Crise au FPI: Au-delà des personnes et des paroles...

Mercredi 3 Septembre 2014 - 10:35


La crise qui a éclaté au FPI, à la suite d’une réorganisation maladroite de la direction de ce parti, n’est pas terminée. Elle a même tendance à s’intensifier, à s’aggraver, au grand bonheur des ennemis de ce parti et du pays. Aujourd’hui, après l’ajournement du Comité Central ordinaire du 30 avril dernier, on est fondé à s’arrêter un moment sur ce qui s’est passé, depuis la médiation conduite par le Gouverneur Dacoury-Tabley, le Comité Central extraordinaire du 14 août 2014, et celui ordinaire du 30 Août suivant, arrêté après plusieurs heures de débat, pour tension trop forte. La Bible déclare, dans les premières paroles de l’évangile de Saint Jean qu’«  au commencement était la parole…  » (Jean I, 1). La parole se trouve donc au départ de toute chose  ! Mais son impact sur la vie des hommes ou des communautés est souvent lié, d’une part à la manière dont elle est utilisée et de l’autre à la compréhension que l’on en a. De fait, il est toujours important d’aller au-delà de ce qui est dit, pour éviter d’en avoir une compréhension erronée. Dans la crise qui a cours au FPI, des paroles ont été prononcées qui ont (eu) leur poids depuis la médiation. Elles ont été comprises dans un sens ou dans un autre par les uns et les autres, souvent dans la chaleur des ressentiments, avec des a priori qui ont parfois engendré un parti pris pas toujours compatible avec la saine compréhension.
Je voudrais ici m’attarder sur les paroles à la suite desquelles le Comité Central du 30 avril 2014 a été arrêté, avec promesse d’être repris plus tard, «  dans deux semaines  ». Il s’agit principalement des paroles prononcées par le vice-président, le ministre  Lida Kouassi MoÏse, à propos de la présence du FPI à la CEI, et de la réplique du Vice–président, le ministre Abouo Ndori Raymond, en réaction à ce qu’a dit Lida Kouassi. Le fait est qu’en l’occurrence, deux positions s’affrontent aujourd’hui au FPI  : celle de ceux qui ne veulent pas que ce parti soit à la CEI dans les conditions actuelles de la vie politique en Côte d’Ivoire, et celle de ceux qui veulent aller à la CEI, malgré tout. Dans son argumentation, le vice-président Lida a soutenu que le FPI ne doit pas être parti à la CEI, dans sa mouture actuelle, et que le choix du ministre Alain Dogou pour siéger dans cette institution est mauvais, en ce que le ministre Dogou a été  le dernier Ministre de la Défense du président Laurent Gbagbo, celui avec qui la Côte d’Ivoire a subi les avanies qui ont conduit le Président Gbagbo à la CPI… Ces paroles ont soulevé l’ire du Vice-président Ndori Raymond, partisan de l’entrée du FPI CEI. Il a aussitôt pris la parole, pour déclarer que le ministre Lida, ex- ministre de la Défense, avant Alain Dogou, était la personne la moins indiquée pour parler d’un Ministre de la Défense, avec des allusions de reproche. L’excitation est montée et des camarades, s’invitant d’office dans les échanges, sans aucune retenue, ont proféré toutes sortes de paroles méchantes les unes à l’endroit des autres. Pourtant, on pouvait comprendre qu’au-delà des personnes de Lida et de Dogou, il ya le symbole  : envoyer le Ministre de la défense de Laurent Gbagbo à la CEI actuellement peut être interprété comme l’adhésion de la famille politique de Gbagbo, ou tout au moins une partie de celle-ci, à la politique qui est présentement menée en Côte d’Ivoire, après les calamités de l’élection présidentielle dernière  ! Exactement comme il serait malaisé de faire entrer dans un gouvernement du régime actuel les camarades Amani Nguessan Michel ou Lida Kouassi Moïse, lui-même, des ministres de la Défense de Laurent Gbagbo, une fonction de tout premier plan  ! Il en serait de même de l’entrée d’une quelconque autre personnalité de ce rang au FPI à un niveau aussi important de la gouvernance actuelle  ! Est-ce vraiment ce que l’on veut  ? Quel argument objectivement sain plaiderait en faveur d’une telle posture  ? C’est à ce niveau qu’il faudrait entendre les partisans de l’entrée à la CEI avec le choix de Dogou Alain,  et non à celui qui consiste à s’attaquer à la personne de Lida, avec des cris et