Déclaration liminaire de la deuxième conférence de presse de la Coalition Nationale pour le Changement

Lundi 7 Septembre 2015 - 10:32


DEUXIEME CONFERENCE DE PRESSE DE LA COALITION NATIONALE POUR LE CHANGEMENT (CNC)
 

 
 

DECLARATION LIMINAIRE
 

 
 

Mesdames et Messieurs les journalistes,
 

Hommes et femmes des Médias,
 

Chers amis,
 

 
 

Au cours du Conseil des Ministres du mercredi 2 septembre 2015, le Chef de l’Etat, Alassane Ouattara, réagissant à la demande de dialogue exprimée par le Porte-parole de la Coalition Nationale pour le Changement (CNC) dans sa conférence de presse du lundi 31 Août, a déclaré en substance, et nous citons :
 

 
 

«(…) Nous n’avons pas reçu de lettre annoncée par la CNC qui, en réalité, n’est pas un parti politique…Nous avons beaucoup accompli dans le dialogue avec l’opposition et moi je me félicite des avancées qui ont été obtenues (…)». Fin de citation.
 

 
 

La CNC considère ces propos comme étant particulièrement graves, surtout venant du Président de la République. En réalité, M. Alassane Ouattara semble avoir parlé beaucoup plus comme le chef de parti qu’il est d’ailleurs demeuré ou comme candidat déclaré.
 

C’est pourquoi, la CNC tient à faire les précisions suivantes :
 

 
 

  1. En ce qui concerne les demandes d’audiences

 
 

Il n’est pas exact que M. Ouattara affirme qu’il n’a pas reçu les demandes d’audience formulées par la CNC. La preuve, de façon régulière, la Coalition a transmis deux courriers :
 

 
 

  • Le premier, date du 26 mai 2015. Sous la signature du Professeur Mamadou Koulibaly, au nom de la Conférence des Présidents, la CNC a écrit au Président de la République. La lettre a été effectivement réceptionnée ce même 26 mai, à 16h33, par le Service Courriers de la Présidence de la République. Ce courrier est resté sans suite ;

 
 

  • Le second date du 30 juillet 2015. Charles Konan Banny, Président de la CNC, a écrit à Monsieur Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire, aux fins de solliciter une audience au nom de la coalition. Cette lettre a été aussi réceptionnée le 12 août 2015 à 11h18, par le même Service Courrier de la Présidence.

 
 

A ce jour, ces deux courriers sont restés sans suite. Voilà les faits, telle est la vérité.
 

De deux choses l’une : soit il s’agit d’une vaine tentative de manipulation de l’opinion, soit d’une volonté délibérée de diaboliser de l’opposition.
 

 
 

  1. S’agissant du statut de la CNC

 
 

Nous tenons à rappeler que la Coalition Nationale pour le Changement est un regroupement de plusieurs partis politiques régulièrement constitués, d’Organisations de la Société civile et de candidats déclarés à l’élection présidentielle d’octobre 2015.
 

En soutenant que la CNC n’est pas un parti politique, M. Ouattara aurait-il oublié que le RHDP dont il est le candidat unique n’est pas non plus un parti politique ?
 

Et pourtant, cela n’a nullement empêché le président Laurent Gbagbo, en son temps, d’engager le dialogue direct avec ce regroupement de partis politiques aux fins d’arrêter les conditions consensuelles d’organisation de l’élection présidentielle de 2010.
 

 
 

  1. Pour ce qui est des prétendues avancées dans un soit disant dialogue avec l’opposition

 
 

Si le dialogue auquel M. Ouattara fait allusion avait abouti à des résultats concrets, le peuple ivoirien s’en serait aperçu. C’est bien parce que rien n’a été obtenu sur les questions essentielles conditionnant la tenue d’élections apaisées, transparentes, justes et démocratiques que la CNC a pris à témoin l’opinion nationale et internationale en rappelant les points qui doivent absolument faire l’objet d’un consensus préalable. Ces points sont les suivants :
 

  • Mise en place d’une Commission Electorale équilibrée et réellement indépendante ;

  • Adoption d’un Code Electoral consensuel ;

  • Etablissement d’une liste électorale consensuelle et acceptée de tous, conforme au Code Electoral et au Code de la nationalité ;

  • Liberté d’opinion et d’expression, et accès de tous les partis aux média d’Etat, même en période normale ;

  • Désarmement effectif de toutes les milices, y compris les dozos, et encasernement des FRCI ;

  • Respect strict de la Constitution, notamment en son article 35 relatif aux conditions d’éligibilité à la Présidence de la République.

 
 

Si le chef de l’Etat estime que ces points ont été discutés avec l’opposition, qu’il rende alors publics les résultats de ces échanges tels qu’acceptés d’accord parties, tout comme les audiences publiques de la CDVR ainsi que le rapport final de sa mission.
 

La CNC rappelle à M. Ouattara que les problèmes d’intérêt national qu’elle n’a de cesse de soulever ne datent pas d’aujourd’hui. On se souvient, en effet, que :
 

 
 

  • Dès le mois de septembre 2011, le Front Populaire Ivoirien (FPI), aujourd’hui membre de la CNC, avait souhaité, sans succès, des discussions directes avec le Chef de l’Etat ;

  • Dans le cadre de la plateforme appelé Cadre Permanent de Dialogue (CPD), le Gouvernement a royalement ignoré les propositions de l’opposition, et a reconduit une Commission électorale dont la dépendance structurelle et règlementaire viole entièrement les dispositions de l’article 32 de la Constitution. L’on se rappelle d’ailleurs, à ce propos, la démarche entreprise à l’époque auprès du Conseil Constitutionnel par 25 députés membres du PDCI-RDA aux fins de dénoncer la mainmise du Président de la République sur la Commission Electorale ;

  • On ne peut raisonnablement soutenir que les problèmes sont réglés quand les média d’Etat restent otages du régime depuis avril 2011 ; quand des milliers d’Ivoiriens sont contraints à l’exil ; quand des prisons restent peuplées de plusieurs centaines de détenus politiques sans jugement.

  • Comment peut-on se satisfaire d’une situation où l’insécurité est devenue le quotidien des Ivoiriens, où des bandes armées disséminées à travers le territoire national commettent, en toute impunité, les pires exactions ?

  • On ne peut pas sérieusement prétendre que tout va pour le mieux en Côte d’Ivoire quand la partie Nord de notre pays reste encore inaccessible aux adversaires politiques de M. Ouattara.

 
 

Comme on le constate, les conditions injustes dans lesquelles le régime Ouattara s’obstine à conduire la Côte d’Ivoire à l’élection présidentielle prévue pour cette année sont porteuses, de fortes incertitudes, et sont susceptibles de faire basculer notre pays dans l’aventure. Le dire pour attirer l’attention de la Nation et du monde entier ne constitue en rien une menace, mais plutôt un appel au sens des responsabilités. La CNC entend assumer, sans faiblesse, les siennes.
 

 
 

En tout état de cause, aujourd’hui encore, la Coalition Nationale pour le Changement, reste convaincue qu’il n’est pas encore tard pour s’asseoir et discuter afin de préserver la Côte d’Ivoire des dangers qui la guettent. Je vous remercie.
 

 
 

Fait à Abidjan, le 5 septembre 2015
 

Pour la Coalition nationale pour le Changement
 

Le Porte-parole principal
 

Le ministre Jean-Jacques Bechio





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