Débats et opinions: Pascal Affi N'guessan, cheval de troie de Dramane Ouattara

Mercredi 1 Octobre 2014 - 00:44


La tête du Front Populaire Ivoirien (FPI) est à la croisée des chemins. Depuis un moment et surtout depuis la sortie de prison du président du parti du Président de la république Laurent Gbagbo, rien ne va chez les socialistes ivoiriens. Des actes et des comportements exposent ce qui pourrait être décrit comme l’essence vraie de la lutte de l’ancien premier ministre. En un mot, qu’est-ce qui fait courir monsieur le postier?
Comme beaucoup d’Ivoiriens, l’ex-premier ministre des bleus a connu la prison suite au coup d’état de la France contre le régime du Président Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire. Lors de son séjour dans le Worodougou, à Odienné, monsieur Affi Nguessan a bénéficié d’un soutien inconditionnel de la part des militants de son parti et d’autres sources qui voient en la lutte du Président Gbagbo une bataille qui va au-delà de la politique partisane. 
Ainsi, pour ne point le livrer au régime de Tampiri Allassane Dramane Ouattara, avec doigté surtout, la direction du Front Populaire Ivoirien a bien pris soin de mettre en place une direction intérimaire conduite par monsieur Sylvain Oureto qui, nonobstant les critiques, a effectué un travail respectable.
Monsieur Affi Nguessan aurait été sacrifié et oublié si la direction du FPI avait choisi de mettre sur pied, lorsqu’il était en détention, une équipe de crise. Cette équipe pouvait convoquer un congrès extraordinaire et remplacer monsieur Affi Nguessan tout simplement. Cet acte aurait exposé le postier à deux niveaux au moins. 
1) Il serait devenu l’ombre de lui-même depuis la prison. Car, ce que ces « têtus » et ces traîtres oublient, c’est parce qu’ils sont au FPI qu’ils sont devenus populaires. Sinon, ce ne sont pas eux qui rendre le Front populaire. Le cas du patron du parti LIDER devait servir d’exemple très probant aux Affi, Wayou Eugène et bien d’autres. 
2) Si Affi avait été dépouillé depuis Odienné, Tampiri Mokossi Dramane et ses hommes l’auraient liquidé comme un bon à rien ou l’auraient toujours gardé en prison. Mais ici, pour comprendre la dimension politico-psychologique de l’ex-premier ministre des bleus, il va falloir reculer dans le temps.
 
LA COLÈRE DE PASCAL AFFI NGUESSAN CONTRE LE PRÉSIDENT GBAGBO
 
a) Monsieur Affi Nguessan n’a jamais pardonné que le Président Gbagbo ne se soit pas battu pour le maintenir comme premier ministre après Marcoussis. De quoi s’agit-il ? A Marcoussis, ce n’est ni Chirac, ni son gouvernement qui ont obligé monsieur Affi Nguessan de signer sans lire, le document qui lui a été présenté. 
C’est la famille Bouygues qui a parlé pendant tout au plus dix minutes à monsieur Affi Nguessan pour qu’il trahisse le Président Gbagbo. Les Bouygues ont promis à monsieur Affi qu’il gardera toujours son poste de premier ministre et que c’est le président Gbagbo qui devait être dépouillé de tous ses pouvoirs. Dans son égoïsme notoire, sans consulter qui de droit, il a signé et vendu la Côte d’Ivoire. 
On pourrait dire que le crapaud a tellement des ambitions depuis son passage à la primature qu’il veut grossir plus que l’éléphant. Pourtant, en son temps, nous avions protesté contre sa nomination au poste de chef de gouvernement. Mais, comme c’est «celui qui nomme qui sait pourquoi il fait untel choix et non untel autre», nous nous étions tu.
b) Selon nos oreilles auprès du palais sous le président Gbagbo, pour comprendre le refus de monsieur Affi de rendre visite à la Première Dame Simone Ehivet, il faut savoir la réaction de cette dernière dès le retour de monsieur Affi après Marcoussis. Nos oreilles disent que Madame Simone Gbagbo a demandé à monsieur Affi en ces termes : « tu l’as vendu (Gbagbo) a combien à la France et à ses alliés ? ». 
Incapable de répondre, monsieur Affi partit sur la pointe des pieds après la rencontre. Depuis ce jour donc, monsieur Affi voit en la Première Dame son ennemie qui pourrait l’empêcher de devenir le président ou du moins aller à des élections qui consacreraient Tampiri Mokossi Dramane comme le président des Ivoiriens en 2015. 
Selon toujours nos oreilles, la même colère est réservée au ministre Blé Goudé que monsieur Affi Nguessan considère comme la main forte de la Première Dame Simone Gbagbo.
c) Le cas Kelly, ancienne «money-maman» incontournable dans le système café-cacao est à prendre en compte. L’emprisonnement de Kelly a été vu comme une humiliation impardonnable par monsieur Affi contre le président Gbagbo. Il va donc voir le Président pour intervenir personnellement pour libérer Kelly. 
Devant le niet du Président qui croit en la séparation des pouvoirs et surtout qui fait confiance à la justice ivoirienne, monsieur Affi attendait, depuis, une « belle » occasion pour se venger de celui qui l’a pris de l’ENSPT sis non loin du CHU de Treichville pour le transformer en une personnalité publique et mondiale. Tenez-vous bien, monsieur Affi, pour l’amour de dame Kelly, avait trouvé son épouse d’alors « ne plus être à la mode et de son goût». 
 
