Crise au Burkina Faso : Jean-Baptiste Ouédraogo propose une sortie «honorable» à Blaise Compaoré

Mardi 11 Février 2014 - 10:07


Notre Voie l’avait révélé dans son édition du 17 janvier dernier. «  Blaise  Compaoré veut bien accepter les propositions lui demandant de se retirer du pouvoir après 27 ans d’exercice, mais il désire, avant tout, avoir de solides garanties». C’est dans ce sens que le Groupe de médiation dirigé par Jean-Baptiste Ouédraogo, ex-président de la Haute Volta (devenue Burkina Faso), a édicté ses préconisations de sortie de crise. Dans le bras de fer qui oppose le Congrès pour la démocratie et le progrès (Cdp), le parti de Compaoré, à l’opposition, le groupe de médiation, après avoir consulté les acteurs politiques et la société civile burkinqbè, a proposé, dans un rapport, l’adoption d’un mécanisme qui pourrait ménager une sortie «honorable et des garanties de sécurité  au  président  Blaise Compaoré,  ainsi  que  l’ouverture d’une transition démocratique  apaisée  au terme de son mandat constitutionnel». L’opposition burkinabè soupçonne Blaise Compaoré et son parti de vouloir modifier la Constitution en son article 37 pour permettre à l’actuel président de se représenter pour la énième fois comme candidat à la présidentielle de 2015. Or, l’article 37 stipule que la durée du mandat présidentiel est de 5 ans renouvelable une seule fois. Elle (l’opposition) a fait récemment une démonstration de force lors d’une marche à Ouagadougou, la capitale. En outre, 75 partisans du Cdp ont démissionné de ce parti pour créer un nouveau parti, protestant, selon eux, contre une dérive autoritaire de Blaise Compaoré. Voyant à l’horizon le risque d’un embrasement, le Groupe de médiation de Jean-Baptiste Ouédraogo a proposé le respect strict de la Constitution. C’est-à-dire qu’on ne touche pas à l’article 37, donc pas d’organisation d’un quelconque référendum. Le Groupe de médiation souhaite même que l’article 37 soit verrouillé pour éviter tout débat autour de cet article. En ce sens qu’il soit inscrit au nombre des articles non modifiables de la Constitution. Pour le moment, on n’a pas encore de réaction officielle des différentes parties à ce bras de fer. Puisque les discussions se poursuivent. Toutefois, si comme on le pense, Blaise Compaoré [selon nos sources, il est demandeur d’une sortie honorable où il ne risque pas d’être inquiété par des poursuites judiciaires] va accepter cette proposition, sauf surprise, on peut dire, d’ores et déjà, qu’une page est en train d’être tournée au Burkina Faso.  C’en sera fini donc de 27 ans de pouvoir autoritaire d’un homme qui a hébergé et soutenu la rébellion ivoirienne. Qui est, par ailleurs, soupçonné d’avoir soufflé les braises de la guerre au Liberia et d’avoir ordonné l’assassinat de Thomas Sankara, l’ex-président du Burkina Faso.

Coulibaly Zié Oumar

Source: Notre Voie N°4638  du lundi 10 février 2014





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