Crise Ivoirienne : Un droit de regard sur ces photos de l'horreur. "Qui a déjà oublié tous ces Ivoiriens massacrés ?

CIVOX.NET
Samedi 15 Avril 2017 - 11:08


Amnesty a critiqué constamment pendant dix ans ce qu’a fait Laurent Gbagbo. Mais ce qui se passe actuellement est inimaginable! (Amnesty)

Amnesty International lance un nouveau cri d’alarme sur la situation des droits de l’homme en Côte d’Ivoire. Interrogé sur RFI, Salvatore Saguès, chercheur en charge de l’Afrique évoque une situation de terreur dans l’ouest et dénonce des pillages et descentes visant tout particulièrement des personnes perçues comme favorables au président déchu Laurent Gbagbo. Le gouvernement Ouattara dément.

RFI : Quelle est la situation dans l’ouest de la Côte d’Ivoire ?

Salvatore Saguès : Nous avons une délégation sur place qui a visité la zone de Guiglo à Blolequin, à 600 km à l’ouest d’Abidjan. Nos collègues nous ont dit qu’ils ont vu des villages fantômes avec quasiment aucun civil et seulement des hommes en armes. Les civils errent dans la brousse, pour beaucoup d’entre eux, sans nourriture, sans médicaments. C’est vraiment dramatique. Ils n’osent pas rentrer parce que l’Onuci [la force des Nations unies, Ndrl] n’est pas assez présente. Il faut que l’Onuci assure une présence beaucoup plus permanente sur ces lieux pour que les personnes puissent rentrer.

RFI : Ils ont quitté leurs villages, il y a peu très trois semaines, lors de l’offensive de FRCI (pro-Ouattara) vers les sud. C’est bien ça ? 

S.S. : Oui et à la suite de massacres très importants, dont beaucoup d’entre eux ont été faits sur des bases ethniques. Ce sont surtout des membres de l’ethnie guéré qui sont considérés comme proches de Laurent Gbagbo qui ont été( la Suite dans Résistance Akwédo  )

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FRCI trônant fièrement dans le salon présidentiel à la
Résidence de Cocody-Ambassades, où les forces spéciales françaises
leur ont livré le président, sa famille et tous ses collaborateurs
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Presque tous les militaires présents à la résidence de
SEM. Laurent Gbagbo ont été abattus de sang-froid
par les rebelles. Pourtant, tous avaient retiré
les munitions de leurs armes et les ont remises aux soldats
français de la Licorne venus capturer le Président de la République.
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Tous les parents, collaborateurs et amis du couple
présidentiel ont été faits prisonniers et sérieusement
bastonnés par les FRCI
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Kuyo Téa Narcisse, en sous-vêtement, est le chef de cabinet du Président
de la République. Il a été sérieusement bastonné, de même que le
commissaire Monnet de la garde rapprochée du Président Laurent Gbagbo,
ensanglanté sur la photo. A côté de lui, à sa gauche en pantalon noir, le
ministre de la justice Yanon Yapo. En dehors d’un coup d’Etat, peut-on ainsi
traiter les cadres et autorités d’une République?
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Le général Dogbo Blé, commandant de la Garde Républicaine, trahi
et livré aux FRCI par les forces françaises
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Voici le tunnel par lequel les marsouins et légionnaires français sont passés
pour avoir accès au domicile du président ivoirien. Ce tunnel a été construit
par Félix Houphouët-Boigny et reliait la Résidence présidentielle ivoirienne
à l’ambassade de France. Il avait été fermé par SEM. Laurent Gbagbo mais a
été dynamité par les artificiers français, le 11 avril 2011. Les forces spéciales
françaises ont pu ainsi aisément entrer dans la Résidence présidentielle et
capturer le chef de l’Etat ivoirien qu’ils ont ensuite livré aux forces pro-Ouattara.
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Dans le hall de l’Hôtel du Golf, les soldats pro-Ouattara se défoulent sur
les prisonniers, comme ils l’ont fait, au même endroit, sur Monsieur
Jean-Jacques Béchio avant son exécution
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Le monsieur en sang est le commissaire Monnet. C’est le neveu du
ministre Léon Emmanuel Monnet. Il faisait partie de la garde rapprochée
du président Laurent Gbagbo et on est sans nouvelle de lui depuis.
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Des civils sans défense tués de sang-froid, malgré la reddition de la maisonnée
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Camps de concentration des forces pro-Ouattara, des mouroirs en plein coeur
d’Abidjan: Des hommes sont détenus dans des stations d’essence depuis bientôt
10 jours. Parmi eux de nombreux adolescents.
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Les pro-Gbagbo persécutés jusqu’à leur domicile. Vive la réconciliation!
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Exécution de civils à Abidjan par les FRCI, les forces pro-Ouattara. Comment
va-t-on à la réconciliation avec ça! On dit une chose devant les caméras et on
fait tout autre chose dans les rues de nos villes. Vive la pensée unique et vive
la Côte d’Ivoire nouvelle, recolonisée et asservie!

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Par quel exploit parle-t-on de pardon et de réconciliation et continue-t-on à commettre ces actes-là dans mon pays: assassinats, chasse à l’homme et exécutions sommaires? Où est le droit à la différence d’ethnie et de parti, où est la liberté d’opinion? De quelle réconciliation s’agit-il? On ne se réconcilie qu’avec son adversaire ou sa partie adverse. Comment s’y prend-on alors quand cette partie adverse est totalement anéantie comme cela est en train de se produire en Côte d’Ivoire, dans une folie meurtrière incontrôlable, dans le silence le plus absolu, les connivences les plus incompréhensibles et la célébration coupable de ceux qui, hier encore, se faisait les champions de la démocratie, de la liberté d’expression et du droit à la différence, en Côte d’Ivoire et dans le monde – sur leurs chaines mondiales et dans leur presse – devenus aujourd’hui subitement aveugles, sourds et aphones? Vous avez dit dénonciations à double vitesse et humanité à géométrie variable?

