Crise au sein du régime Ouattara : Hamed Bakayoko attaque Billon

Samedi 29 Juin 2013 - 14:36


Hamed Bakayoko
Hamed Bakayoko
L’intervention, jeudi soir, du ministre d’Etat, ministre de la sécurité, Hamed Bakayoko, à l’émission « En toute franchise » sur la télévision ivoirienne a confirmé l’une des faces hideuses du gouvernement Ouattara : le manque de courage. Dans ce qu’il est convenu d’appeler « l’affaire Bolloré », le ministre du Commerce, de l’Artisanat et de la Promotion des Pme, Jean-Louis Billon, s’est déclaré courageusement et publiquement opposé à l’attribution du 2è terminal à conteneurs au consortium Maersk-Bolloré Africa Logistics-Bouygues. Il a dénoncé, outre une corruption administrative dans le processus d’acquisition, un biais dans l’appel d’offres. Et il a conclu que Bolloré ne mérite pas la gestion du deuxième terminal à conteneurs.
Sur la question, les spectateurs s’attendaient, d’une part, à ce que le ministre d’Etat Hamed Bakayoko balaie les argumentations avancés par son collègue et justifie la clarté du processus. Mais non ! Tout ce qu’il trouve à redire, c’est que « Billon est mal placé pour agir ainsi » parce qu’ « il est membre du gouvernement », que sa famille a «des positions dominantes dans des secteurs d’activité de l’économie ivoirienne (huile, sucre) ».
D’autre part, les téléspectateurs s’attendaient également à une décision franche – comme le stipule le titre de l’émission - face à la réaction franche du ministre Billon. En toute franchise, on aurait dit comme à Yopougon que le ministre d’Etat Hamed Bakayoko a « mouillé ». Il renvoie au ministre Billon la responsabilité de démissionner du gouvernement parce qu’ « on ne peut pas être membre d’une équipe et jouer contre l’équipe ». Il lui demande donc de tirer lui-même les conséquences de son acte, cela simplifierait les choses et donnerait plus de visibilité à son agenda.
En fait, personne dans le gouvernement ne peut soutenir la démission du ministre Billon parce qu’il a dit avec franchise ce qu’il pensait de l’appel d’offres. « Si on le démissionne, on dira que c’est parce qu’il a parlé. S’il ne réussit pas à faire baisser les prix, il dira que c’est une affaire du port » du ministre d’Etat sonne comme un aveu de faiblesse : Billon a raison et on ne peut rien lui faire sur ce coup. En toute franchise.

J-S Lia


Publié le samedi 29 juin 2013  |  Notre Voie




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