Déclaration de la FIDHOP sur la chute de B.Compaoré: Vive le soulevement populaire, face aux dictateurs !

Samedi 1 Novembre 2014 - 07:40


DECLARATION DE LA FIDHOP SUR LA CHUTE DE B. COMPAORE  :

     VIVE LE SOULEVEMENT POPULAIRE, FACE AUX DICTATEURS  !


1. DU RAPPEL DES FAITS:

Parvenu au pouvoir suite à un coup d'état sanglant, qui emporta le jeune révolutionnaire et visionnaire, le Capitaine Thomas Sankara;
Après plus d'un quart de siècle de règne sans partage à la tête du Burkina Faso;
S'obstinant à vouloir modifier l'article 37 de la Constitution de son pays, afin de s'éterniser davantage au pouvoir, envers et contre toutes les volontés des populations burkinabées, maintes et diverses fois exprimées par la société civile et l'opposition politique;
Défiant enfin son peuple, en voulant légitimer son coup d'état via des parlementaires majoritairement acquis à sa cause,
Le Président de la République du Burkina Faso, SEM Blaise Compaoré, a finalement été renversé, à l'issue d'un soulèvement populaire, majoritairement mené par la jeunesse du pays, durant les journées du 30 et du 31 octobre 2014  ; non sans des sacrifices : on déplore parmi les manifestants, un à trois morts et quelques dizaines de blessés.
 

2. DE LA PORTÉE DÉMOCRATIQUE DU SOULÈVEMENT POPULAIRE  :

Si la démocratie est dite "représentative" de nos jours, parce qu'elle s'exerce généralement à travers des élus, tels que le Président de la République ou le Député, le soulèvement populaire est à considérer comme la démocratie directe, qui est la forme originelle de la démocratie. Il s'agit pour le peuple de décider et d'agir par lui-même, directement, parce qu'il se sent trahi par ses représentants.
Le soulèvement populaire est aussi une preuve concrète que la démocratie représentative a des limites. En effet, la démocratie ne devrait pas se résumer par des élections, car certains élus peuvent être mal élus, comme c'est souvent le cas en Afrique. Elle ne devrait pas non plus être confinée dans des lois, car certaines lois, mêmes des lois fondamentales, peuvent être tripatouillées ou taillées sur mesure pour des fins politiques.
Mais la démocratie doit toujours être l'expression de la volonté profonde des populations, qui n'aspirent, toutes, qu'à la paix et au bonheur. Toutes entreprises visant à s'arroger ce pouvoir du peuple, seul et unique souverain dans une démocratie, est assimilable à un coup d'état, qui oblige le peuple à se soulever pour imposer sa volonté.

3. DES LEÇONS A TIRER DE CE SOULÈVEMENT POPULAIRE AU BURKINA  ?

* Aucun "Homme fort", quelle que soit sa puissance, ne sera jamais plus fort que le peuple; même dans la pire des dictatures au monde! Ainsi, le Président américain, Barack Obama, aura eu raison (pour une fois, s'agissant de sa politique africaine), lorsqu'il disait que "l'Afrique n'a pas besoin d'homme fort, mais des institutions fortes."
* Quelle que soit la légitimité d'un pouvoir, ses dirigeants ne doivent jamais demeurer sourds aux préoccupations de leurs populations ou aux revendications de leurs opposants, mêmes les plus incorruptibles et radicaux.
* Tous les dirigeants des États d'Afrique, et tout prticulièrement ceux de la Côte d'Ivoire, sont donc avertis!

Le message envoyé à l'Afrique:

Ce soulèvement populaire des 30 et 31 octobres 2014 au Burkina Faso est un avertissement pour tous les dirigeants africains qui s'éternisent au pouvoir, malgré la limitation des mandats: leur peuple les regarde désormais et surveille attentivement leurs ruses politico-juridiques pour demeurer au pouvoir.
Ce message s'adresse également aux puissances occidentales, qui soutiennent et complotent avec les dictateurs africains, au nom de leurs intérêts et au détriment des populations: les peuples africains sauront désormais mettre fin, par eux-mêmes, aux régimes dictatoriaux sur le continent et freiner l'impérialisme occidental en Afrique.

Le message envoyé aux dirigeants et aux populations de Côte d'Ivoire:

Pour éviter que la Côte d'Ivoire ne sombre de nouveau dans les violences inouïes et les graves violations des Droits de l'Homme, tels que ce fut le cas en 2010-2011, la Fondation ivoirienne pour l'observation et la surveillance des Droits de l'homme et de la vie politique, la FIDHOP, en alliance avec des mouvements et partis politiques de la Diaspora, exhorte encore le régime de M. Alassane Ouattara à créer les conditions pouvant garantir une élection démocratique et apaisée lors de la prochaine présidentielle  ; faute de quoi, les Ivoiriens et les Ivoiriens prendront leurs responsabilités au moment venu.
Ces conditions minimales sont :
Une Commission électorale indépendante (CEI) crédible et consensuelle, de même qu'un Conseil constitutionnel irréprochable;
Des candidats éligibles, conformément à l'article 35 de la Constitution du 1er août 2000 (sauf si une révision venait à en modifier les conditions d'éligibilité, suite à un référendum);
L'armée, la gendarmerie et la police républicaines (les FDS), doivent être réhabilitées et les ex-rebelles, ainsi que les dozos (les FRCI) désarmés;
Tous les prisonniers politiques du fait de la crise postélectorale de 2010 doivent être libérés, sans procès ordinaires ou en assises, à défaut de poursuivre équitablement les criminels du camp Ouattara.
Tous les exilés doivent bénéficier de l'assistance et des garanties sécuritaires de l'Etat, pour rentrer dans leur pays...

LA FIDHOP DIT ENCORE BRAVO! AU PEUPLE DU BURKINA FASO,
ET VIVE LA SOUVERAINETE DES PEUPLES AFRICAINS !

Fait à Zurich, SUISSE, le 31 Octobre 2014

Dr BOGA S. GERVAIS
Président-Fondateur de la FIDHOP
 




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