des injures  ! Rien que cela  ! Et cela a amené le président Affi à mettre fin, prématurément, aux travaux du Comité Central, la tension étant devenue trop forte. On voit tout de suite qu’un usage pas heureux a été fait de la parole  ! Il a été certes question de ce qui était dit mais, à la suite du propos de Lida, à qui on n’a pas laissé le temps de finir de parler, ses contradicteurs, Ndori Raymond et ceux qui allaient dans son sens, n’auront retenu que de parler du ministre Alain Dogou et du ministre Lida lui-même. Ce qui a été dit à propos de ces  personnes est certainement important  ; mais, celui qui parle et/ou celui dont on parle dans une situation donnée ne sont pas toujours plus importants que ce qui est dit  ! Et pour que la parole ait tout son sens, il importe de prendre en compte, certes la (ou les) personne(s) qui parle(nt) et/ou dont on parle, mais il est surtout nécessaire de  donner droit à ce qui est dit, selon  tout ce qui l’entoure, en termes de contexte, et d’objectif. C’est ce que j’appelle «  aller au-delà des personnes et des paroles  »  ! Il s’agit d’aller plus loin que les mots, pour prendre en compte tous les aspects du propos  !... Cela dit, en ce qui concerne la question de la présence du FPI à la CEI déséquilibrée et totalement dépendante que le régime a instituée, il est important de bien comprendre, au-delà des personnes et des mots, ce qui est dit, ici par Lida, en prenant en compte le contexte et les objectifs  :
De ce qui est dit  : Lida dit que le FPI ne peut pas entrer à la CEI actuelle, vu que cette CEI ne remplit pas du tout les conditions d’équilibre exigées par le FPI, avec une argumentation bien au-dessus des cris de ses contradicteurs qui, à la suite du ministre Ndori, s’en sont pris à la personne de Lida. Que le ministre Lida soit la dernière personne à faire des reproches au ministre Dogou peut être un fait  ! Mais avant, quelle contradiction porte-t-on à ses arguments, au-delà des cris et autres injures qui, non seulement ne peuvent pas grandir leurs auteurs, mais ne font pas honneur au parti  ?
Du contexte  : Les réalités de l’organisation d’élections en Côte d’Ivoire, actuellement, ne peuvent objectivement inspirer confiance. En plus, aucunes des réalités qui ont fait que la FPI est sorti de la CEI et n’y est pas entré jusqu’à ce qui le président Affi, en pleine crise, inscrive le parti dans cette institution, sont toujours les mêmes. Doit-on comprendre que c’est parce que les partisans de l’entrée à la CEI, à part le fait de soutenir, bec et ongle, le président n’avaient aucun argument convaincant qu’ils se sont rués sur la personne de Lida, avec cris et injures  ? Cela a amené le président à mettre fin aux travaux de l’instance de décision  ! Et le parti est demeuré immobile, comme s’il avait disparu en tant qu’entité politique dans l’opposition  !...  
Des objectifs  : ceux qui veulent le FPI à la CEI actuelle, en termes d’objectifs clament souvent le fait d’  «  entrer dans le jeu politique  »  comme justification de leur position ! Croiraient-ils alors qu’être dans l’opposition et agir comme tel ne fait pas partie du jeu politique  ? Et puis, à supposer qu’ils aient raison, dans quel objectif devrait-on entrer dans le jeu politique en étant dans une telle CEI  ?... Le président Gbagbo avait coutume de dire, en citant feu le camarade Koné Dramane, «  que le mauvais nageur croit qu’on ne voit pas son dos…  »  ! Eh bien, je voudrais ajouter que «  ça finira par pourrir, et quand c’est pourri, l’odeur se répand toujours au-delà des attentes  ». Les objectifs actuels du FPI, c’est la normalisation de la Côte d’Ivoire, d’abord au plan politique, puis à tous les autres plans. Cela, les militants du parti l’ont compris depuis longtemps. Et dans leur majorité, ils savent que cela passe par la lutte  ! Une lutte avec les moyens politiques légaux connus, dont le FPI a les capacités d’user, pourvu qu’une direction conséquemment à leur écoute accepte de les conduire  !

Dieu nous assiste  !
                                                                                                                              
Bédi Holy




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