Déclaration de la Coordination FPI en exil relative à la visite au Ghana de la ministre Mariatou KONE

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Mardi 17 Mai 2016 - 09:45


Le ministre Emile Guireoulou
Le ministre Emile Guireoulou

I - LES FAITS
Face aux rumeurs persistantes  qui circulaient depuis le mercredi 4 mai 2016 relativement à un projet de visite aux réfugiés ivoiriens résidant au Ghana de Mme Mariatou Koné, Ministre ivoirienne de la Solidarité, de la Cohésion sociale et de l'indemnisation des victimes de guerre,  le Bureau de la Coordination FPI en exil a saisi le vendredi 6 mai  2016 le Ghana Refugee Board (GRB), l’agence étatique ghanéenne en charge des réfugiés, dans le but de confirmation afin de déterminer ensemble les modalités d’organisation de cette visite après en avoir été largement informés sur les motivations . Un rendez-vous a donc été sollicité et obtenu pour la matinée du lundi 9 mai 2016 aux fins de recueillir de source officielle les informations sur cette visite.  Cette rencontre n’a pu se tenir, les responsables du GRB ayant répondu n’avoir pas encore été officiellement informés de la visite ni reçu de consigne du Ministère ghanéen de l’Intérieur, leur tutelle. 

I-1 - LES DEMARCHES DU HCR - GHANA
Le mardi 10 mai 2016, le HCR-Ghana contacte un compatriote ivoirien, traducteur de profession, en vue de servir d’interprète à une réunion qui devait se tenir entre la Ministre ivoirienne et les réfugiés urbains d’Accra. Par la même occasion, il lui a été demandé de  diffuser l’information au sein de la communauté des réfugiés ivoiriens.  Surpris par cette dernière demande, il recommande à son interlocuteur du HCR de s’en référer au Président de la Coordination FPI en exil.

C’est ainsi que ce mardi 10 mai 2016, aux environs de 16h, une dame du HCR-Ghana téléphone au Ministre Emile Guiriéoulou pour, dit-elle, l’informer de la visite ministérielle. Elle lui demande alors de porter l’information à tous les réfugiés d’Accra afin de les inviter à la rencontre prévue le jeudi 12 mai 2016 à 13h dans les locaux du Ghana Refugee Board. Le Président de la Coordination a marqué son étonnement et fait remarquer l’indélicatesse de cette demande qui, selon lui, frise le mépris et un grave manque de considération à l’égard de lui-même et des membres de la Coordination. En conséquence, il a répondu à son interlocutrice du HCR que non seulement il ne saurait servir de « boîte aux lettres » au HCR mais que ni lui ni aucun responsable politique membre de la Coordination  qu’il dirige ne participera à cette rencontre. 

Ce même  mardi 10 mai 2016, suite à un sit-in des femmes du Camp de réfugiés                                  d’Egyeikrom pour protester contre l’arrivée de la mission gouvernementale et contre les conditions opaques, voire clandestines, dans lesquelles cette visite se programmait comme si le but était de surprendre les populations des camps, le Directeur du camp s’est vu dans l’obligation d'informer les membres du conseil de la visite dans leur camp de la Ministre le vendredi 13 mai 2016. 

Toujours le mardi 10 mai 2016, une délégation du HCR et du GRB s'est rendue au camp d’Ampain pour donner la même information. 

La réaction unanime des réfugiés des  deux camps  a été leur refus de recevoir la Ministre en réclamant la libération préalable des prisonniers politiques et particulièrement  les ex-exilés emprisonnés après leur retour en Côte d’Ivoire notamment les ministres Hubert Oulaye et Assoa Adou.

I-2 - LA RENCONTRE AVEC LE GHANA REFUGEE BOARD

Le mercredi 11 mai 2016 à 9h, le Ghana Refugee Board  convoque par téléphone  les responsables de la Coordination pour une réunion d’information prévue se tenir à midi.  Cette réunion se tient de 13h à 14h30. A cette occasion, le Secrétaire Exécutif du GRB informe les membres du Bureau de la Coordination de l’arrivée à Accra ce même jour dans la soirée de madame Mariatou Koné et de la tenue le lendemain jeudi 12 mai d’une réunion entre elle et l’ensemble des réfugiés urbains, réunion à laquelle ils sont conviés. 

