De quelle politique parle Ocampo?

Samedi 2 Juin 2012 - 06:53


De quelle politique parle Ocampo?
Dans la réquisition du procureur Louis Moreno OCampo, nous avons été intrigué par la récurrence du mot « politique ». Nous savons que ce procès est éminemment politique. Et là, nous nous comprenons. Mais l’usage que le procureur fait du mot dans sa longue réquisition est révélateur d’une certaine instabilité dans la maîtrise de son dossier. L’idée autour du concept nous parait, dans la plupart des cas inachevée. Et pourtant ce qu’elle ne peut que suggérer est intenable dans le fond et dans la forme. Avant de montrer à quel point les ennemis de l’homme de Scheveningen n’en ont pas l’étoffe, voila quelques morceaux choisis qui nous conduisent à une seule question : de quoi parle Ocampo ? « La présente affaire porte sur la responsabilité pénale de Laurent GBAGBO pour avoir élaboré et mis en œuvre la Politique visant à le maintenir par tous les moyens au pouvoir (…) Des centaines de ses opposants civils ont été attaqués, tués, blessés ou victimes de viols dans le cadre de la Politique. (…) Il a adopté la Politique visant à attaquer son rival politique Alassane Dramane OUATTARA (OUATTARA) ainsi que des membres du cercle politique de celui-ci et des civils considérés comme ses partisans, dans le but de conserver le pouvoir par tous les moyens (…) Avant l'élection, GBAGBO a pris des dispositions dans la poursuite de la Politique pour faire en sorte de se maintenir au pouvoir en cas de défaite électorale.(…)Dès la fin du processus électoral, GBAGBO a mobilisé les forces qui lui étaient subordonnées et leur a donné l'ordre de coordonner leurs activités dans le but d’appliquer la Politique. (…) Simone GBAGBO et d'autres membres de l'entourage immédiat de GBAGBO ont également donné des consignes concernant l'application de la Politique. (…)Ces crimes s'inscrivaient dans le cadre d'une attaque généralisée et systématique dirigée contre des civils pris pour des partisans de OUATTARA, en exécution de la Politique. » En prenant la toute première phrase de ce texte où il semble dire que le président Gbagbo a mis en place la Politique pour se maintenir au pouvoir, on se demande bien si OCampo a été bien renseigné sur le statut de sa cible. Sait-il que Laurent Gbagbo est un politicien et qu’il n’existe nulle part au monde un politicien qui ne veuille se maintenir au pouvoir parce qu’un autre voudrait y accéder par tous les moyens. Si le premier est en faute, celui qui voudrait y accéder par tous les moyens non conventionnels l’est encore plus. Rien qu’a ce niveau, le procureur de la CPI devrait se dire qu’il se trompe de cible. Mais, nous savons très bien qu’il est dans sa logique et qu’il lui faut bien mériter tous les avantages de la compromission. Seulement, nous continuons à nous demander de quelle politique il parle quand il veut accabler le président Gbagbo ? Pour notre propre hygiène mentale, nous voulons bien comprendre qu’OCampo, chaque fois qu’il écrit Politique avec un P en cap, cela veut dire « Politique d’extermination de tous ses ennemis politiques » et il faut entendre par ennemis politiques de Laurent Gbagbo : Alassane Dramane Ouattara et tous ses partisans armés ou non, étrangers ou nationaux. Voila la seule interprétation qui rende lisible les 47 pages de bavardage du procureur OCampo. Rien d’autre, à part cela ne peut justifier dans ce document la détention de Laurent Gbagbo à la CPI. Et cela vaut bien une condamnation pour crime contre l’humanité parce que Dramane Ouattara et ses partisans sont des hommes. Mais cela est bien loin de pouvoir écrouer le président Laurent Gbagbo dans les geôles de la cour Pénale Internationale parce qu’il est le seul à avoir été bienveillant à leur égard.

Laurent Gbagbo ne s’est pas mis à faire de la politique pour écraser Dramane Ouattara. Il a connu l’exil politique et il s’est battu les mains nues, sous le parti unique de feu Félix Houphouët Boigny pour que les partisans de Ouattara goûtent au nectar de la démocratie. Quand il commençait cette lutte, il ne savait même pas que Dramane Ouattara allait faire un jour éruption dans la vie politique ivoirienne. Comment aurait-il donc pu planifier des coups d’extermination contre lui et ses affidés ? Quand Gbagbo accède enfin au pouvoir suprême en 2000, Alassane Dramane Ouattara était sous le coup d’un mandat d’arrêt international lancé par son allié d’aujourd’hui, Henri Konan Bédié. Ce dernier n’a jamais remis en cause les raisons qui l’ont poussé à lancer ce mandat. C’est à Laurent Gbagbo que Dramane Ouattara doit, non son extermination, mais sa réhabilitation. Alors qu’il n’y était pas obligé, il a donné un statut politique à ce dernier, a mis en place une politique qui permette de financer son parti politique, c'est-à-dire l’existence politique de ceux qu’il aurait dû exterminer et enfin a recouru à l’article 48 de la constitution pour faire du mentor du RDR un candidat exceptionnel à la dernière présidentielle. Il lui doit aujourd’hui le fait d’être chef de l’état et d’y avoir prétendu. Mais, celui à qui on reproche d’avoir planifié l’extermination des partisans de Dramane Ouattara ne s’est pas arrêté là à leur égard. Il a supprimé les cartes de séjour pour ses partisans étrangers pour qu’ils circulent librement, à son corps défendant, dans ce pays où ils devraient craindre de venir pour ne pas être exterminés. Pour le confort spirituel de ceux qui devraient être passés au four crématoire, Laurent Gbagbo est le seul chef d’état à avoir fait du pèlerinage à la Mecque une institution et un devoir de l’Etat. Si Dramane Ouattara lui-même avait voulu, il lui aurait gracieusement offert le titre d’El Hadj sur son propre compte parce que ce n’est pas le plus difficile qu’il a pu faire pour lui et sa famille. Autour de Dramane Ouattara nombreux sont ses proches en l’occurrence feue sa mère et son grand frère Gaoussou Ouattara qui ne peuvent nier avoir bénéficié de la très grand générosité de l’homme. Cher OCampo, pour votre gouverne dans le bourbier ivoirien, sachez que le Président Laurent Gbagbo a été le seul homme politique en Côte d’Ivoire qui a pris soin de ses opposants, qui s’est rendu chez eux à domicile pour les consoler, partager leur douleurs et leur joie. Si c’est cela une politique d’extermination, vous devriez craindre vous-même de poursuivre quelqu’un qui n’a pas toute sa raison.

Joseph Marat

 



 





Tags : Gbagbo, Ocampo

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