Crise au FPI: Des faits qui cachent mal les intentions inavouables !

Vendredi 5 Septembre 2014 - 07:28


La crise créée au FPI, de toutes pièces par le président de ce parti, Pascal Affi Nguessan, suit son cours. A l’image de la crise ivoirienne qui n’en finit pas de s’étendre, celle qui se déroule dans le parti de Laurent Gbagbo amène chaque jour de nouvelles péripéties. Des faits plus ou moins prévisibles se suivent et dévoilent les intentions de leurs auteurs. Manifestement, il ya là un coup bien préparé contre le FPI, et les effets de ce coup sont d’une grande nuisance pour ce parti et pour la Côte d’Ivoire. Le temps viendra, où les explications réelles des faits, celles qui ne sont programmées, dans le dessein d’accompagner la réalisation du coup, seront données ou s’imposeront. En attendant, il serait intéressant de voir, au-delà des faits, à qui profite le coup. Car, on n’allume pas le feu pour rien, et ce feu allumé au FPI a des desseins qu’ll faut voir au-delà de la surface, au-delà des faits. Cela dit, le premier fait né du déclenchement de la crise, c’est la formation de deux positions opposées dans le parti. De ces deux positions découlent le reste, sur quoi reposent toutes les péripéties. Et la lecture de ces péripéties peut éclairer sur les intentions des commanditaires, auteurs et coauteurs de la situation faite au parti de Laurent Gbagbo.   

Les deux positions en présence au FPI  sont, d’un côté, celle que défend le président Affi Nguessan et de l’autre, celle qui est défendue par les signataires de la pétition qui a conduit à la saisine du Comité de Contrôle, à l’issue du coup de force du président Affi, le 4 juillet 2014. La crise courant toujours, il est plutôt délicat, pour des camarades qui ont une responsabilité dans la direction du parti, de se prononcer sans détour sur la question  : l’astreinte à une certaine réserve oblige  ! Mais, pour l’opinion, qui pourrait ne pas bien comprendre, le militant de base que je suis voudrais apporter quelque éclairage, en faisant l’effort de ne dire que ce qui choquerait le moins possible.  

La position défendue par le président Affi  Nguessan :
La position du président du FPI, depuis sa sortie de prison, pourrait s’exprimer en ces termes  : les véritables adversaires du FPI, qui sont aux côtés du régime en place, sont trop puissants. Le FPI et le peuple ivoirien n’ont pas les moyens de s’opposer à ces puissants adversaires. Alors il faut faire ce qu’ils nous demandent, qui consiste à «  entrer dans le jeu politique  ». Et pour le président et ceux qui le suivent, entrer dans le jeu politique, qui consiste à faire ce que demande les adversaires du FPI et du peuple ivoirien, ce serait, par exemple, lever le mot d’ordre de boycott du RGPH, la participation à la CEI, pour logiquement entrer au gouvernement par la suite. Dans le même temps, ne rien faire du tout, pour ne pas gêner le régime en place. Il s’agit tout au moins d’une capitulation  !...

La position que défendent les pétitionnaires  :
Les pétitionnaires dont les porte-parole sont, entre autres, les vice-présidents Alphonse Douati  et Laurent Akoun, soutiennent, eux, que le combat engagé par Laurent Gbagbo et qui a valu toutes les misères à la Côte d’Ivoire, doit se poursuivre. Pour eux, c’est dans la lutte légale et dans la lutte seule, que ce pays sera libéré de toutes les avanies qui s’aggravent de jour en jour. Pour eux, il s’agit d’initier des actions de lutte démocratique, à l’image de la diaspora et de s’assumer au plan national comme un parti dans l’opposition, la posture de l’opposition faisant parfaitement partie du «  jeu politique  ». C’est pourquoi, avec la majorité des militants, ils se sont opposés à la levée du mot d’ordre du boycott du RGPH, après avoir conduit, avec l’adhésion massive de la majorité écrasante des Ivoiriens, pendant que le président Affi était encore en prison, le boycott des élections législatives. C’est pourquoi, ils s’opposent, avec la majorité des militants du parti, à l’entrée à la CEI.