Les membres du Bureau de la Coordination FPI en exil ont réagi à cette annonce en faisant plusieurs observations.

1. Les membres du Bureau de la Coordination ont marqué leur étonnement du fait qu'ils ne soient informés que seulement le jour même de l’arrivée au Ghana de la Ministre. En outre le Bureau de la Coordination a fait remarquer aux responsables du GRB que c’est pour leur trouver un interlocuteur qu’a été mis en place en mai 2015 le CFRI (Conseil Fédéral des Réfugiés Ivoiriens) en présence des autorités du Ghana Refugee Board et du HCR. Or le CFRI n’a pas non plus été mis au courant de cette visite. Ce qui ne s’explique pas. Tout cela traduit la volonté des organisateurs de les ignorer, voire de les contourner et de les mettre devant le fait accompli.

2. La Coordination a dénoncé l'intervention directe de l'ambassadeur de Côte d'Ivoire qui en violation des dispositions de la convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés, s’est autorisé à contacter directement certains réfugiés sans passer par le HCR et le Ghana Refugee Board. 
 
3. La Coordination FPI en exil a tenu à faire remarquer que les Ivoiriens réfugiés au Ghana et  dans la sous-région ouest-africaine comme partout ailleurs à travers le monde, ne le sont pas en raison d’une grande famine, d’un tremblement de terre ou d’une quelconque catastrophe naturelle qui seraient survenus en Côte d’Ivoire. Ils ont quitté leur pays parce que, partisans du Président Laurent Gbagbo, ils sont traqués par un régime dictatorial. Ils sont donc en exil pour des raisons politiques. 286 prisonniers politiques croupissent sans jugement dans les geôles du pouvoir depuis cinq ans. Les Ministres Assoa Adou et Hubert Oulaye, ex-exilés au Ghana rentrés en Côte d'Ivoire suite à l'appel de monsieur Ouattara, sont en prison depuis leur retour. Le premier est interné au camp Pénal de Bouaké, camp  de détention des grands criminels du pays alors qu’il n’a fait l’objet d’aucun jugement et le second à la prison de Dabou. Tout récemment, le 06 mars 2016,  le Ministre Lia Bi Douayoua, rentré d'exil  en novembre 2014, a été contraint à revenir à nouveau en exil au Ghana pour échapper  de justesse à une tentative d'arrestation.

Ignorer tout cela dans toute démarche à l’endroit des réfugiés et mettre l’accent uniquement sur des questions humanitaires, c’est faire fausse route et vouloir arrêter une fièvre en cassant le thermomètre.

4- Le FPI est toujours disposé au dialogue et a été le premier à tendre la main à monsieur Ouattara et à son gouvernement et ce dès septembre 2011 mais cette main tendue n’a jamais été saisie avec sincérité. Les exemples de ces initiatives sont nombreux.
 
Pour terminer, le Bureau de la Coordination, par la voix de son Président, a signifié au Ghana Refugee Board, sa décision de ne pas participer à la rencontre aux contours ambigus programmée avec Mme Mariatou Koné le jeudi 12 mai 2016.

C’est dans ces conditions que Mme Mariatou Koné entame sa mission le jeudi 12 mai 2016.

I-3 - LES RENCONTRES MARIATOU KONE – REFUGIES IVOIRIENS
I-3-1 - La rencontre d’Accra

Le jeudi 12 Mai 2016, la Ministre Mariano Koné a tenu une réunion dans les locaux du Ghana Refugee Board en présence d’une centaine de réfugiés dont la majorité est constituée de personnes qui sont au Ghana depuis 2002 et d’autres réfugiés qui étaient venus là pour des formalités liées à leurs documents administratifs.  La rencontre s’est tenue dans une ambiance surchauffée marquée par des échauffourées qui n’ont pu s’estomper qu’avec l’intervention de la police ghanéenne. La rencontre a enregistré la présence de Watchard Kédjébo et surtout celle de Kadet Bertin qui, lui, a pris place à la table de séance et a été présenté par la Ministre Mariatou Koné comme membre de sa délégation. Il est bon de noter que monsieur Kadet Bertin s’est montré très actif dans la préparation et le déroulement de cette mission. Il était véritablement au four et au moulin pour qu’elle soit couronnée de succès. 

