Déguerpissement musclé à Attécoubé hier : Le pouvoir rase Boribana, les habitants en colère

Mercredi 22 Octobre 2014 - 23:05


Des enfants, des adultes, des femmes et des jeunes surpris et choqués. Leur  bidonville de plus de 50 mille âmes situé dans la commune d’Attécoubé, qu’ils croyaient intouchable, est en pleine destruction depuis lundi  et mardi.  Surveillés comme du « lait sur le feu » , par « toute l’armée ivoirienne » , de  nombreux policiers, frci, gendarmes et marins,  les ont encerclées. tenus en respect, ils ont assisté, silencieux et  impuissants, malgré leur colère,  la mort dans l’âme,  à la destruction massive de leurs habitations.  
Plusieurs centaines  se sont écroulées les unes après les autres. Sous les coups de boutoir de la pelleteuse de service qui  détruit tout sur son passage.  Laissant à terre des milliers de gravats, occasionnant le désarroi des milliers de sans-abri, et des familles complètement sonnées. Chacun essaie de récupérer ce qu’il peut  de ces gravats. des tôles, des chevrons, des fils électriques et de fer… des jeunes, plus d’une cinquantaine, positionnés à une vingtaine de mètres tentent de s’en prendre aux forces de l’ordre   par des jets de pierre.  mais ils sont rapidement interpelés par leurs parents qui les ramènent au calme. « Regardez comme ils sont nombreux. Si vous les provoquez, ils vont tous nous tuer avec leurs armes », ont-ils averti leur progéniture qui crie à l’ingratitude du régime Ouattara. « Nous avons pris des risques pour Alassane Ouattara aux premières heures de la crise postélectorale. Nous nous en prenions aux véhicules qui passaient sur le boulevard de la paix. En les cassant, en agressant les chauffeurs et les autres passagers, en tirant à balles réelles sur eux. Parce que nous les considérions tous comme des pro-Gbagbo. L’armée ivoirienne à l’époque aurait pu nous massacrer. Mais elle ne l’a pas fait. Nous avions pris tous ces risques pour ce régime. Voilà comment il nous récompense ! », confie  K. Ousmane, un jeune burkinabè, né   il y a 20 ans, dans ce bidonville, peuplé en majorité de populations du nord de  la Côte d’ivoire et surtout d’étrangers de la sous-région ouest africaine (des maliens, des burkinabè, des nigériens…). C’est le triste spectacle qui nous a été donné de voir  en aval de ce bidonville où les démolitions ont touché toutes les maisons construites en bordure de la lagune Ebrié, polluée et envahie par  toutes sortes d’ordures… des démolitions qui ont aussi permis de libérer 30 mètres du bord  de la lagune. et de dégager les caniveaux qui débouchent sur la lagune. notamment, l’énorme caniveau qui sépare ce bidonville de l’école de formation de la marine nationale (ex-Ciapol). en amont, sur le boulevard de la paix, d’autres forces de l’ordre, veillait à tout dérapage. L’on pouvait dénombrer huit cargos de forces de l’ordre stationnés là. Les déguerpissements n’ont pas touché l’entrée de ce bidonville, par le boulevard de la paix .

Charles Bédé
Source: Notre Voie n° 4845 du mercredi 22 octobre 2014
 




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