AFFI ET LA PHOBIE DU « NON-HOMME »
 
Le président du FPI a peur soit de retourner à l’ENSPT, soit de demeurer à la tête du FPI d’où il peut partir à tout moment si un congrès de son parti le décide. La précipitation, caméra à l’appui, avec laquelle il s’est rué vers sa maison pour vider les va-nu-pieds qui l’occupaient avait été vue comme le résultat d’un deal de « sous table » par les avertis de la politique ivoirienne. 
Monsieur Affi Nguessan ne veut pas redevenir à son statut initial, celui d’avant son rôle de premier ministre. Il est alors prêt, vraiment prêt à manger à tous les plats en trahissant ses parrains, pour demeurer au sommet de l’état avec un poste de premier ministre dans un gouvernement de Tampiri Mokossi Dramane à la suite d’élections gagnées à l’avance par le Burkinabé qui n’est pas fier de ses racines et «qui montre son pays avec le doigt gauche», pour parler un peu comme les sages africains. 
En attendant le Congrès de décembre, monsieur Affi fait un travail de fourmi pour se maintenir comme président de son parti. Mais surtout, il veut avoir le soutien, vaille que vaille, de son parti pour être candidat aux élections présidentielles de 2015 qui seront une pure et simple consécration et une légitimation de l’éventreur Tampiri Mokossi Dramane. 
Pour atteindre son rêve qui est devenu une obsession, de l’argent, selon nos oreilles dans les hautes sphères du parti, disent que de l’argent, beaucoup d’argent serait en circulation pour acheter certains responsables du parti. Peut-on croire que ceci explique la sortie de monsieur Abouo N’Dori, 3e vice-président du FPI. Selon l’ancien ministre N’Dori, monsieur Affi «doit candidat à la présidentielle 2015 ». 
Lorsque de grosses têtes du parti à l’image de monsieur N’Dori sortent vite sans tourner la langue sept fois, quelques tristes pensées traversent notre esprit. Soit (A) monsieur N’Dori est fatigué et donc il veut re-devenir un ministre quel que soit celui qui est à la tête du pays, soit (B) il a été tellement nourri et blanchi par monsieur Affi qu’il joue déjà à son directeur de campagne et son lèche-botte. 
Dans tous les cas, avant de parler de candidature aux présidentielles de 2015, monsieur Affi sait très bien qu’il doit avoir l’aval du Congrès de décembre prochain. Il faut éviter l’amalgame; le Congrès devra le choisir comme premier responsable du parti avant de battre sa campagne pour les présidentielles 2015 déjà pipées. 
 
DES ACTES QUI EXPOSENT MONSIEUR AFFI NGUESSAN 
 
Dans toutes ses sorties, monsieur Affi a refusé de prendre une ligne décisive, claire et digne de la gauche politique. En fait, il a refusé de suivre la ligne de monsieur Koua Justin alors patron de la jeunesse du FPI. Pendant que la jeunesse par la voix de Justin demandait à prendre la rue, le président Affi faisait des calculs arabes. Pour confirmer qu’il est un « dove », monsieur Affi va débarquer Justin de son poste. Il ramène Navigué du Ghana et lui remet « sa place ». 
Deux points se dégagent ici. Le premier est que monsieur Navigué est reconnu comme le « petit » du président Affi. Son rôle est de ramollir les militants qui sont prêts d’en découdre avec les dictateurs en place. C’est même cette envie d’avancer pour libérer la Côte d’Ivoire qui a vu la mobilisation dernière sur Bongouanou lors de la fête de liberté 2014. Le second point relève du retour de monsieur Navigué. En rentrant en Côte d’Ivoire sous l’impulsion de monsieur Affi, monsieur Navigué annihile tout ce que les réfugiés ivoiriens du Ghana et d’ailleurs reprochent à la France et au dictateur Dramane Ouattara. 
Certes, la demande d’asile est un acte individuel, mais il faut reconnaître que « la communauté internationale » se focalise sur les symboles. La nomination de madame Brigitte Kuyo comme patronne de toutes les représentations du FPI alors qu’elle avait été débarquée par monsieur Sylvain Oureto, est un acte qui ne reconnait pas le beau et grand travail abattu par la direction du FPI que dirigeait l’économiste aux pas de velours. Le récent bureau pléthorique que monsieur Affi a formé pour miner le parti de l’intérieur pour s’imposer à un éventuel congrès qui à son tour le choisirait comme candidat du FPI contre Tampiri Mokossi Dramane en 2015. 
Mais pourquoi monsieur Affi refuse de voir la vérité ? Il a été incapable de faire un meeting à Abobo, sa visite à la Première Dame annoncée à grandes pompes a été un fiasco (en fait, il a fait une mise en scène pour ne pas aller voir madame Simone Gbagbo, selon certaines langues). Si pour un meeting il a été « empêché », nous ne voyons pas comment il fera sa campagne présidentielle qui l’excite tant. Plusieurs personnalités du FPI rendent visite au Président Gbagbo. Quant à monsieur Affi, il n’a pas encore eu le temps d’aller voir le Président Gbagbo et pourtant, il crie partout que personne ne tournera pas «la page Gbagbo».
 Il semble que l’ex-postier ne connaît pas les militants de son parti voilà pourquoi il les traite comme des niais. Encore, nous le ramenons à tous ceux qui se sont cassé le visage en partant du FPI après trop de bruit.
Enfin, malgré les arrangements ou le vernissage qui met un peu de calme dans les rangs du FPI, une chose est certaine. Monsieur Affi a brisé la confiance que les militants lui faisaient; il a installé la méfiance dans le parti. Il a aussi démontré sa peur face à monsieur Laurent Akoun auquel il ne veut pas redonner le secrétariat du parti
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Dans tous les cas, les oreilles des observateurs sont à l’écoute et attendent le prochain Congrès du FPI qui s’annonce très houleux. 
Une contribution de McIntosh Zadi
 




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