I-3-2 - La visite au Camp d’Egyeikrom

Le vendredi 13 Mai 2016, la Ministre et sa délégation devait se rendre au Camp d’Egyeikrom situé à Elmina, non loin de Cape Coast, la capitale de la région centrale du Ghana. Tôt le matin, les réfugiés du camp d’Egyeikrom se sont mobilisés par centaines et ont bloqué l'entrée du camp, empêchant ainsi la Ministre d'y avoir accès. La présence massive de la police n'a pas pu fléchir la détermination des réfugiés. La Ministre s’est donc vue contrainte de rebrousser chemin.

Le camp de Fetentaa (à la frontière ouest vers Bondoukou) n’ayant pas été programmé pour être visité, la délégation qui devait en venir pour le représenter n’a pas fait le déplacement à Egyeikrom.

I-3-3 - La visite au Camp d’Ampain
Prévue pour le samedi 14 mai, cette visite n’a pas eu lieu car depuis la veille vendredi 13, les habitants ont barricadé les accès au site et ont campé sur les lieux toute la nuit jusqu’au samedi à 18h pour signifier leur refus d’accueillir la Ministre et sa délégation. Ce refus avait d’ailleurs été notifié deux jours auparavant par courrier au responsable régional du HCR à Takoradi dont dépend administrativement le camp de réfugiés d’Ampain.

II – NOTRE ANALYSE

1- La Coordination FPI en exil relève qu’en faisant l’option de s’appuyer sur Achard Kédjébo, Kadet Bertin et quelques proches d’Affi N’guessan, qui n’ont pas eu le courage de s’afficher, pour l’organisation de sa mission en terre ghanéenne, au détriment des structures reconnues (Coordination FPI, CFRI, COPIE, Bureaux des camps de réfugiés), Mariatou Koné reste fidèle à la logique du régime Ouattara  qui, en Côte d’Ivoire, choisit son opposition et les interlocuteurs qui lui sont compatibles. 

2- La Coordination FPI en exil observe que la période choisie pour effectuer cette mission est mal indiquée et cache des objectifs inavoués. En effet, comment comprendre que c’est au moment de la reprise du procès de notre Chef Laurent Gbagbo et du Ministre Charles Blé Goudé à La Haye ainsi que de l’ouverture à Abidjan du procès en assises de Simone Gbagbo, que le régime Ouattara décide de venir vers nous pour entamer des « discussions » ?  Depuis le lundi 10 mars 2016, le Président Laurent Gbagbo, le Premier Ministre Gilbert Aké N’Gbo, les Ministres Désiré Dallo et Koné Katinan Justin et d'autres personnalités font injustement l'objet d'un procès sous le motif fallacieux de « braquage » de la BCEAO. 

C’est visiblement une vaine manœuvre de diversion pour détourner notre attention de tous ces procès où le pouvoir peine à trouver des témoins crédibles pour servir sa cause. 

C’est aussi une tentative de division visant à faire croire que la Direction du FPI et les exilés ne seraient pas sur la même longueur d’ondes au point où ces derniers auraient décidé de se passer de cette Direction pour engager un « dialogue direct » avec le pouvoir afin d’exprimer leurs préoccupations . Ce piège est trop gros et donc trop visible pour échapper à l’attention des exilés que nous sommes. Nous ne nous prêterons jamais à ce jeu.

3-La Coordination FPI en exil constate que le véritable objectif de cette mission est une opération de communication internationale dans le but de fragiliser les nombreux exilés auprès des autorités de leurs pays d’accueil et du HCR afin de les pousser à un rapatriement forcé. Mariatou Koné l’avait d’ailleurs clairement indiqué lors de l’étape du Liberia quand elle a déclaré que toute personne qui ne répondra pas favorablement à son appel au retour « n’aura plus droit au statut de réfugié, et de ce fait, perdra le traitement du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ». 

