Déclaration N°013-MA2014 de JSF relative au travail et à l’emploi en Côte d’Ivoire

Vendredi 2 Mai 2014 - 09:07


Daniel Kablan Duncan, premier Ministre ivoirien
Daniel Kablan Duncan, premier Ministre ivoirien

Déclaration N°013-MA2014 de JSF relative au travail et à l’emploi en Côte d’Ivoire

 

A l’occasion de la célébration du 1er Mai, fête du travail, Jeunesses Sans Frontières (JSF) s’associe à tous les travailleurs du monde, particulièrement aux jeunes, pour commémorer cet évènement. Profitant de cette commémoration, JSF jette un regard sur la situation du travail et de l’emploi en Côte d’Ivoire.

Après une décennie d’instabilité, la relance économique est de retour en Côte d’Ivoire, grâce aux nombreux efforts consentis par le gouvernement, et les acteurs socioéconomiques. Même si la population n’en ressent pas encore véritablement les effets, le gouvernement assure qu’un taux de croissance aussi soutenu pendant une longue période aura forcément un impact sur la vie quotidienne. Au-delà de ces préoccupations légitimes des populations qu’elle partage parfaitement, JSF est davantage préoccupé par le sort réservé à la jeunesse. Composante majoritaire de notre société, mais généralement parent pauvre de celle-ci.

  1. Les efforts consentis par le gouvernement pour le travail et l’emploi

Depuis sa prise de fonction en 2011, le Président Alassane OUATTARA et son gouvernement ont inscrit l’emploi au cœur de leurs préoccupations. Dernière action qui vient confirmer cette donne : le séminaire Gouvernemental sur l’emploi et la lutte contre la vie chère tenu le 25/04/2014 à la Présidence de la République.

Cette implication du Gouvernement a permis la mise en œuvre de projets et programmes d’insertion jeunes. A ce jour, 178 projets sont répertoriés. Ceux-ci devraient progressivement monter en puissance, et font ressortir un potentiel de près de de 2 200 000 emplois d’ici à 2015.

Concernant l’évolution au niveau du secteur moderne, il ressort un dynamique positive, tant au niveau du secteur privé, qu’au niveau du secteur public. En ce qui concerne particulièrement le secteur privé, la cadence moyenne mensuelle de création d’emploi est passée de 2 511 emplois/mois en 2011, à 5 983 emplois/mois en 2014. Soit 222 000 emplois créés dans le secteur moderne de 2011 à mars 2014.

Par ailleurs le gouvernement a pris des mesures visant à améliorer les conditions de travail et de vie. Notamment l’augmentation du SMIG (Salaire minimum interprofessionnel garanti) qui est passé de 36 607 F CFA à 60 000 F CFA ; l’allocation d’indices supplémentaires aux techniciens et cadres supérieurs de la santé ; ainsi que le déblocage des salaires des fonctionnaires.

Toute chose qui permet aux travailleurs de retrouver peu à peu leur dignité et bénéficier de plus en plus des retombées de leur travail.

En dépit de ces points positifs, Jeunesses Sans Frontières constate les limites des actions menées par le Gouvernement en matière d’emploi. Et ce pour maintes raisons.

  1. La non-application des mesures et la corruption des instruments de contrôle

L’un des maux qui gangrène aujourd’hui notre Côte d’Ivoire, et qui ralentit son élan sur les sentiers de l’émergence est cet incivisme généralisé, dont l’un des dénombrements des plus répandus est la corruption.

Si nous avions applaudi hier l’augmentation du SMIG, le constat largement relayé selon lequel cette mesure demeure inappliquée dans nombres d’entreprises ne peut que refroidir notre ardeur. Cela d’autant plus que ce n’est pas faute d’instruments de contrôle, mais de l’inefficacité de ceux-ci parce que corrompus. Il ne sert à rien de prendre des mesures, sinon pure publicité, si l’on ne peut se donner les moyens de les faire respecter par tous sans exception aucune. Or il est de notoriété public que le droit du travail est régulièrement bafoué en Côte d’Ivoire, cela ne peut réduire considérablement l’impact des efforts du Gouvernement et par ricochet mettre en mal la crédibilité de celui-ci.

  1. La vulnérabilité des emplois et la précarité des travailleurs

Si l’enquête-emploi réalisée en 2012 révèle un taux de chômage de 9,4% de la population active et de 12,2% chez les jeunes, cela n’a rien d’enchanteur quand cette même étude nous révèle que le taux d'emploi informel est de 91,2 % avec 8,6 millions de personnes et que le taux d'emploi salarié est de 18,1 % contre un taux d'emploi vulnérable de 70,4 %. En effet, plus de six millions de personnes sont sous employées ou mal rémunérées. Entre autres causes de ce phénomène, l’inadéquation entre les qualifications et les emplois proposés.

Ce phénomène touche davantage les jeunes, qui chaque année sortent par milliers du système éducatif sans aucune qualification.

  1. Les recommandations de Jeunesses Sans Frontières pour l’emploi

Pour relever le défi de l’emploi et assainir le milieu du travail, Jeunesses Sans Frontières recommande :

  • L’organisation des états généraux de l’éducation, de la formation professionnelle, et de l’emploi afin de mettre en œuvre des réformes viables dans ces secteurs vitaux ;

  • La poursuite des enquêtes-emploi en renforçant les moyens permettant la publication régulière de données fiables ;

  • L’application sans délai de la stratégie de relance adoptée par le Gouvernement le 26 Novembre 2013, en accélérant la mobilisation du financement public pour l’emploi ;

  • L’encouragement de l’auto-emploi en renforçant les dispositifs opérationnels existants ; en occurrence par l’implantation des Plateforme de Services (PFS) locales sur l’étendue du territoire nationale ;

  • L’exonération totale de taxes pour les jeunes entrepreneurs pendant trois (03) ans et l’adoption de mesures fiscales incitatives à l’emploi ;

 

Sachant par ailleurs que 21,7% de jeunes de 14 à 35 ans ne sont « ni en emploi, ni en éducation, ni en formation », Jeunesses Sans Frontières qui se veut une force de proposition et d’action, s’est dotée d’un dispositif visant à occuper sainement cette proportion de la jeunesse, afin de les rendre utiles à eux-mêmes ainsi qu’à la société. Nous dévoilerons les tenants et aboutissants de ce dispositif dans les jours à venir.

Au demeurons, Jeunesses Sans Frontières souhaite à tous et à chacun, bonne fête du travail.

Fait à Abidjan, le 1er Mai 2014

Pour Jeunesses Sans Frontières

Par le Présidium

Le Président

DIAKITE Tawakkal

 

 





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