De l’eau dans le gaz au sommet de l’Etat: Ouattara-Duncan : y a problème

La sortie de Ouattara sur les gaspillages de son régime, relative à une mission à l’extérieur conduite par le premier ministre, montre que quelque chose ne va pas au sommet de l’Etat.

Mardi 21 Octobre 2014 - 22:17


Quand le discours officiel trahit les actes.

Derrière les rhétoriques creuses de bonne gouvernance et de gestion rationnelle des ressources publiques, camouflées par le discours diffus de « l’émergence à l’horizon 2020 » - un slogan qui frise l’escroquerie morale – le régime de l’ancien directeur général adjoint du FMI gaspille l’argent du contribuable ivoirien. Cette fois-ci, c’est l’Exécutif qui donne les chiffres de la prévarication des deniers publics. En effet, le chef de l’Etat a ‘‘recadré’’ les membres de son gouverne - ment jeudi dernier lors du conseil des ministres. La dernière mission effectuée aux Etats-Unis par le Premier ministre Daniel Kablan Duncan et plusieurs ministres à l’occasion des Assemblées annuelles de la Banque mondiale est à l’origine de la colère de Ouattara. Le budget initialement consacré à ce séjour était de 250 millions francs Cfa. Mais les frais de séjour ont spectaculairement atteint 400 millions francs Cfa à l’arrivée. Soit une augmentation de 150 millions francs Cfa qui représente un dépassement de plus de 60%. « Des ministres étaient logés dans des suites présidentielles, et une assistante d’un ministre percevait 3 000 dollars [1 500 000 francs Cfa] de frais par jour. Le président était ulcéré que certains voyages soient pris à la fois pris en charges par les pays hôtes et encore par l’Etat ivoirien », a confié une source proche du palais présidentiel à Jeune Afrique dans un article publié vendredi dernier sur son site internet. Ouattara a obtenu le limogeage depuis le 3 octobre dernier du directeur administratif et financier de la primature, Lucien Kouassi Oka, victime de la « rigueur sélective ».  Mais cette interpellation publique arrive au moment où le Premier ministre issu du Pdci obtient le prix de meilleur ministre de l’économie et des finances de l’Afrique subsaharienne à l’occasion de son séjour américain contesté. Cela pose deux préoccupations. Soit c’est ce prix est peu crédible parce qu’il est difficile de concevoir que le meilleur ministre des finances puisse se rendre coupable de tels dérapages budgétaires. Soit c’est Ouattara qui doit avoir un sérieux problème avec son chef de gouvernement. Le chef du palais présidentiel rougirait-il du « succès » de Duncan ? En coupant, par ce recadrage cinglant, l’herbe sous le pied du Premier ministre.     En outre, ces faits de mauvaise gouvernance ne font que confirmer une situation connue des Ivoiriens. Puisque depuis l’arrivée du régime Ouattara, le copinage et le favoritisme dans la gestion des affaires ont connu une exponentielle ascension ; ce qui a fait exploser les marchés publics gré à gré. Mais si Ouattara a décidé que tous les voyages à l’extérieur soient désormais validés en conseil des ministres, il faut qu’il se soumette lui- même à ces fourches caudines. Surtout qu’il est tout le temps dans les airs en train de parcourir les capitales du monde avec ses nombreux proches collaborateurs. D’ailleurs combien ses quelques 102 voyages du chef de l’Etat ont- ils déjà coûté au contribuable ivoirien depuis 2011 ? Ouattara qui « recadre » ses ministres doit aussi faire preuve de transparence sur ses propres séjours à l’étranger.

Par Edouard Amichia

Source: Le Nouveau Courrier  N°1134 Du Lundi 20 Octobre 2014
 




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