4- La Coordination FPI en exil tient à faire remarquer les contradictions de Mme Mariatou Koné qui trahissent les réelles intentions du régime Ouattara : attirer les exilés qui le gênent dans un traquenard afin de les museler. En effet, alors que le jeudi 12 mai 2016, elle a déclaré, la main sur le cœur, devant les exilés que personne ne sera arrêté à son retour au pays et qu’elle en prenait l’engagement, le lendemain vendredi 13 mai 2016, sur les antennes de la BBC, un autre discours était tenu dont voici quelques morceaux choisis: « quand ils vont rentrer, on ne va pas judiciariser l’entrée de nos frères et sœurs sur le territoire national. Mais vous comprenez que quand des gens ont tué on ne leur dira pas ’’ faut rentrer, tu ne seras pas puni’’… Certains qui ont envie de rentrer ont peur pour plusieurs raisons. Notamment l’aspect sécuritaire. Non pas qu’ils ont peur de l’Etat mais de ce qu’ils ont fait à leur voisin, à leur entourage». 

III – NOTRE POSITION

Pour toutes ces raisons, la Coordination FPI en exil estime que le régime Ouattara ruse avec la réconciliation nationale et les exilés ne sauraient donner une caution à cette mascarade. La visite de la Ministre Koné Mariatou n’est rien d’autre qu’une opération de communication pour polir l'image du régime dictatorial Ouattara et non une réelle volonté de réconciliation nationale. En conséquence, la communauté des réfugiés ne saurait l'accompagner dans cette mission de propagande. 

Par ailleurs, en décidant de contourner les structures qui représentent les réfugiés (Conseils et Présidents des camps, CFRI, COPIE, Coordination) pour s’attacher les services de personnes choisies, la Ministre et le HCR-Ghana doivent assumer l’entière responsabilité de la déconvenue et de l’échec qu’ont connu la Ministre et sa délégation.

Les réfugiés ivoiriens se retrouvent dans de nombreux pays en Afrique et en Europe. Ils sont dans leur grande majorité militants du FPI et de partis alliés qui se reconnaissent en Laurent Gbagbo et en son combat politique pour une Afrique libre et digne. Au Ghana,  ils sont 5 082 au camp d’Ampain, 2 430 au Camp d'Egyeikrom, 1 984 au Camp de Fetentaa et environ 5 400 réfugiés urbains, soit un total de 14.906 réfugiés et exilés. Ils sont 58.000 au Liberia, 2.000 au Bénin et 1.500 au Togo, sans compter ceux qui ont trouvé refuge au Cameroun, en Afrique du Nord et en Europe. Leurs conditions pour un retour sécurisé ont été communiquées à la Direction du FPI à Abidjan. Si le pouvoir veut les connaitre et y apporter des réponses, dans le cadre d’une réconciliation sincère que nous réclamons depuis toujours, il nous semble plus facile pour lui de s’adresser au Président Aboudramane Sangaré pour en discuter. En l’absence du Président Laurent Gbagbo, c'est de lui et de lui seul que, tous, nous répondons. 

Enfin, la Coordination FPI en exil rappelle que le problème des exilés n'est pas une question isolée. Le retour des réfugiés est intimement rattachée à la problématique de la réconciliation nationale par la résolution sincère des problèmes politiques nés de la crise post-électorale de 2010-2011 (libération du Président Laurent Gbagbo et tous les prisonniers politiques, sécurité, amnistie, restitution des terres et des biens occupés...). Si ces problèmes sont réglés, les réfugiés regagneront d’eux-mêmes leur pays sans que l'on ait besoin de leur rendre visite au Ghana ou ailleurs. Faire autrement, c’est mettre la charrue avant les bœufs et s’avèrera toujours inopérant.
Fait à Accra le 16 mai 2016
                                                                                                                                                                                                                                          Pour la Coordination FPI en exil
                                                                                                               Le Président
                                                                                                           Le Ministre Emile GUIRIEOULOU

