Déclaration du Mouvement de Solidarité Démocratique (MSD) relative au projet de nouvelle Constitution de Monsieur Alassane Dramane Ouattara

Mercredi 19 Octobre 2016 - 00:05


En juillet 2000, l’actuelle Constitution de notre pays a été adoptée par voie référendaire à plus de 86% par le peuple de Côte d’Ivoire. Cette Constitution de la deuxième République avait été discutée sous la transition conduite par le Général Robert Guéi. Les travaux de cette Constitution avaient impliqué toutes les organisations tant politiques qu’associatives de notre pays. Ce qui avait d’ailleurs valu à l’actuelle Constitution d’avoir l’adhésion de tous les partis politiques sans exclusive et des différentes organisations de la société civile. Il est également vrai qu’aucune Constitution n’est parfaite même celle des USA. C’est pour cela qu’il existe la possibilité de modification. Mais dans le cas de la volonté du pouvoir actuelle, le fond et la forme de la démarche engagée posent problème.

 

D’abord sur l’opportunité, le chef de l’Etat n’a aucune légitimité d’engager le pays sur la voie d’une nouvelle Constitution puisqu’il a violé lui-même les recommandations prescrites par les Accords de Marcoussis ;

 

Ensuite, il a désigné tout seul, sans aucune consultation et sans avis de l’opposition, de celle de la société civile et des personnalités représentatives de ce pays, une équipe d’experts. En agissant ainsi, le chef de l’Etat ne fait autre chose qu’une fuite en avant qui illustre encore une fois la spécialité de ce pouvoir, à savoir la diversion là où le peuple de Côte d’Ivoire attend une réconciliation viable pour panser les plaies et repartir dans la concorde sur de bons pieds.

 

En fait, la Constitution de la Première République et celle actuelle ont ceci de consensuel que la succession à la magistrature suprême, est institutionnalisée. Plutôt que cela, le chef de l’Etat veut désigner lui-même son successeur, accentuant ainsi la conversion de notre pays en une République bananière, portant une opposition artificielle entre les populations, au profit d’un petit clan.

 

Les questions foncières et autres dérives graves ainsi portées à notre loi fondamentale appellent toute la population, femmes et hommes, jeunes et vieux à braver la peur. Il ne s’agit pas aujourd’hui d’un appel d’un camp contre un autre. C’est le peuple de Côte d’Ivoire qui doit se retrouver au-delà des entraves et des brimades d’un pouvoir qui est vomi par tous, à cause de sa gouvernance outrancière.

- Considérant que ce projet de nouvelle Constitution et de la 3ème république est en train de raviver gravement la tension menaçant ainsi la cohésion sociale déjà fragile ;

- Considérant que ce projet n'est pas opportun dans l’état actuel des choses ;

- Conscient des graves dangers que la démarche du chef de l’Etat fait courir au pays ;

- Entendant les aspirations du peuple de Côte d’Ivoire ;

 

le Mouvement de Solidarité Démocratique apporte son soutien sans faille au Front du Refus et appelle tous les Ivoiriens, toute la Diaspora ivoirienne et les démocrates du monde entier à soutenir le peuple de Côte d’Ivoire qui souffre le martyr sous les sévices d’un pouvoir autoritaire qui achète le silence et une presse belle.

 

Pour nous, MSD, le plus urgent aujourd’hui est d’œuvrer pour la vraie réconciliation entre les Ivoiriens en vue de régler les problèmes réels qui sont :

 

  • Le retour des exilés ;

  • La libération de tous les prisonniers politiques ;

  • La restauration de l'Etat de droit et de la démocratie ;

  • La santé et la sécurité des populations ;

  • Et la question du chômage des jeunes…

 

Dans un pays comme le nôtre, bâti sur le socle d’un brassage séculaire de divers ordres, le droit à la différence doit être préservé.

 

Aussi, la multiplication des actes anti-démocratiques a-t-elle atteint un seuil culminant qui est inacceptable.

 

C’est pourquoi le MSD demande à l'exécutif de retirer sans condition son projet d’une nouvelle Constitution pour ouvrir sans délai la voie d’une réconciliation viable.

 

Le MSD qui a pour doctrine la Côte d’Ivoire appelle ici et maintenant chaque Ivoirien à défendre les intérêts supérieurs de tout le pays. Le devoir s’unir est grand. L’heure ne permet pas de s’enfermer dans des intérêts d’un clan.

 

Le jeudi 20 octobre 2016, le peuple souverain doit commencer à arracher sa liberté en sortant massivement.

 

Fait à Paris, le 18 octobre 2016

Pour le MSD (Mouvement de Solidarité Démocratique),

La Secrétaire Générale, Jeanne Gnoyéré





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