Démocratie et médiocrité

Vendredi 6 Juin 2014 - 07:49


Pascal Affi N'Guessan, président du Front Populaire Ivoirien
Pascal Affi N'Guessan, président du Front Populaire Ivoirien
Médiocrité des médiocrités, tout est aujourd’hui médiocrité en Côte D’Ivoire depuis l’installation d’Alassane Dramane Ouattara au pouvoir. Médiocrité dans la gestion des affaires de l’état, médiocrité dans la gestion des populations, médiocrité politique, médiocrité économique, médiocrité sociale, tout est médiocrité.
Cependant, dans les cercles privés comme dans les journaux qui leur sont proches et sur les réseaux sociaux, les fanatiques du RDR continuent de jaser à longueur de journée sur le dénouement de la réunion  du Comité central du FPI qui s’est tenu le samedi 31 mai 2014 et qui, au bout de près de 10 heures de débats houleux, n’a pas pu aboutir à un consensus autour de la levée ou non du mot d’ordre de boycott de l’opération de Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH).
Le régime ivoirien qui s’est aujourd’hui rendu compte de la grande popularité et de la force du parti socialiste ivoirien sur l’échiquier politique national, avait ardemment souhaité par la voix du ministre d’état Ahoussou Kouadio Jeannot, que cette levée soit faite de façon solennelle pour en retour rendre effectives ses promesses face aux exigences de Pascal Affi N’Guessan et de ses camarades, notamment la libération de tous les prisonniers politiques, le retour sécurisé de tous les exilés et réfugiés, le dégel des avoirs, la restitution des domiciles et sites privés occupés, etc.
Mais incapable de comprendre et d’appliquer les règles de la démocratie qui impliquent le respect des droits et des libertés, le RDR continue de se ridiculiser et d’humilier notre pays.La libération des prisonniers politiques s’est transformée en une farce grotesque, dans leur grande majorité les maisons des pro-Gbagbo sont toujours occupées, le régime tourne en rond et nous ramène à la case départ, en rusant avec le processus de réconciliation, en offrant des millions à des délinquants notoires pour empêcher les meetings du président du FPI au nord, en donnant des instructions aux sous-préfets pour couper l’électricité et interdire les rassemblements aux lieux prévus, etc.  
L’on sait aujourd’hui que le chantage honteux du régime Ouattara au FPI visait en réalité deux principaux objectifs:Montrer au plan national qu’il peut faire plier l’échine au parti fondé par Laurent Gbagbo et montrer au plan international qu’il maîtrise la situation socio-politique ivoirienne.L’un dans l’autre, Ouattara et son Gouvernement veulent déjà préparer les esprits à accueillir sans surprise réelle les résultats truqués des prochaines élections présidentielles d’octobre 2015.
Et comme l’ignorance et la mauvaise foi sont les choses les mieux partagées au RDR, ce parti, toute honte bue, trouve tout de même un moyen pour se réjouir du résultat de la réunion du Comité central, estimant que le FPI aurait purement et simplement désapprouvé Pascal Affi N’Guessan.Un de ses tracts préférés, le journal Le Patriote dont on connaît le don d’annoncer les pires cataclysmes (souvenons-nous qu’il avait très tôt prophétisé la division de la Côte D’Ivoire en deux), va même plus loin en nous apprenant que les militants du FPI veulent chasser AFFI.
En quoi le manque de consensus à la fin d’un débat démocratique et ouvert, une opposition majoritaire librement exprimée contre la levée du mot d’ordre de boycott, la décision de convoquer un Comité central extraordinaire d’ici peu pour statuer, pourraient-ils constituer un échec personnel d’Affi?Comme défini à l’article 38 des Statuts du FPI, “le Comité central est un organe de décision chargé de délibérer sur tous les problèmes à lui soumis par ses membres”.
Et même s’il nous est précisé à l’article 37 que le président du parti préside le Comité central, il va sans dire qu’Affi, comme chaque militant et membre de ce Comité, ne dispose que d’une seule voix qui en plus n’est au-dessus d’aucune autre voix dans le cas d’une décision commune engageant la vie du parti.Car ne l’oublions pas, l’article 5 des Statuts nous rappelle que “le Front Populaire Ivoirien consacre, conformément au principe de la liberté d’expression, l’entière liberté de discussion en son sein” quand l’article 6 nous précise que “la politique du parti doit faire l’objet d’un large débat démocratique (…)”.
Se plier à la volonté de la majorité même quand l’on aurait souhaité autre chose, éviter d’imposer son point de vue comme l'auraient fait bien d'autres et laisser chacun s’exprimer librement, tout cela fait partie de la culture démocratique du FPI, un parti fondé sur un ensemble de valeurs, d'idéaux et de principes politiques, sociaux et culturels dont la mise en pratique dans son fonctionnement démocratique déroute très souvent tous les observateurs.Comment donc des analphabètes et des cancres qui ont délibérément tourné le dos à la démocratie et instauré une hideuse médiocratie émergente en Côte D’Ivoire pourraient-ils être capables de comprendre cela?

Libre Opinion, une contribution de:
 

Océane Yacé, Politologue, Monaco,

oyace84@gmail.com
 




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