I - LES FAITS
Face aux rumeurs persistantes  qui circulaient depuis le mercredi 4 mai 2016 relativement à un projet de visite aux réfugiés ivoiriens résidant au Ghana de Mme Mariatou Koné, Ministre ivoirienne de la Solidarité, de la Cohésion sociale et de l'indemnisation des victimes de guerre,  le Bureau de la Coordination FPI en exil a saisi le vendredi 6 mai  2016 le Ghana Refugee Board (GRB), l’agence étatique ghanéenne en charge des réfugiés, dans le but de confirmation afin de déterminer ensemble les modalités d’organisation de cette visite après en avoir été largement informés sur les motivations . Un rendez-vous a donc été sollicité et obtenu pour la matinée du lundi 9 mai 2016 aux fins de recueillir de source officielle les informations sur cette visite.  Cette rencontre n’a pu se tenir, les responsables du GRB ayant répondu n’avoir pas encore été officiellement informés de la visite ni reçu de consigne du Ministère ghanéen de l’Intérieur, leur tutelle. 

I-1 - LES DEMARCHES DU HCR - GHANA
Le mardi 10 mai 2016, le HCR-Ghana contacte un compatriote ivoirien, traducteur de profession, en vue de servir d’interprète à une réunion qui devait se tenir entre la Ministre ivoirienne et les réfugiés urbains d’Accra. Par la même occasion, il lui a été demandé de  diffuser l’information au sein de la communauté des réfugiés ivoiriens.  Surpris par cette dernière demande, il recommande à son interlocuteur du HCR de s’en référer au Président de la Coordination FPI en exil.

C’est ainsi que ce mardi 10 mai 2016, aux environs de 16h, une dame du HCR-Ghana téléphone au Ministre Emile Guiriéoulou pour, dit-elle, l’informer de la visite ministérielle. Elle lui demande alors de porter l’information à tous les réfugiés d’Accra afin de les inviter à la rencontre prévue le jeudi 12 mai 2016 à 13h dans les locaux du Ghana Refugee Board. Le Président de la Coordination a marqué son étonnement et fait remarquer l’indélicatesse de cette demande qui, selon lui, frise le mépris et un grave manque de considération à l’égard de lui-même et des membres de la Coordination. En conséquence, il a répondu à son interlocutrice du HCR que non seulement il ne saurait servir de « boîte aux lettres » au HCR mais que ni lui ni aucun responsable politique membre de la Coordination  qu’il dirige ne participera à cette rencontre. 

Ce même  mardi 10 mai 2016, suite à un sit-in des femmes du Camp de réfugiés                                  d’Egyeikrom pour protester contre l’arrivée de la mission gouvernementale et contre les conditions opaques, voire clandestines, dans lesquelles cette visite se programmait comme si le but était de surprendre les populations des camps, le Directeur du camp s’est vu dans l’obligation d'informer les membres du conseil de la visite dans leur camp de la Ministre le vendredi 13 mai 2016. 

Toujours le mardi 10 mai 2016, une délégation du HCR et du GRB s'est rendue au camp d’Ampain pour donner la même information. 

La réaction unanime des réfugiés des  deux camps  a été leur refus de recevoir la Ministre en réclamant la libération préalable des prisonniers politiques et particulièrement  les ex-exilés emprisonnés après leur retour en Côte d’Ivoire notamment les ministres Hubert Oulaye et Assoa Adou.

I-2 - LA RENCONTRE AVEC LE GHANA REFUGEE BOARD

Le mercredi 11 mai 2016 à 9h, le Ghana Refugee Board  convoque par téléphone  les responsables de la Coordination pour une réunion d’information prévue se tenir à midi.  Cette réunion se tient de 13h à 14h30. A cette occasion, le Secrétaire Exécutif du GRB informe les membres du Bureau de la Coordination de l’arrivée à Accra ce même jour dans la soirée de madame Mariatou Koné et de la tenue le lendemain jeudi 12 mai d’une réunion entre elle et l’ensemble des réfugiés urbains, réunion à laquelle ils sont conviés. 

