Débat sur son retour à la tête du FPI : Gbagbo a déjà tranché la question

Jeudi 9 Octobre 2014 - 04:48


Le 28 août 2009, à issia, lors du meeting de clôture de la visite d’etat qu’il avait effectuée dans la région du haut sassandra, le président Laurent Gbagbo avait fait une déclaration prémonitoire. comme s’il savait que quelques années plus tard, son parti, le fpi, allait être confronté à convulsions. «Moi, avec le parcours que j’ai eu, vous me voyez encore aller me battre avec Affi N’Guessan pour dire : je veux être président du FPI, Affi N’Guessan passe ici ? C’est fini ça! Quand on atteint un certain niveau soi-même, on ne descend pas. On ne descend plus. Le grand doit rester grand toujours », avait- il déclaré. le président Gbagbo avait fait cette déclaration dans un contexte où deux cadres du département, Paul-antoine bohoun bouabré et désiré tagro, se livraient une guerre fratricide pour le leadership départemental. il voulait faire comprendre à chacun d’eux que quand on a assumé de hautes responsabilités gouvernementales, on n’a plus à se battre pour contrôler un petit département. le président laurent Gbagbo ne peut pas avoir dit ça pour que des militants, qui se réclament pourtant être de ses disciples, le déclarent candi- dat au poste de président du front populaire ivoirien (fPi). malheureusement, c’est ce scénario que certains militants du fpi, et non des moindres, ont donné à voir en fin de semaine dernière à mama, village d’origine du président Gbagbo. Prenant pour prétexte, la ren- trée politique de la fédération fpi de Gagnoa, des secrétaires généraux de    fédération ont proposé «solennellement la candidature du président Laurent Gbagbo comme président du Front populaire ivoirien au prochain congrès ordinaire du parti prévu les 10, 11, 12 et 13 décembre 2014». ces militants-là espèrent ainsi préserver la cohésion du parti qui se serait trouvé fragilisée depuis le réaménagement de son secrétariat général survenu le 4 juillet dernier. mais en même temps, ces cadres du front populaire ivoirien estiment que la libération du président Laurent Gbagbo, injustement incarcéré à la haye, est à ce prix. « Le président Laurent Gbagbo demeure la tête de pont pour la lutte de sa propre libération et contre toute forme d’injustice dont il est actuellement victime», insistent-ils, par ailleurs. comme on peut bien com- prendre, des militants du FPI pensent que le président laurent Gbagbo doit redescendre dans la gadoue et hurler avec les loups. mais il faut le reconnaître et le dire net. la crise postélectorale de 2010-2011et la chasse à l’homme qui s’en est suivie sont passées par là. le traumatisme que les partisans de l’ancien chef d’etat ont subi a, forcément, eu un impact sur leur choix de stratégie de lutte politique. sinon, ils n’auraient pas oublié le discours d’issia qui tranche définitivement la question de son retour à la présidence du front populaire ivoirien. ce qu’il faut aujourd’hui comprendre avec ce discours, c’est que Laurent Gbagbo n’appartient plus à son parti politique. tout comme il n’appartient plus à son propre pays, la côte d’ivoire. et il n’appartient pas non plus à l’Afrique. Laurent Gbagbo est devenu le citoyen du monde dans son entièreté dès lors qu’il a été président de la république d’un Etat souverain. sa mission aujourd’hui, c’est de se mettre à la disposition des peuples pour la recherche de la paix. c’est mettre son expérience de gestion d’un pays en crise armée au service de l’humanité. dans le discours d’issia, le président Laurent Gbagbo estime que quand on a été chef de l’etat, on a atteint le top niveau des responsabilités. on ne peut donc plus redescendre d’un tel piédestal pour la gadoue pour faire de petites palabres qui pourraient amener des gens à vous traiter comme un machin. et c’est pourquoi, en son temps, il a déconseillé à l’ancien président malien, alpha Oumar Konaré, de postuler pour la présidence de la commission de l’union africaine (u.a.). ceci, pour lui éviter que des chefs d’etat lui donnent des instructions après avoir été, lui-même, le chef de l’etat du mali. sur le plan de l’éthique, ce n’est pas bon pour un ancien président de la république, avait clairement indiqué le président Gbagbo. toute chose étant égale par ailleurs, si laurent Gbagbo avait trouvé que la candidature d’alpha oumar Konaré était une mauvaise candidature pour des raisons évoquées plus haut, il est aussi évident que la proposition de certains de ses partisans qui est de faire de lui le président du front populaire ivoirien est une proposition indécente. elle ne devrait pas prospérer.
Robert KRASSAULT ciurbaine@yahoo.fr

Source:  Notre Voie n° 4833 du mercredi 8 octobre 2014




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