Gbagbo s’est-il ainsi comporté envers ses adversaires politiques quand ils lui avaient mis un coup d’Etat manqué et une rébellion sur le dos? Ne leur avait-il pas plutôt reconnu un statut d’ancien président et d’ancien premier ministre avec salaire présidentiel, voiture de fonction, escorte de sécurité, gardes de corps (au choix des bénéficiaires), résidence de fonction? N’avait-il pas amnistié tous leurs crimes et nommés leurs hommes de mains dans son gouvernement? N’avait-il pas mis à la tête de ce gouvernement Monsieur Soro Guillaume, chef officiel de la rébellion et ne l’avait-il pas honoré selon son rang? N’avait-il pas promu aux grades militaires supérieurs et payé le rappel de 5 années de salaire à tous les membres de la rébellion en rupture de ban dans l’armée régulière ivoirienne?

Leurs journaux n’avaient-ils pas le droit de dire toutes les insanités imaginables sur le Président Gbagbo? Un seul de leurs journalistes a-t-il été incarcéré pour tous les brulots qu’ils nous produisaient à longueur de journée? Un quidam parmi eux a-t-il été empêché de circuler librement ou de dire ce qu’il voulait? Non, et trois fois non! Pourquoi donc oblige-t-on les partisans et proches de Gbagbo à se terrer, aujourd’hui, et à quitter le pays?

On peut donc accuser Gbagbo de tout, sauf d’avoir été un dictateur comme veulent nous le laisser croire les tenants du nouveau pouvoir (pas les nouveaux tenants du pouvoir) et leurs parrains français. Cette injustice-là prospèrera-t-elle? L’Histoire nous le dira.

Pour notre part, nous faisons dès aujourd’hui le deuil de la démocratie, de la liberté d’opinion et du pluralisme politique, en Côte d’Ivoire. Plutôt que de nous ressasser à longueur de journée qu’on est venu restaurer la démocratie pendant qu’on s’adonne à une chasse à l’homme implacable appuyée de viols, d’assassinats et de pillages de biens publics et privés, autant nous dire en toute honnêteté qu’on instaure désormais la dictature en Côte d’Ivoire.

Je pleure le retour dans mon pays de la pensée unique et de l’intolérance politique la plus primaire. Je pleure les morts de mon peuple, tous les Ivoiriens de tous les  bords politiques, de toutes les régions et religions, de toutes les obédiences et de toutes les ethnies que l’ambition politique aveugle a précipités dans le séjour des morts. Je pleure ma Côte d’Ivoire déchirée, détruite, méconnaissable que je n’aurais jamais vue sous ce jour, même dans mes pires cauchemars! A-t-on besoin de tout détruire pour changer de régime? Doit-on tout brûler parce qu’on veut le pouvoir? Etait-il nécessaire de détruire le fruit de plusieurs années de dur labeur consenties pour se constituer un patrimoine personnel ou familial, pour monter une entreprise? Aujourd’hui, des milliers d’Ivoiriens ont tout perdu. Jusqu’au sous-vêtement .

Sur quoi voudrait-on par la suite règner? Sur un tas d’ossements et une terre brulée, un pays en ruine? La question reste posée. Mais je ne saurais clore mon propos sans déclamer cette vérité biblique: Toute iniquité a une rétribution devant DIEU et toute rétribution a un temps marqué et arrêté par devers DIEU. Pour le temps qu’il nous est donné de vivre ou de régner, faisons gaffe à nos actes, car qui règne par l’épée périra par l’épée, disent les Saintes Ecritures.

En attendant que triomphe la justice transcendantale du Créateur, immuable et éauitable, je pleure les larmes de mon corps, je pleure les morts de mon peuple, je pleure les morts de Duékoué, je pleure les morts d’Abidjan, je pleure les morts de ma Côte d’Ivoire défigurée, violée, dénaturée par la folie humaine.

Nous avions voulu ceci:

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Au lieu de quoi, nous avons eu droit à cela:

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Le président Laurent Gbagbo et la Première

Dame Simone Ehivet Gbagbo, bastonnés et humiliés

 
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Un enfant victime des forces pro-Ouattara à Duékoué
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Un innocent enfant tué d’un coup de machette sur
le sommet de la tête à Duékoué
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Le cocotier de la cour de l’Eglise UESSO de Duékoué
qui a servi à l’exécution des pro-Gbagbo
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La maternité de l’Eglise UESSO de Duékoué mitraillée
et vidée de son monde. Ici, l’une des chambres.
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Des rescapés de l’épuration ethnique des forces pro-Ouattara
à Duékoué pris en charge par Médecins Sans Frontières
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Une femme ayant succombé aux blessures à elle
infligées à Duékoué par les forces pro-Ouattara
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Un homme, victime des forces pro-Ouattara à Duékoué, gémissant
de douleur sur sa couche, près de sa femme décédée
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Le genou d’une femme ouvert à la kalachnikov, à Duékoué.
Son seul crime: soupçonée d’être pro-Gbagbo parce que d’ethnie Wê
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Brûlé vif pour son obédience politique (LMP), à Duékoué
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Passés au bûcher parce que pro-Gbagbo, à Duékoué
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Le paysage souillé par les cadavres des victimes de l’épuration ethnique
perpétrée par les forces pro-Ouattara, à Duékoué
 
 




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