Les membres du Bureau de la Coordination FPI en exil ont réagi à cette annonce en faisant plusieurs observations.

1. Les membres du Bureau de la Coordination ont marqué leur étonnement du fait qu'ils ne soient informés que seulement le jour même de l’arrivée au Ghana de la Ministre. En outre le Bureau de la Coordination a fait remarquer aux responsables du GRB que c’est pour leur trouver un interlocuteur qu’a été mis en place en mai 2015 le CFRI (Conseil Fédéral des Réfugiés Ivoiriens) en présence des autorités du Ghana Refugee Board et du HCR. Or le CFRI n’a pas non plus été mis au courant de cette visite. Ce qui ne s’explique pas. Tout cela traduit la volonté des organisateurs de les ignorer, voire de les contourner et de les mettre devant le fait accompli.

2. La Coordination a dénoncé l'intervention directe de l'ambassadeur de Côte d'Ivoire qui en violation des dispositions de la convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés, s’est autorisé à contacter directement certains réfugiés sans passer par le HCR et le Ghana Refugee Board. 
 
3. La Coordination FPI en exil a tenu à faire remarquer que les Ivoiriens réfugiés au Ghana et  dans la sous-région ouest-africaine comme partout ailleurs à travers le monde, ne le sont pas en raison d’une grande famine, d’un tremblement de terre ou d’une quelconque catastrophe naturelle qui seraient survenus en Côte d’Ivoire. Ils ont quitté leur pays parce que, partisans du Président Laurent Gbagbo, ils sont traqués par un régime dictatorial. Ils sont donc en exil pour des raisons politiques. 286 prisonniers politiques croupissent sans jugement dans les geôles du pouvoir depuis cinq ans. Les Ministres Assoa Adou et Hubert Oulaye, ex-exilés au Ghana rentrés en Côte d'Ivoire suite à l'appel de monsieur Ouattara, sont en prison depuis leur retour. Le premier est interné au camp Pénal de Bouaké, camp  de détention des grands criminels du pays alors qu’il n’a fait l’objet d’aucun jugement et le second à la prison de Dabou. Tout récemment, le 06 mars 2016,  le Ministre Lia Bi Douayoua, rentré d'exil  en novembre 2014, a été contraint à revenir à nouveau en exil au Ghana pour échapper  de justesse à une tentative d'arrestation.

Ignorer tout cela dans toute démarche à l’endroit des réfugiés et mettre l’accent uniquement sur des questions humanitaires, c’est faire fausse route et vouloir arrêter une fièvre en cassant le thermomètre.

4- Le FPI est toujours disposé au dialogue et a été le premier à tendre la main à monsieur Ouattara et à son gouvernement et ce dès septembre 2011 mais cette main tendue n’a jamais été saisie avec sincérité. Les exemples de ces initiatives sont nombreux.
 
Pour terminer, le Bureau de la Coordination, par la voix de son Président, a signifié au Ghana Refugee Board, sa décision de ne pas participer à la rencontre aux contours ambigus programmée avec Mme Mariatou Koné le jeudi 12 mai 2016.

C’est dans ces conditions que Mme Mariatou Koné entame sa mission le jeudi 12 mai 2016.

I-3 - LES RENCONTRES MARIATOU KONE – REFUGIES IVOIRIENS
I-3-1 - La rencontre d’Accra

Le jeudi 12 Mai 2016, la Ministre Mariano Koné a tenu une réunion dans les locaux du Ghana Refugee Board en présence d’une centaine de réfugiés dont la majorité est constituée de personnes qui sont au Ghana depuis 2002 et d’autres réfugiés qui étaient venus là pour des formalités liées à leurs documents administratifs.  La rencontre s’est tenue dans une ambiance surchauffée marquée par des échauffourées qui n’ont pu s’estomper qu’avec l’intervention de la police ghanéenne. La rencontre a enregistré la présence de Watchard Kédjébo et surtout celle de Kadet Bertin qui, lui, a pris place à la table de séance et a été présenté par la Ministre Mariatou Koné comme membre de sa délégation. Il est bon de noter que monsieur Kadet Bertin s’est montré très actif dans la préparation et le déroulement de cette mission. Il était véritablement au four et au moulin pour qu’elle soit couronnée de succès. 

