Crise au FPI, Arrestation d’Assoa Adou, Intimidation des militants par le régime… Gbagbo prépare la riposte

Depuis La Haye où il suit, selon des proches, « attentivement ce qui se passe de jour en jour en Côte d’Ivoire », le Président Laurent Gbagbo prépare sa réaction. Mais en attendant, il reçoit beaucoup.

Mercredi 14 Janvier 2015 - 10:50


Crise au FPI, Arrestation d’Assoa Adou, Intimidation des militants par le régime… Gbagbo prépare la riposte
Il y aura une réaction adéquate à l’arrestation d’Assoa Adou, directeur de campagne de Laurent Gbagbo, tout comme à la série d’intimidations des militants du FPI par le régime en place de ces dernières semaines. Puisque le but du gouvernement est d’empêcher le retour de Gbagbo au premier plan, le concerné prépare activement la riposte. Mais comme à son habitude, le Président Gbagbo reçoit d’abord. Ainsi, les patriotes de la diaspora ont été reçus, la semaine dernière à La Haye, à travers son représentant Willy Bla qui a eu un long entretien avec le Président Gbagbo dans le célèbre pénitencier. Rien n’a filtré de cette rencontre et à sa sortie de prison, le président du Cri panafricain s’est contenté de réaffirmer que le président Gbagbo est bel et bien candidat à la présidence du FPI, en allusion directe aux propos de Pascal Affi N’guessan qui continue d’insinuer que l’ancien président de la république ne se sent pas concerné par ce qui se passe au FPI. Les jours suivants, Laurent Gbagbo a également reçu de nombreuses personnalités au nombre desquelles figure son chargé de mission Jo Mamadou. Selon les informations qui ont fuité, « le président Gbagbo suit attentivement ce qui se passe à Abidjan » où la crise du FPI s’est à nouveau emballé avec l’arrestation d’Assoa Adou pour des raisons que la presse proche de la ouattarandie a du mal à justifier. En effet dans un article qui se voulait au vitriol, Le Nouveau Réveil  N0 3876 du vendredi dernier s’est contenté des déclarations d’un certain Théophile Zohourou. Ce dernier prétend lui-même avoir financé les attaques pour lesquelles le régime détient le Dr. Assoa Adou. Sur sa rencontre avec le directeur de campagne de Gbagbo, voici ce que le journal écrit. « J’ai eu la chance de rencontrer Assoa Adou, Ahoua Don Mello, Sécré Richard et Damana Pickass à qui j’ai essayé  de faire des propositions. Ils m’ont dit que ce genre de choses doit se faire avec des officiers militaires qui sont sur place et qu’ils ne peuvent pas le faire avec un civil comme moi », a indiqué celui que l’on surnomme « le commando Binguiste » et qui affirme avoir orchestré toutes les attaques que l’on lui impute par vengeance personnelle. Le directeur national de la campagne de Gbagbo n’a donc officiellement rien à voir avec les dits événements, à moins de considérer son refus comme un délit… Bref, cette arrestation continue de provoquer l’indignation des militants en Côte d’Ivoire. Cependant Laurent Gbagbo n’a encore fait aucun commentaire plus ou moins officiel si ce n’est qu’il se sent encore choqué par la désinvolture d’Affi N’guessan qui conteste sa signature. « Contester ma signature n’est-ce pas m’infliger une autre humiliation ? » aurait dit Gbagbo. Demain mercredi, l’ancien président reçoit son porte-parole adjoint chargé de la mobilisation en Europe et aux Amériques Bernard Houdin avec qui il abordera sans doute la crise interne au FPI. Pendant ce temps, des missions sont également conduites à l’étranger au niveau de gouvernements frères favorables à la situation du parti… Ce n’est qu’à la suite de toutes ces rencontres que Laurent Gbagbo donnera ses consignes qui vont constituer sa réaction concrète. En attendant, le FPI lui-même affine les siennes. Car malgré les menaces que font planer le président sortant, désormais reclus chez lui et incapable d’aller à la rencontre des militants, la stratégie pour le pousser dehors continue son cours. La direction du parti favorable à Gbagbo appelle ainsi les fédérations à organiser des assemblées fédérales pour confirmer les signatures des membres du comité central appelant à l’organisation d’une session extraordinaire du comité central. Mais il y a aussi ceux qui estiment qu’il ne sert plus à rien de regarder Ouattara jeter en prison les militants avant de leur coudre le délit qu’il veut. Et pour ceux-là, chacun doit se préparer à envahir les rues. « Au lieu de se faire arrêter chez lui, il vaut mieux que cela soit fait à la tête d’une marche », se justifient-ils.

Sévérine Blé

Source: Aujourd’hui / N°805




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