Voici, en quelques mots, les deux positions opposées au FPI. Ont-elles des chances d’être conciliées  ? Le temps seul pourrait le dire. En attendant, la crise persiste. Elle va de péripéties en péripéties depuis le 4 juillet 2014, quelques jours avant l’arrivée de François Hollande à Abidjan, lorsque le président du FPI a chamboulé la direction du parti et s’est inscrit dans une gestion solitaire du parti, allant rencontrer, tout seul, le président français, désignant, en dehors de toute norme et contrairement aux pratiques dans le parti, un représentant à la CEI, puis initiant solitairement une rencontre avec le président Bédié du PDCI… Les dernières péripéties de cette crise, c’est aujourd’hui la énième attaque du siège du FPI, sa fermeture  et la suite juridico sécuritaire qui en est donnée.
Quelle analyse peut-on faire à cette étape de la situation  ? Il est clair que le régime en place en Côte d’Ivoire et les ennemis du FPI se frottent les mains avec cette situation de crise, depuis que ce parti est empêtré dans la mésentente artificiellement imposée par le président. Or, il n’était pas besoin d’être particulièrement futé, pour prévoir ce qui se passe aujourd’hui  : tous ceux qui connaissent le parti de Laurent Gbagbo pouvaient prévoir la réaction de ses militants. Et tout le monde pouvait s’attendre à ce que le FPI soit bloqué dans l’inaction, avec la situation de mésentente. Conclusion, ceux qui ont déclenché la mésentente savaient parfaitement ce qu’ils faisaient, à savoir faire en sorte que le FPI reste inactif… Le président Affi, qui n’est pas ignorant du fonctionnement du FPI et des réactions plausibles des militants de ce parti, dont il est président depuis maintenant 14 ans, savait parfaitement comment les choses allaient se passer  : on est alors tenté de dire qu’il a créé la crise à dessein, pour «  entrer dans le jeu politique  », sans s’en référer aux instances de décision de son parti, une posture qui consiste pour lui et ceux qui le suivent à ne pas gêner le régime en place et participer aux institutions  : le coup était plutôt préparé  ! Ici, au-delà de l’argument mal fondé qui consiste à dire qu’alors, la communauté internationale verrait que «  le FPI s’inscrit dans de bonnes dispositions  et aiderait ce parti à obtenir ce qu’il recherche  », à savoir la normalisation de la vie politique en Côte d’Ivoire, à commencer par la libération du président Laurent Gbagbo, un tel argument  pue à distance la manipulation mal ficelée. C’est pourquoi beaucoup de militants du parti soupçonnent le président d’avoir un agenda caché, pendant que d’autres semblent détenir des informations peu rassurantes à son sujet… Au-delà de cette lecture des faits, il faut remarquer que c’est la première fois, depuis que le FPI existe, que le président de ce parti se met dans des attitudes totalement en déphasage avec les habitudes connues de tous. Le président Affi l’a d’ailleurs reconnu en s’excusant, pour le chamboulement de la direction qu’il appelle «  une erreur de casting(  !)  ; de même que pour l’introduction malheureuse d’un militant à la CEI. Deux faits que l’humilité conseillerait de rattraper en se mettant «  à l’écoute de sa base  » ainsi que lui conseillait le vice-président Aboudramane Sangaré  le 14 août dernier, lors d’une cession extraordinaire du Comité Central. ! Le problème dans l’affaire, c’est que pendant qu’il reconnaît avoir été fautif, le président Affi, arrogance,  mépris des autres ou faiblesse dans l’appréciation des choses, continue d’étaler des comportements déplacés…
A la vérité, il y a péril en la demeure au FPI  ! Et cela est d’autant plus sérieux que la source, si elle n’est pas le président du parti, elle semble intégrer le camarade Affi comme partie prenante dans l’accomplissement du mal. Mon plus grand  vœu est d’avoir tort. Mais, attendons de voir  !

Dieu nous assiste  !


  Bédi Holy




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