I-3-2 - La visite au Camp d’Egyeikrom

Le vendredi 13 Mai 2016, la Ministre et sa délégation devait se rendre au Camp d’Egyeikrom situé à Elmina, non loin de Cape Coast, la capitale de la région centrale du Ghana. Tôt le matin, les réfugiés du camp d’Egyeikrom se sont mobilisés par centaines et ont bloqué l'entrée du camp, empêchant ainsi la Ministre d'y avoir accès. La présence massive de la police n'a pas pu fléchir la détermination des réfugiés. La Ministre s’est donc vue contrainte de rebrousser chemin.

Le camp de Fetentaa (à la frontière ouest vers Bondoukou) n’ayant pas été programmé pour être visité, la délégation qui devait en venir pour le représenter n’a pas fait le déplacement à Egyeikrom.

I-3-3 - La visite au Camp d’Ampain
Prévue pour le samedi 14 mai, cette visite n’a pas eu lieu car depuis la veille vendredi 13, les habitants ont barricadé les accès au site et ont campé sur les lieux toute la nuit jusqu’au samedi à 18h pour signifier leur refus d’accueillir la Ministre et sa délégation. Ce refus avait d’ailleurs été notifié deux jours auparavant par courrier au responsable régional du HCR à Takoradi dont dépend administrativement le camp de réfugiés d’Ampain.

II – NOTRE ANALYSE

1- La Coordination FPI en exil relève qu’en faisant l’option de s’appuyer sur Achard Kédjébo, Kadet Bertin et quelques proches d’Affi N’guessan, qui n’ont pas eu le courage de s’afficher, pour l’organisation de sa mission en terre ghanéenne, au détriment des structures reconnues (Coordination FPI, CFRI, COPIE, Bureaux des camps de réfugiés), Mariatou Koné reste fidèle à la logique du régime Ouattara  qui, en Côte d’Ivoire, choisit son opposition et les interlocuteurs qui lui sont compatibles. 

2- La Coordination FPI en exil observe que la période choisie pour effectuer cette mission est mal indiquée et cache des objectifs inavoués. En effet, comment comprendre que c’est au moment de la reprise du procès de notre Chef Laurent Gbagbo et du Ministre Charles Blé Goudé à La Haye ainsi que de l’ouverture à Abidjan du procès en assises de Simone Gbagbo, que le régime Ouattara décide de venir vers nous pour entamer des « discussions » ?  Depuis le lundi 10 mars 2016, le Président Laurent Gbagbo, le Premier Ministre Gilbert Aké N’Gbo, les Ministres Désiré Dallo et Koné Katinan Justin et d'autres personnalités font injustement l'objet d'un procès sous le motif fallacieux de « braquage » de la BCEAO. 

C’est visiblement une vaine manœuvre de diversion pour détourner notre attention de tous ces procès où le pouvoir peine à trouver des témoins crédibles pour servir sa cause. 

C’est aussi une tentative de division visant à faire croire que la Direction du FPI et les exilés ne seraient pas sur la même longueur d’ondes au point où ces derniers auraient décidé de se passer de cette Direction pour engager un « dialogue direct » avec le pouvoir afin d’exprimer leurs préoccupations . Ce piège est trop gros et donc trop visible pour échapper à l’attention des exilés que nous sommes. Nous ne nous prêterons jamais à ce jeu.

3-La Coordination FPI en exil constate que le véritable objectif de cette mission est une opération de communication internationale dans le but de fragiliser les nombreux exilés auprès des autorités de leurs pays d’accueil et du HCR afin de les pousser à un rapatriement forcé. Mariatou Koné l’avait d’ailleurs clairement indiqué lors de l’étape du Liberia quand elle a déclaré que toute personne qui ne répondra pas favorablement à son appel au retour « n’aura plus droit au statut de réfugié, et de ce fait, perdra le traitement du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ». 

