir qu’il n’y a jamais eu de brouilles entre eux. « Au plus fort de leur puissance, tous les deux m’appelaient, l’un grand frère (Bohoun Bouabré) et l’autre tonton (Désiré Tagro) et il n’y a jamais eu de nuages entre nous…» a assuré l’ancien président du directoire du RHDP.  Avant de révéler avoir reçu la somme de 40 millions de la part de Bohoun Bouabré en guise de participation personnelle à la construction de la maison qu’il habite jusqu’à ce jour. « Moi je n’aime pas cacher les choses. Un jour Bohoun Bouabré et moi nous nous sommes retrouvés à une cérémonie de sortie de promotion d’élèves policiers à l’école de Police. A la fin de la cérémonie il m’a dit : j’ai appris que tu es entrain de construire une maison. Je lui ai répondu oui. Il m’a dit on va aller visiter ton chantier. Nous nous sommes suivis pour aller visiter le chantier. Quand on a fini la visite, Bohoun Bouabré m’a dit : (…) Pour finir ta maison je vais t’apporter ma contribution. Le lendemain matin, Bohoun Bouabré m’a fait remettre 40 millions de FCFA comme participation personnelle à la construction de ma maison…»

13 MILLIONS POUR ACHEVER LA TOMBE DE BOHOUN BOUABRE DELAISEE AUX MOUTONS DU VILLAGE…

Ensuite, Djédjé Mady va expliquer aux ressortissants de Saïoua les raisons de son absence aux obsèques de son bienfaiteur. « Les hommes sont ce qu’ils sont ! Et quelque fois il ne faut pas provoquer une douleur inutile de parents qui ne comprennent rien. (…) Quand la nouvelle du décès d’Antoine Bohoun Bouabré est arrivée, les filles ou les femmes de Niakia (village de Bohoun Bouabré) qui pleuraient n’avaient qu’une seule chanson dans la bouche : « Djédjé Mady a tué Bohoun Bouabré... » J’ai donc jugé utile de ne pas aller aux obsèques pour ne pas provoquer des incompréhensions inutiles. Je n’ai donc pas été aux obsèques de Bohoun Bouabré pour ça. Mais quand on a fini de l’enterrer, je suis allé à Niakia et j’ai trouvé des moutons couchés sur sa tombe. J’ai pris la décision de faire le mausolée de Bouabré. J’ai déboursé la somme de 13 millions pour faire le mausolée…» a fait savoir l’ancien député-Maire de Saïoua.

SES RELATIONS AVEC LE PERE DE DESIRE TAGRO…

Avant d’évoquer la mort tragique du ministre TAGRO, Djédjé Mady a tenu à faire une précision sur ses relations avec le géniteur de celui qui é été lâchement assassiner par les troupes de Ouattara le 11 avril 2011 « Quand j’ai commencé à faire la politique à Yocolo, les premiers doyens qui me suivaient, qui me supportaient et avec lesquels je faisais mes tournées politiques, figurait le père de Désiré qu’on appelait TAGRO Super. Je ne veux rien citer ici mais je suis sûr que ce que je donnais à TAGRO Super a contribué certainement à la scolarité de TAGRO Désiré…»Cette inattendue mise au point faite, Djédjé Mady va alors expliquer les circonstances de la mort de Désiré TAGRO après avoir été transporté à l’hôtel du Golf.

« J’AI ENCORE CETTE FEUILLE AVEC LE SANG DE DESIRE TAGRO…»

 « On était reclus à l’hôtel du Golf. En ma qualité de président du directoire du RHDP, tous les matins je tenais des réunions sur la crise à l’hôtel du Golf. Et un matin je descendais de ma chambre pour aller à la salle de réunion quant au 3ème étage, j’ai rencontré le colonel Yao Yao Jules (haut les cœurs). C’est ce dernier qui m’annonce que sous la tente des soldats des Nations Unis qui servait d’infirmerie, se trouve TAGRO Désiré grièvement blessé et couché là-bas. Et que si on ne fait rien pour le faire partir de là, il n’avait pas de chance de s’en sortir. Je suis allé voir l’état de Tagro. Et effectivement on ne pouvait rien faire pour lui à cet endroit-là. Je lui ai dit : Je vais aller voir ce qu’on peut faire pour que tu partes d’ici. Et Désiré TAGRO a demandé de quoi à écrire. Le bic (stylo) que j’avais, je le lui ai donné. Je n’avais pas de papier. C’est sur les enveloppes de perfusions que j’avais qu’il a écrit le nom d’un médecin. J’ai encore cette feuille-là avec le sang de TAGRO. Et je suis parti immédiatement au secrétariat de Ouattara pour lui dire de faire sortir TAGRO de là sinon sa mort est certaine. On a envoyé un hélicoptère et c’est pendant qu’on l’opérait à la PISAM qu’il est décédé…» à révéler l’ancien président du directoire du RHDP.

CE QUE LUI ET GBAGBO SE SONT DIT A L’HÔTEL DU GOLF….

Djédjé Mady va conclure ses confidences sur la crise postélectorale en racontant avoir eu un échange qu’il tient à tenir toujours secret avec le président Laurent Gbagbo lorsque ce dernier a été transporté à l’Hôtel du Golf après son enlèvement le 11 avril 2011 de la résidence officielle de Cocody. « Quand on a arrêté le président Gbagbo j’ai été peut-être parmi les derniers ivoiriens à parler avec lui avant qu’on ne l’envoie au nord à Korhogo. Le ministre Ahoussou Kouadio et moi sommes montés dans sa chambre pour parler avec lui. Dieu seul sait ce qu’on s’est dit. Safemme (Simone Gbagbo) était couchée sur le lit. C’est le lendemain à 5 heures du matin qu’on l’a fait partir dans le nord. Ce sont des moments pénibles…» a conclu le président du Conseil Régional du Haut-Sassandra./.

AUGUSTIN DJEDJE à Paris

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