Déclaration du Front Populaire Ivoirien relative au contentieux électoral du Gabon.

CIVOX.NET
Vendredi 16 Septembre 2016 - 13:15


  1. Le 27 août 2016, le peuple gabonais a été convoqué aux urnes pour l’élection de son président de la République. Au terme du scrutin, M. Ali Bongo, le président sortant, a été déclaré vainqueur avec 49,80% des suffrages exprimés, selon un communiqué lu par le Ministre de l’Intérieur, sur la base du procès-verbal général dressé par la Commission Electorale Nationale Autonome et Permanente (CENAP), l’Institution chargée des élections dans le pays. Selon cette institution, le candidat d’une partie de l’opposition, M. Jean Ping, arrivé en seconde position, a recueilli 48,23% des voix.

  2. Dès l’annonce des résultats provisoires, le 31 août 2016, les partisans de M. Jean Ping ont violemment manifesté dans les rues de Libreville et dans certaines villes de l’intérieur du pays. Le bilan officiel de ces violences est de 05 morts, des centaines de blessés et d’importants dégâts matériels.

  3. Le principal challenger de M. Ali Bongo a vivement contesté les résultats du scrutin et exige depuis lors le recomptage des voix, bureau de vote par bureau de vote ; principalement en ce qui concerne les résultats  de la province du Haut- Ogooué où son rival est crédité de 95,46% des voix pour un taux de participation de 99,93%. M. Jean Ping a par ailleurs saisi la Cour Constitutionnelle du Gabon à l’effet d’invalider les résultats de ladite élection  et de procéder au recomptage des voix en présence d’observateurs internationaux.

  4. En attendant la décision de la Cour Constitutionnelle, le Gabon se trouve ainsi confronté à la plus importante crise postélectorale de son histoire.

 
  1. Le Front Populaire Ivoirien considère qu’une contestation des résultats  d’une élection est une démarche démocratique, dès lors que cette contestation repose sur des bases légales. On peut, en l’occurrence, recompter les voix de l’élection. De ce fait, la situation gabonaise n’est pas un cas inédit. A titre d’exemple, à l’issue du scrutin présidentiel qui avait opposé Messieurs George Walker Bush et Albert Gor, en novembre 2000 aux Etats Unis d’Amérique, M. Gor qui contestait la victoire de son rival avait exigé et obtenu le recomptage des voix avant que le contentieux ne soit vidé par la Cour Suprême de ce pays, présenté comme l’une des plus grandes démocraties au monde.

  1. En ce qui concerne le Gabon le FPI constate, qu’après avoir déversé, sans succès, ses partisans dans les rues, M. Jean Ping en est aujourd’hui à exiger le recomptage des voix, contestant ainsi la victoire déclarée de M. Bongo. Il est suivi, dans cette voie, par certaines puissances étrangère dont la France, les Etats Unis et l’Union Européenne, au nom d’une certaine sagesse qui éviterait au Gabon de sombrer dans le chaos ;

  2. Le FPI rappelle qu’en novembre 2010, c’est un contentieux électoral sur le résultat de l’élection présidentielle qui avait opposé le Président Laurent Gbagbo à M. Alassane Dramane Ouattara. Pour éviter aussi à la Côte d’Ivoire de sombrer dans le chaos et en vue d’épargner à ce pays des morts inutiles, le Président Gbagbo, en bon démocrate, avait proposé la solution que requiert la pratique démocratique en pareille circonstance ; à savoir le recomptage des voix pour établir la vérité des urnes ;

  3. Le FPI regrette qu’à cette voie pacifique, pleine de sagesse, proposée par le président Laurent Gbagbo, la communauté internationale, y compris la Commission de l’Union africaine dont M. jean Ping assurait alors la présidence, ait opposé une option guerrière, une voie militaire dont les effets pervers continuent de fragiliser la Côte d’Ivoire ; surtout du fait de la déportation et de la détention arbitraire, à La Haye, de celui qui a voulu préserver la Côte d’Ivoire de la violence et du désordre, le président Laurent Gbagbo.

  4. Le FPI marque son étonnement face à l’attitude de M. Jean Ping et son amère déception en ce qui concerne la communauté internationale. Ils semblent, en effet, découvrir subitement aujourd’hui, dans le cas gabonais, les vertus du recomptage des voix dans un contentieux électoral

  5.  Pour le Front Populaire Ivoirien, l’exigence du recomptage des voix par M. Jean Ping, soutenu en cela par les puissances occidentales, est la preuve patente que le président Laurent Gbagbo qui avait gagné l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, était dans son droit en 2010 et avait raison de proposer cette voie pacifique et démocratique ;

  6. Le FPI invite, par conséquent la Communauté internationale à prendre conscience, de façon responsable, de son erreur et à procéder, sans délai, à la mise en liberté du président Laurent Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé ;

  7. Le FPI considère  à présent que le procès du président Laurent Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé doit prendre immédiatement fin ; tout comme tous les procès en Côte d’Ivoire liés à la crise postélectorale.

  8. Le FPI exige, en conséquence, la libération de tous les prisonniers politiques et le retour sécurisé de tous les exilés, afin d’une amorce salutaire de la réconciliation nationale, gage incontestable de la cohésion nationale.

                                                                 Fait à Abidjan, le 15 septembre 2016
 

Pour le Front Populaire Ivoirien

             Le Secrétaire Général, Porte-parole
       Alphonse Douati





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