4- La Coordination FPI en exil tient à faire remarquer les contradictions de Mme Mariatou Koné qui trahissent les réelles intentions du régime Ouattara : attirer les exilés qui le gênent dans un traquenard afin de les museler. En effet, alors que le jeudi 12 mai 2016, elle a déclaré, la main sur le cœur, devant les exilés que personne ne sera arrêté à son retour au pays et qu’elle en prenait l’engagement, le lendemain vendredi 13 mai 2016, sur les antennes de la BBC, un autre discours était tenu dont voici quelques morceaux choisis: « quand ils vont rentrer, on ne va pas judiciariser l’entrée de nos frères et sœurs sur le territoire national. Mais vous comprenez que quand des gens ont tué on ne leur dira pas ’’ faut rentrer, tu ne seras pas puni’’… Certains qui ont envie de rentrer ont peur pour plusieurs raisons. Notamment l’aspect sécuritaire. Non pas qu’ils ont peur de l’Etat mais de ce qu’ils ont fait à leur voisin, à leur entourage». 

III – NOTRE POSITION

Pour toutes ces raisons, la Coordination FPI en exil estime que le régime Ouattara ruse avec la réconciliation nationale et les exilés ne sauraient donner une caution à cette mascarade. La visite de la Ministre Koné Mariatou n’est rien d’autre qu’une opération de communication pour polir l'image du régime dictatorial Ouattara et non une réelle volonté de réconciliation nationale. En conséquence, la communauté des réfugiés ne saurait l'accompagner dans cette mission de propagande. 

Par ailleurs, en décidant de contourner les structures qui représentent les réfugiés (Conseils et Présidents des camps, CFRI, COPIE, Coordination) pour s’attacher les services de personnes choisies, la Ministre et le HCR-Ghana doivent assumer l’entière responsabilité de la déconvenue et de l’échec qu’ont connu la Ministre et sa délégation.

Les réfugiés ivoiriens se retrouvent dans de nombreux pays en Afrique et en Europe. Ils sont dans leur grande majorité militants du FPI et de partis alliés qui se reconnaissent en Laurent Gbagbo et en son combat politique pour une Afrique libre et digne. Au Ghana,  ils sont 5 082 au camp d’Ampain, 2 430 au Camp d'Egyeikrom, 1 984 au Camp de Fetentaa et environ 5 400 réfugiés urbains, soit un total de 14.906 réfugiés et exilés. Ils sont 58.000 au Liberia, 2.000 au Bénin et 1.500 au Togo, sans compter ceux qui ont trouvé refuge au Cameroun, en Afrique du Nord et en Europe. Leurs conditions pour un retour sécurisé ont été communiquées à la Direction du FPI à Abidjan. Si le pouvoir veut les connaitre et y apporter des réponses, dans le cadre d’une réconciliation sincère que nous réclamons depuis toujours, il nous semble plus facile pour lui de s’adresser au Président Aboudramane Sangaré pour en discuter. En l’absence du Président Laurent Gbagbo, c'est de lui et de lui seul que, tous, nous répondons. 

Enfin, la Coordination FPI en exil rappelle que le problème des exilés n'est pas une question isolée. Le retour des réfugiés est intimement rattachée à la problématique de la réconciliation nationale par la résolution sincère des problèmes politiques nés de la crise post-électorale de 2010-2011 (libération du Président Laurent Gbagbo et tous les prisonniers politiques, sécurité, amnistie, restitution des terres et des biens occupés...). Si ces problèmes sont réglés, les réfugiés regagneront d’eux-mêmes leur pays sans que l'on ait besoin de leur rendre visite au Ghana ou ailleurs. Faire autrement, c’est mettre la charrue avant les bœufs et s’avèrera toujours inopérant.
Fait à Accra le 16 mai 2016
                                                                                                                                                                                                                                          Pour la Coordination FPI en exil
                                                                                                               Le Président
                                                                                                           Le Ministre Emile GUIRIEOULOU




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