Déclaration liminaire de la conférence de la CNC tenue le 31 août 2015

Mardi 1 Septembre 2015 - 10:21


CONFERENCE DE PRESSE DE LA COALITION NATIONALE POUR LE CHANGEMENT (C.N.C.)
 

 
 

DECLARATION LIMINAIRE
 

 
 

La période ouverte pour le dépôt des dossiers de candidature à l’élection présidentielle s’est achevée le 25 Août 2015.
 

Quatre personnalités membres de la Coalition Nationale pour le Changement (CNC) ont déposé leurs dossiers auprès de la Commission Electorale.
 

Il s’agit de Messieurs :
 

- Charles Konan BANNY,
 

- Jérôme KABLAN BROU,
 

- Bertin KOUADIO KONAN et
 

- Mamadou KOULIBALY
 

Ce geste est un gage de bonne foi et de bonne volonté de la CNC qui, dès sa création, a décidé d’inscrire son action dans la légalité républicaine.
 

C’est, au demeurant, l’attitude qui a caractérisé toutes les actions qu’elle a menées jusqu’à ce jour, notamment ses réunions publiques dans les villes et communes de Yopougon, Koumassi, Abengourou, Man et San Pedro, à l’exception notable de Korhogo où des hordes de jeunes surexcités, avec la complicité de certaines autorités politiques et administratives locales, ont empêché la tenue du meeting du 15 Août 2015.
 

Autant la CNC n’entend pas se laisser distraire par les comportements belliqueux des ennemis de la paix et de la tranquillité, autant elle affirme qu’elle ne renoncera pas à son combat pour l’instauration de conditions indispensables à la tenue d’élections justes, transparentes et démocratiques.
 

Ces conditions, énoncées dans la Charte de la CNC, peuvent se résumer en quelques points :
 

  • Mise en place d’une Commission Electorale équilibrée et réellement indépendante, représentative de l’ensemble de la classe politique ;

  • Adoption d’un Code Electoral consensuel ;

  • Etablissement d’une liste électorale consensuelle et acceptée de tous, conforme au Code Electoral et au Code de la nationalité ;

  • Liberté d’opinion et d’expression, et accès de tous les partis aux média d’Etat, même en période normale ;

  • Désarmement effectif de toutes les milices, y compris les dozos, et encasernement des FRCI ;

  • Respect strict de la Constitution, notamment en son article 35 relatif aux conditions d’éligibilité à la Présidence de la République.

La CNC tient à informer l’opinion nationale et internationale que dès le 15 mai 2015, date de sa création, elle a adressé des correspondances au Chef de l’Etat, Alassane Ouattara, et à son Gouvernement, leur demandant d’ouvrir le dialogue avec elle sur tous les points qui viennent d’être évoqués, et sur d’autres, contenus dans sa Charte, afin de créer les conditions de l’organisation d’élections apaisées et crédibles, susceptibles de contribuer à l’établissement d’une paix durable en Côte d’Ivoire.
 

A ce jour, la CNC n’a enregistré que le silence et le mépris de ces autorités, qui n’ont pas daigné accorder la moindre considération à sa requête.
 

Il est vrai que des personnalités membres de la CNC ont déposé leurs dossiers de candidature pour les élections présidentielles, mais cela ne doit entrainer aucune équivoque dans l’esprit des uns et des autres.
 

En effet, la CNC tient à préciser qu’il n’existe point de relation de cause à effet entre le dépôt des dossiers de candidature et la tenue de l’élection présidentielle. Elle prévient, en conséquence, que l’élection présidentielle prévue en Octobre 2015 ne pourra se tenir que si les revendications qu’elle présente depuis plusieurs mois – et qui rencontrent les préoccupations de la grande majorité des Ivoiriens – ne continuent pas d’être écartées avec arrogance et mépris par les tenants du pouvoir, mais sont prises en compte, dans l’intérêt supérieur de la Nation.
 

La CNC juge inacceptables les menaces permanentes de toutes sortes proférées contre elle et l’opposition en général par le pouvoir RDR, tendant à assimiler ses prises de position à une atteinte à la sûreté de l’Etat, à un complot contre l’autorité de l’Etat, à un trouble à l’ordre public ou à un crime de lèse-majesté.
 

Dans aucun pays démocratique au monde, le fait pour une opposition ou même pour des citoyens de réclamer des conditions d’une élection juste, transparente et équitable n’est assimilé à un crime ou à un délit.
 

Les tenants du pouvoir ne cessent de répéter que la Côte d’Ivoire est un Etat de droit. Si tel est le cas, alors on comprend mal que les textes soient à géométrie variable : il ne peut pas y avoir d’un côté ceux à qui on applique les textes de façon particulière et, de l’autre, ceux qui, étant au pouvoir, peuvent se permettre de faire ce qu’ils veulent avec ces mêmes textes.
 

Persister dans cette voie en brandissant à chaque fois la menace de la répression par les armes et l’emprisonnement, n’est pas une attitude sage, mais une attitude qui continue de maintenir la Côte d’Ivoire dans un climat d’incertitude, susceptible d’ouvrir la voie à des aventures plus douloureuses que celles que nous connaissons depuis 2011.
 

Il est encore temps de s’asseoir et discuter.
 

C’est pourquoi la CNC tient à interpeller le Conseil Constitutionnel sur son devoir d’équité, d’honnêteté et d’impartialité dans le traitement des dossiers de candidature qui lui sont soumis. La CNC déclare qu’elle le tiendra pour seul responsable des conséquences qui pourraient découler d’une interprétation politicienne, par lui, de la Constitution.
 

La CNC, qui est profondément attachée à la paix et à la légalité, tient une fois encore à préciser que ces prédispositions ne doivent être assimilées ni à de la faiblesse, ni à la peur. Elle demande à tous ses militants de rester mobilisés, déterminés et vigilants, dans l’attente des mots d’ordre qui leur seront donnés, si la situation venait à l’exiger.
 

Abidjan, le 31 août 2015
 

 
 

Pour la CNC
 

Le ministre Jean Jacques Béchio
 

Porte-parole
 

 





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